La transition énergétique 

La transition énergétique 

L’écologie a fait son chemin dans l’opinion publique et prend de plus en plus de place dans les programmes des candidats à l’élection ultime qu’est l’élection présidentielle. Tous les candidats proposent des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences catastrophiques sur notre environnement. Cependant, des différences existent entre la gauche et la droite. La gauche considère qu’il faut prendre des mesures rapidement, les appliquer le plus tôt possible afin de lutter efficacement contre le réchauffement climatique. A droite, on considère qu’il faut se préoccuper de la question environnementale sans toutefois se précipiter et tendre lentement vers un nouveau modèle. Dans cet article, nous allons nous intéresser à un volet particulier de l’écologie, la transition énergétique. Nous allons également voir quelles mesures relatives à cette transition énergétique les candidats à la présidentielle proposent.

Un peu d’histoire…  

Mais à quand remonte cette notion de « transition énergétique » ? Le terme de « transition énergétique » ou « energiewende » est né en Allemagne en 1980. Energiewende était le titre d’une série de mesures proposées par l'association allemande Öko-Institut (un institut de recherche sur l’environnement créé en 1977). Leur volonté était de se libérer du nucléaire et du pétrole, des sources d’énergie jugées polluantes et dangereuses pour l’environnement.

Transition énergétique, transition écologique… Quelles différences ? 

Ces deux notions que sont la transition énergétique et la transition écologique étant parfois confondues, il est d’abord primordial de leur donner des définitions claires.

La transition énergétique correspond à une modification du système de production et de consommation de l’énergie. En effet, la transition énergétique ne concerne que la question de l’énergie, c’est-à-dire quelles sources, quels moyens nous devons utiliser pour créer de l’énergie. La transition énergétique est donc le fait d’abandonner les énergies fossiles polluantes et développer les énergies renouvelables non-polluantes.

La transition écologique, elle, est l’ensemble des mesures, des méthodes, des pratiques utilisées pour lutter contre le changement climatique. La transition énergétique fait donc partie intégrante de la transition écologique et est donc un des différents volets de cette dernière. La transition écologique regroupe les techniques de permaculture, la politique du zéro déchet, la transition énergétique bien entendu mais également l’économie circulaire pour ne citer que quelques exemples.

Les quatre principaux enjeux de la transition énergétique

La transition énergétique a plusieurs chevaux de bataille. Tout d’abord, le but premier de la transition énergétique est de protégé l’environnement et la santé publique. Ensuite, le deuxième enjeu est de réduire la consommation d’énergie, c’est-à-dire mieux consommer cette énergie en diminuant le nombre de panneaux publicitaires par exemple, en incitant les foyers et les grands industriels à moins consommer. Le troisième but de la transition énergétique est de passer à un système énergétique plus sûr, c’est-à-dire minimiser au maximum les possibles risques tel que le risque nucléaire. Toutefois il est à noter que les perspectives offertes par le nucléaire ne sont pas complètement à écarter. Ainsi le scénario Negatep du GIEC (Groupe intergouvernemental d’expert du Climat) envisage également une solution tout nucléaire en travaillant sur la minimisation et le recyclage des déchets radioactifs (Projet ITER de fusion nucléaire…). Enfin, le quatrième et dernier enjeu repose sur le fait que la transition énergétique doit amener chaque pays à être indépendant énergétiquement. Cela permettra donc d’éviter ou du moins de diminuer les tensions géopolitiques car les pays ne se « battront » plus pour obtenir certaines énergies et aucun pays ne dépendra d’un autre, ce qui évitera des situations de chantage ou d’affinité forcée avec des pays dictatoriaux pour obtenir du pétrole par exemple.  

Où en sommes-nous en France ? 

Le mix énergétique français n’est pas vraiment encourageant même si la place des énergies renouvelables augmente constamment et que la France a adopté la « loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte » visant 30% d’énergies renouvelables en France d’ici à 2030.

La France et aujourd’hui très dépendante du nucléaire. La part des énergies renouvelables en France est de seulement de 16,4% contre 83,6% d’énergie non-renouvelables. A titre d’exemple, l’Allemagne est à environ 30% d’énergies renouvelables, cependant l’Allemagne utilise beaucoup le charbon, une source d’énergie très polluante car libérant beaucoup de CO2.

Quelles propositions pour les candidats à la présidentielle ? 

A gauche, Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon sont sur la même longueur d’onde : 100% d’énergies renouvelables en 2050 avec une sortie rapide du nucléaire et des énergies fossiles comme le charbon. Ils sont contre l’exploitation du gaz de schiste.

Au centre, Emmanuel Macron veut tenir les objectifs de la loi sur la transition énergétique en baissant la proportion du nucléaire pour arriver à 30% d’énergies renouvelables en 2030 car « il n’est pas bon d’avoir 75 % » d’énergie produite par le nucléaire. Il souhaite également ne plus donner de permis d’exploitation des hydrocarbures. (pétrole, gaz de schiste)

 

 

A droite, François Fillon souhaite rebooster le nucléaire français en « prolongeant la durée d’exploitation des réacteurs existants de 40 à 60 ans » et en « modernisant le parc nucléaire ». Il souhaite cependant également développer les énergies renouvelables mais progressivement. Enfin, rien n’apparaît sur le gaz de schiste dans le programme de François Fillon.  Marine Le Pen défend également le nucléaire et souhaite renationaliser EDF à 100%. Rappelons que pour cette dernière, sortir du nucléaire serait « se tirer une balle dans le pied ». Concernant l’exploitation du gaz de schiste, Marine Le Pen ne serait pas contre, cette dernière affirmant en novembre 2012 : « Je trouve tout de même dangereux de refuser par principe des capacités d’exploration. Ne pas faire cela, c’est avoir une vision d’âge de pierre. »

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par Christophe Hosébian

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