La dette publique et le déficit

La dette publique et le déficit

La dette publique et le déficit public : des défis à surmonter pour le bien des générations futures

Chaque seconde, la France s'endette de 2665 euros. C'est en tout cas le chiffre inquiétant que révèle le site dettepublique.fr. Encore un enjeu important dans cette élection qui, décidément, ne fait pas de cadeau entermes de difficulté à celui ou celle qui sera élu(e) à la présidence de la République. Au dernier semestre 2016, la dette de notre pays engloutissait 97,5% du PIB, une statistique pourtant en baisse par rapport aux trimestres précédents. Mais 2017 promet de nombreux emprunts à venir, dont la somme s'élèverait à 210 milliards d'euros, selon les estimations du Crédit de Suisse.

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Le déficit se définit comme uneinsuffisance de ressources par rapport aux dépenses. Un déficit primaire est un solde négatif du budget des administrations publiques.

La crise de 2008 avait entraîné une forte hausse du déficit public des Etats membres de l'UE. En 2015, ce déficit atteint en moyenne 2,4% du PIB des pays européens. Bien que le traité de Maastricht exige des 28 que leur déficit n'excède pas les 3% de leur PIB, nombreux sont ceux qui ont depuis longtemps dépassé cette échéance, à commencer par la France, dont le déficit public atteint les 3,5% du PIB en 2015. La France semble d'ailleurs être la grande spécialiste du déficit public et affiche depuis 1974 un solde négatif, bien qu'il ait tendance à baisser d'année en année. Pour les années à venir, l'objectif est d'abaisser encore plus ce déficit afin de descendre sous la barre des 3%.

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Les Etats du monde entier sont endettés : pour financer leur croissance, ils sont obligés d'emprunter. Or, aujourd'hui, le recours à l'emprunt auprès des banques centrales est interdit par l'article 123 du Traité de Lisbonne. Pour combler leur déficit, les Etats doivent désormais emprunter auprès des banques commerciales. Aujourd'hui, la majeure partie de l'argent qui circule provient de ces banques, qui elles mêmes s'approvisionnent auprès de la Banque Centrale Européenne (BCE). L'économie des Etats fonctionnent donc exclusivement avec cette monnaie. La difficulté provient du remboursement de cet argent, surtout quand les crédits accordés s'accompagnent de taux d'intérêt servant à rémunérer la banque.  Le pays entre alors dans un cercle vicieux où il est obligé d'emprunter pour rembourser, et cela indéfiniment. Cette dette et cette nécessité de rembourser rejaillissent sur la population, ou plutôt rejailliront sur les populations futures. Aujourd'hui les taux d’intérêt sont historiquement bas mais nous ne sommes pas à l'abri que ces-derniers soient rapidement revus à la hausse si les préteurs estiment que la France ne sera pas capable de rembourser sa dette. Il faut donc rapidement trouver des solutions à cette dette qui gonfle à vue d’œil. Petit tour d'horizon des propositions des candidats.

Que propose les candidats ? 

Emmanuel Macron :

Le candidat d'En Marche !, voit la dépense publique comme « la réponse facile que les gouvernements, de toutes couleurs, ont utilisée jusqu’ici ». Il veut réhabiliter un "sérieux budgétaire" pour restaurer la crédibilité de la France au niveau de la zone euro. Il entend baisser les dépenses publiques à 50% du PIB d'ici 2022, soit une diminution de 50 milliards d'euros. Pour relancer la croissance, l'ancien ministre de l'économie prévoit une augmentation du salaire net résultant de la disparition des cotisations sociales salariales maladie et chômage, compensées par une augmentation de la Contribution Sociale Généralisée.

Il envisage également de réduire de 120 000 les postes de fonctionnaires par non-renouvellement des départs. En revanche, il exclut de toucher à l'âge des retraites ou au niveau des pensions. Enfin, les investissements ne seront plus assujettis à l'ISF, qui deviendra un impôt immobilier. 

François Fillon :

C'est sûrement le candidat à la présidentielle à avoir le programme le plus radical pour éliminer la dette publique. Le candidat LR envisage des coupes franches dans le budget de l'Etat afin de redresser les comptes de ce dernier, à commencer par l'abaissement de l'âge de la retraite à 65 ans et une réduction du poids du secteur public. Il souhaite mettre en place un plan de réduction des dépenses publiques de 100 milliards afin de ramener la dette en dessous des 50% du PIB d'ici à 2022 et inscrire l'équilibre des finances publiques, y compris les finances sociales, dans la Constitution. Pour le candidat, cela passe notamment par la suppression progressive de 500 000 postes de fonctionnaires.

Benoît Hamon :

Le candidat de la BAP a une position très différente de ses adversaires concernant la dette publique : pour lui,  la règle des 3% de déficit public imposée par l'UE est «un non-sens», qui «ne répond pas aux besoins d’une économie comme la nôtre». Il  entend ainsi renégocier la dette publique. Son projet, pour cela, est de proposer à l'Allemagne une mutualisation des dettes de tous les pays de la zone euro. M. Hamon n'a donc pas pour objetcif final de résoudre le problème de la dette française, mais de s'attaquer directement à la dette européenne, à commencer par celle de la Grèce. L'économiste Thomas Piketty, qui conseille Benoît Hamon a précisé les contours de ce projet : il s'agirait de mutualiser la dette au-delà de 60% du PIB. Chaque pays devrait ainsi rembourser selon une quote part reflétant le poids de son endettement, mais le taux d'intérêt, lui, serait commun.

Marine Le Pen :

La candidate FN vise une réduction des dépenses de 60 milliards d’euros, qui seraient ramenés, après un mandat, aux alentours des 50% du PIB. Elle veut, pour cela, "renationaliser la dette française", notamment en sortant de l'euro, voire en rétablissant une monnaie nationale. Sa priorité numéro 1 pour améliorer l'économie défaillante du pays reste de créer des emplois

 

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Jean-Luc Mélenchon :

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Le candidat de La France Insoumise refuse de se soumettre au "chantage de la dette publique". " La dette n'est pas un problème", explique-t-il dans son programme. "Son montant est tout à fait supportable une fois ramené à sa durée de vie réelle : plus de sept ans". Il entend ainsi réaliser un audit citoyen de la dette publique pour déterminer la part illégitime de celle-ci et la réaménager à l'aide d'échelonnement de remboursement ou baisse de taux d'intérêt. Il veut en outre faie racheter la dette par la Banque Centrale. Paradoxalement, c'est en faisant des investissements publics dans le but d'éradiquer le chômage que M. Mélenchon entend faire baisser le déficit : il annonce une réduction de ce dernier à 2,5% du PIB. La dette publique, quant à elle, passerait à 87% du PIB d'ici à 2022.

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