Les frontières : un enjeu européen

Les frontières : un enjeu européen

Principal thème de cette campagne présidentielle, les frontières et l'Europe sont au cœur des débats. En effet, quand on parle de frontières, on retombe inévitablement sur la problématique migratoire européenne, qui s'est accélérée depuis l'été 2015. Avec le Brexit, l'Europe est plus que jamais remise en question, et on observe une montée eurosceptique dans de nombreux Etats membres.

Les frontières

Dans un contexte de mondialisation, la notion de frontière est devenue ambivalente : elle peut être symbole d'ouverture sur le monde, permettant les échanges et la circulation des biens, des hommes et des idées ; mais si elle est fermée, elle s'érige en barricade contre le monde extérieur, un rempart infranchissable destiné à protéger son pays et le couper du reste du monde. Au cours du XXe siècle, les Etats ont tour a tour fait tomber leurs barrières au travers de divers accords tels que le traité de Schengen pour l'Union Européenne ou encore l'Alena pour les Etats-Unis.

Aujourd'hui, dans un monde de plus en plus instable, la frontière refait parler d'elle : certains problèmes liés à la mondialisation et les nombreux conflits internationaux remettent en cause la politique d'ouverture des frontières des pays. Peu à peu, le désir de se couper des autres, et se recentrer sur l'unité du pays se fait sentir. Donald Trump a matérialisé et rendu concrète ce qui, normalement, n'est qu'une ligne imaginaire en construisant un mur entre son pays et le Mexique. De plus en plus, les frontières se muent en obstacles.

Mais ce n'est pas tout : comme elles délimitent l'exercice de la souveraineté et du pouvoir d'un Etat, elles peuvent également être source de conflit : ainsi, depuis 1947, un mur marque la séparation entre deux Etats ennemis, Israël et la Palestine, en attendant de définir un tracé d'une frontière qui mettrait tout le monde d'accord sur le partage d'un même territoire.

D'interfaces de rencontre entre deux cultures, les frontières se sont donc peu à peu transformées en lieu d'affrontement pour reconquérir sa souveraineté.

L'espace Schengen

Les accords de Schengen, qui instituent la libre circulation des personnes, ont été signés le 14 avril 1985, mais ne sont entrés en vigueur qu'en 1995. L'espace Schengen regroupe aujourd'hui 26 Etats. Les ressortissants de ces 26 Etats peuvent circuler librement à l'intérieur de cette zone, sans contrôle aux frontières nationales, ainsi que le prévoit l'art 3 du Traité de l'Union Européenne.

La crise des migrants de 2015

Face à l'arrivée massive de migrants, résultant en grande partie du conflit en Syrie, de nombreux pays envisagent de rétablir le contrôle aux frontières nationales. Et pour cause : en 2015, l'agence Frontex, chargée de la surveillance des frontières européennes, recensait plus d'un millions de migrants ayant rejoint l'Europe par la Méditerranée. Une fois arrivés sur les côtes italiennes, espagnoles ou grecques, ces migrants peuvent ensuite circuler à leur guise au sein de l'espace Schengen, jusqu'à atteindre leur destination.

Confrontée à ce problème migratoire, l'Europe, débordée et divisée, peine à s'entendre sur une politique d'accueil commune. Le renforcement de Frontex et l'installation de "hotspots" chargés de contrôler les arrivées se sont avérés inefficaces. Peu a peu, des murs se sont élevés, barrant la route à des milliers de migrants, qui restent bloqués dans le pays de transit, comme la France, où ils se regroupent dans des "jungles", telles que celle de Calais, faute de pouvoir traverser la Manche. Cette nécessité de gérer cet afflux considérable de personnes, et de décider de leur sort explique que l'enjeu des frontières soit une des thématiques phare de notre élection présidentielle.

Le programme d'Emmanuel Macron :

Pour Emmanuel Macron, fondateur et candidat du mouvement "En marche", la solution à la crise migratoire n'est pas dans la fermeture des frontières mais a contraire dans une "coopération européenne plus forte". Il entend préserver les accords de Schengen, et mise sur la solidarité entre Etats membres.  Il prévoit ainsi la création de 5000 gardes frontières, d’un Fonds européen de défense qui financera les équipements militaires communs et d’un Quartier général européen permanent.

Plus de détails : https://en-marche.fr/

Le programme de François Fillon :

Le candidats LR défend une Europe forte, impulsée par le moteur que constituent la France et l'Allemagne. Il dit vouloir "une Europe qui protège les Européens, leur donne des emplois et contrôle ses frontières ". François Fillon semble donc pencher pour un renforcement des frontières de l'espace Schengen, en donnant plus de moyens à l'agence Frontex. Mais il n'exclut pas une éventuelle modification des accords de Schengen afin d'y introduire la possibilité d'exclure tout individu ayant commis un crime ou un délit, ou ayant participé à une entreprise terroriste.

Il préconise également une harmonisation des politiques d'accueil, ainsi que la création d'un droit d'asile européen. En cas de refus de la demande d'asile, il met l'accent sur la nécessité d'assurer un éloignement effectif.

En outre, le candidat républicain estime qu'il faut en finir avec l'élargissement de la zone euro et définir des frontières fixes. Il se refuse à accueillir la Turquie au sein de l'Europe.

Plus de détails : https://www.fillon2017.fr/projet/politique-europeenne/

Le programme de Marine Le Pen :

La candidate du Front National envisage un référendum sur un éventuel retrait de la France de l'Union Européenne. Elle affirme en outre clairement son désir de rétablir les frontières nationales et sortir de l'espace Schengen, avec toutefois la mise en place d'un dispositif particulier pour les travailleurs frontaliers pour faciliter leur passage à la frontière. Elle souhaite également réduire l'immigration légale à un solde annuel de 10 000, et rendre impossible la régularisation de l'immigration illégale. Enfin, le droit d'asile ne pourra plus être accordé que par les consulats et ambassades français dans les pays d'origine ou d'accueil.

Celui que l'on surnomme "l'outsider" de cette élection rejoint cependant les autres candidats sur l'idée de renforcement de la coopération européenne dans le domaine de la défense, dont il entend renforcer le PIB à l'échelle européenne. Concernant cette mesure, il s'inscrit dans la continuité du mandat actuel. Le candidat du Parti socialiste entend plus que jamais soutenir l'Europe, dans un contexte où l'Amérique de Trump risque fort de se désengager de l'UE.

 

Plus de détails : https://www.benoithamon2017.fr/le-projet/

Le programme de Jean-Luc Mélenchon :

Le meneur de la France insoumise voit la menace du Frexit comme un moyen de pression sur l'Union européenne, contrairement à son adveraire Benoît Hamon, qui y est totalement opposé. Il s'oppose également à l'idée d'une défense européenne, car l'Europe doit maintenir sa position pacifiste. Une partie de son programme – son "plan A" - porte également sur une éventuelle sortie de la l'UE proposée aux français par référendum. En cas d'échec du plan A, le "plan B" prévoit notamment à stopper la contribution de la France au budget de l’UE et à mettre en place un contrôle des capitaux et des marchandises aux frontières nationales.

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Plus de détails : https://laec.fr/

Nicolas Dupont-Aignan :

Le candidat de "Debout la France" dénonce une "Union Européenne inefficace, intrusive, antidémocratique et autoritaire". Fervent défenseur d'une Europe des Nations plutôt que d'une Union, il prône un retour à la souveraineté des Etats, notamment en leur rendant leurs frontières.

Plus de détails : http://www.nda-2017.fr/

François Asselineau :

François Asselineau ne cache pas que sa première initiative en tant que président serait d'engager un processus de sortie de l'UE, et donc un rétablissement des frontières

par Julie Guiducci

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