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L'Agriculture : un secteur en crise

L'Agriculture : un secteur en crise

La France reste l’un des pays le plus profondément attaché à ses racines agricoles. Pour cause, l’agriculture française est l’une des plus diverses de la planète ; ses terroirs et ses produits figurent parmi les plus réputés au monde. Pourtant depuis plusieurs années, l’agriculture et en particulier l’élevage français est en crise. Prix trop faibles, manque de compétitivité, normes excessives… Où en est l’agriculture en France ?

L’agriculture en quelques chiffres :

Les terres agricoles occupent un peu plus de 50%, de la surface de la France métropolitaine. Le poids de l'activité agricole (y compris le secteur des industries agro-alimentaires) représente 3,5 % du PIB (2008), soit 68,8 milliards d'euros. Il s'élevait à 8 % environ en 1980.

La France reste malgré tout le premier pays producteur en Europe. Les productions agricoles et agro-alimentaires constituent même l’un des rares secteurs dont la balance commerciale est excédentaire, c’est-à-dire que les exportations sont supérieures aux importations notamment grâce aux vins, aux céréales et aux produits laitiers.

En France, les productions végétales représentent 57% de la production française avec les céréales et les vins en tête. Quant à l’élevage, les produits laitiers représentent la plus grosse part. Le cheptel bovin français est ainsi le premier d’Europe avec près de 20 millions têtes.

Bien qu’en forte progression, l’agriculture biologique représente moins de 6% de la surface agricole française.

Toutefois, le secteur agricole est depuis 70 ans en constante mutation. Le nombre d’agriculteurs est ainsi passé de 6 millions de personnes en 1960 à 700 000 actifs aujourd’hui. Le nombre d’exploitations agricoles a suivi la même tendance en tombant il y a quelques années sous le seuil des 500 000 exploitations.

La France conserve une particularité puisque son modèle agricole reste très majoritairement familial. 

Dans le même temps, la taille des exploitations n’a cessé d’augmenter depuis les années 1950.  C’est le temps de la spécialisation, de la mécanisation de l’agriculture qui débute au lendemain de la seconde guerre mondiale. Le recours aux nouvelles machines agricoles, aux engrais ainsi qu’aux produits phytosanitaires permet une augmentation rapide des rendements. L’élevage connait un phénomène identique qui repose sur un accroissement de la sélection génétique et le recours aux concentrés dans l’alimentation animale. En l’espace de quelques dizaines d’année, les prix des produits agricoles s’effondrent. L’agriculture française et européenne connait ses premières crises. 

Qu’est-ce que la PAC ?

La politique agricole commune est créée en 1962 et a longtemps représenté la quasi-totalité du budget européen. Au moment de sa création, la PAC affiche 5 objectifs :

Aujourd’hui, la PAC se stabilise autour de 40% du budget de l’UE soit 50 milliards d’euros dont 8 milliards dévolus aux agriculteurs français qui en sont les premiers bénéficiaires au sein de l’espace communautaire.

A son commencement, L’Union Européenne apporte un soutien aux agriculteurs via des aides aux exportations et des droits de douanes sur les importations. De plus, l’UE fixe un prix garanti pour chaque production aux agriculteurs. Le marché intérieur européen est alors relativement stable et se maintient nettement au-dessus des cours du marché mondial.

Toutefois cette politique protectionniste est de plus en plus remise en cause par les Etats-Unis et le GATT (Futur-OMC, organisation mondiale du commerce). En 1994, L’Union Européenne finit par accepter une première série de mesures de libéralisation de son secteur agricole et baisse significativement les droits de douanes, le seuil des prix garantis et les aides aux exports. Rapidement, les prix des productions européennes s’alignent sur les cours internationaux de plus en plus volatils.

Pour lutter contre la surproduction liée à l’explosion de la productivité et faire face à l’effondrement des prix agricoles, l’UE met a mis en place dans les années 1980 un système de quotas -basés sur l’antériorité- sur plusieurs productions comme le lait. Ce système, loin de faire l’unanimité, est remis en questions notamment par des pays comme l’Italie dont la production agricole est historiquement faible. Il est définitivement abandonné en 2015.

Aujourd’hui, la PAC intègre davantage la dimension environnementale et l’aspect social dans le cadre d’une politique de développement rural. Les aides sont ainsi diminuées si les agriculteurs ne respectent pas certaines directives ou règlements européens en termes d’écologie.

La PAC est souvent pointée du doigt et jugée inégalitaire par certains puisqu’on estime que 80% des aides vont à 20% des bénéficiaires en raison des critères de calcul des aides. De nombreux agriculteurs demandent aussi à être rémunérés pour leur production et non plus uniquement grâce à un système de subventions.

Pourquoi l’agriculture française ne parvient-elle pas à sortir de la crise ?

Ce climat de crise qui pèse sur le monde agricole depuis plusieurs années s’explique en premier lieu par un contexte de surproduction généralisée. De nombreuses exploitations ont dû investir massivement pour gagner en compétitivité et se sont donc endettées, c’est pourquoi le niveau de production ne diminue pas malgré la baisse continue des prix et empêche tout réajustement du marché.

Par ailleurs, la France souffre toujours d’un manque de compétitivité par rapport au reste du monde et à plusieurs de ses voisins européens notamment liée à la taille de ses exploitations.  On compte ainsi en France une exploitation pour 150 000 habitants alors que ce chiffre tombe à 1 pour 300 000 habitants en Allemagne.

Exemple : En ce qui concerne la filière laitière, on dénombre en France une cinquantaine de vaches par exploitation en moyenne alors qu’il est fréquent de rencontrer des exploitations comportant plusieurs milliers d’animaux aux Etats-Unis ou au Danemark.  

Enfin, l’agriculture est largement soumise au contexte international. L’embargo russe sur les porcs européens a ainsi provoqué une profonde crise au sein de la filière porcine européenne. De la même manière, du fait de la dépendance aux aléas climatiques, de la libéralisation et de la spéculation croissante du secteur agricole mondial, les prix du marché connaissent une très grande volatilité.

Le saviez-vous ? Chaque année, le salon de l’agriculture accueille entre 600 000 et 700 000 visiteurs.

Que proposent les candidats ?

François Fillon :

François Fillon veut donner les possibilités aux agriculteurs de créer un «compte épargne aléas climatiques et économiques » alimenté librement pendant les années de bonne récolte, non imposé et utilisable en cas de pertes. Il souhaite également donner plus de liberté aux agriculteurs pour se regrouper en organisations de producteurs de taille significative pour peser sur les négociations avec la grande distribution.

Il propose d’abroger par ordonnance toutes les normes ajoutées à la réglementation européenne et de réduire de 35 Mds€ les charges et impôts pesant sur toutes les entreprises et donc les entreprises agricoles.

Enfin, il souhaite développer l’agriculture de précison basée sur les nouvelles-technologies (drones, big data…).

Emmanuel Macron souhaite encourager le développement d’organisations de producteurs, afin de peser davantage plus dans les négociations commerciales avec les centrales d’achat de la grande distribution.

Il propose également de mettre en place au niveau européen des d’outils de régulation adaptés à chaque filière afin de lutter contre la volatilité des prix mais n’en précise pas davantage le mécanisme.

Enfin, il propose de rémunérer les agriculteurs pour les services environnementaux (entretien des paysages, pâturage des zones difficiles….) qu’ils rendent, à hauteur de 200 millions d’euros par an dans le cadre de la PAC.

Comme François Fillon, le candidat d’En Marche mise sur les nouvelles technologies pour moderniser l’agriculture française.

Marine Le Pen souhaite appliquer un principe de patriotisme économique aux produits français pour soutenir les agriculteurs français au travers de la commande publique (État et collectivités).

Elle propose de transformer la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française et donc de subventionner l’agriculture française selon des critères fixés par la France et non plus par l’Union européenne, avec l’objectif de sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales.

Enfin, elle refuse de ratifier de nouveaux traités de libre-échange (TAFTA, CETA, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.).  

Benoît Hamon veut également négocier au niveau de la PAC « des mécanismes de régulation des marchés et des risques » et souhaite donner la priorité aux petites et moyennes exploitations. Il souhaite également interdire les « pesticides les plus dangereux ».

Il s’oppose aussi à la ratification de nouveaux traités de libre-échange internationaux.

Le candidat de la France Insoumise a pour ambition de piloter la transition écologique de l’agriculture. Il promeut une agriculture biologique et paysanne essentiellement basée sur les circuits-courts : Il s’oppose ainsi aux « fermes-usines » et souhaite comme Benoît Hamon interdire les pesticides les plus dangereux.

Il est opposé à toute ratification nouvelle de traités de libre-échange internationaux.

Nicolas Dupont-Aignan veut faire valoir l’exception culturelle pour l’agriculture au niveau mondial et donc revoir les accords internationaux actuels. Il propose de rétablir la PAC dans sa version d’origine : préférence communautaire et rétablissement des prix garantis et des quotas. Le candidat de Debout la France souhaite également alléger les charges qui pèsent sur les exploitations agricoles.

Enfin, il propose comme Emmanuel Macron de rémunérer les agriculteurs pour les services écosystémiques rendus.

Il est également opposé à toute ratification nouvelle de traités de libre-échange internationaux.

L'Armée française

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