Le Front National

Le Front National

Le 16 Janvier 2011, Marine Le Pen est nommée présidente du Front National, s’ensuit une politique de « normalisation » de ce parti encore trop assimilé selon elle comme un rassemblement d’électeurs antisémites et racistes, notamment dû aux sorties très médiatiques de son père (« les chambres à gaz sont un détail de l’Histoire »). Cette stratégie s’avère très rapidement payante. Certes favorisée par un contexte de crise, Marine Le Pen arrive sur le podium aux Présidentielles de 2012 avec 17,9% des suffrages exprimés. 

À l’origine, le « plafond de verre pour le pouvoir » d’un parti encore trop marginalisé

Avant l’arrivée de Marine Le Pen, le Front National est encore trop « marginalisé » dans l’échiquier politique français. Même si Jean-Marie Le Pen est arrivé au second tour aux élections Présidentielles de 2002, un « plafond de verre pour le pouvoir » semble exister pour le parti. Preuve en est le résultat au second tour des Présidentielles de 2002 (seulement 17,8% pour le Pen contre 82,2% pour Jacques Chirac). Les causes de ce plafond de verre sont nombreuses : un front républicain mobilisé pour éviter la victoire du Front National aux élections, un scrutin majoritaire qui ne leur est pas favorable (11,4% des voix au premier tour des Législatives de 2002 pour aucun député élu), et un réservoir de voix pas assez important, des déclarations encore trop choquantes du président de l’époque Jean-Marie Le Pen. 

Lorsque Marine Le Pen accède donc au poste de Présidente du Front National, elle décide de mettre en place une stratégie de « dédiabolisation » de ce parti, ce qui serait pour elle l’unique solution pour que le parti devienne un « parti de gouvernement ». La dédiabolisation repose sur plusieurs axes.

Une stratégie qui s’avère payante

Très vite, cette stratégie de « normalisation » du Front National a des résultats très satisfaisants, des élections Présidentielles de 2012 (17,9% des voix pour Marine Le Pen) aux Européennes (25% des suffrages exprimés pour les listes étiquetées FN).

Les Français en général adhèrent de plus en plus aux idées du Front National. Ainsi, d’après une étude publiée en 2016 par TNS-Sofres, plus de 31% des Français sont totalement d’accord avec les idées du FN, alors qu’en 2010 ce chiffre n’était que de 18%. La stratégie de Marine Le Pen pour que son parti devienne un “parti de gouvernement” semble être assez efficace, en effet, 36% des Français pensent le FN capable de gouverner, ils n’étaient que 25% en 2011. De plus, le Front Républicain s’essouffle, notamment avec la stratégie du « ni-ni » développée par les Républicains (LR), c’est-à-dire ne pas voter pour le PS ou le FN au second tour si le candidat LR est éliminé. Les causes du plafond de verre que l’on a vu précédemment ont donc vu, grâce à la stratégie de Marine Le Pen, leur influence diminuée sur les scores du FN. Enfin, le populisme anti-élites a été très populaire dans un contexte de crise, amenant de nouveaux électeurs dans la base électorale du parti.

L’électeur Front National du Nord et du Sud

On peut aussi remarquer l’existence de deux profils de votants pour le FN, en fonction de leur position géographique (Sud-Est ou Nord-Est).

Le premier, l’électeur plus “classique” du Front National, habite dans le bassin méditerranéen, est assez aisé (plus de la moitié d’entre eux sont des CSP+, des indépendants ou des retraités, ce qui est largement supérieur à la moyenne nationale du parti (seulement 38% au niveau de la France). Ils trouvent que la pression fiscale est trop forte en France, sont conservateurs sur les sujets de société. 

Le second électeur du Front National vient du Nord, et plus précisément des classes populaires (65% d’employés, d’ouvriers et d’inactifs), est plus sensible aux arguments sociaux qu’à l’attaque de la fiscalité en France, d’ailleurs, 42% de ces électeurs nordistes estiment que les plus riches ne payent pas assez d’impôts pour réduire les inégalités. 

Ces deux électorats assez distincts révèlent deux courants au sein du Front National, le premier, mené par Jean-Marie Le Pen et Marion-Maréchal Le Pen, séduit plutôt l’électorat méridional, avec comme thématiques phares les questions d’identité et d’immigration. C’est la base historique du parti. Le second n’a qu’une seule préoccupation: le chômage. Cet électorat est plus attiré par Marine Le Pen ou Florian Philippot. 

La base électorale du parti est donc très diverse, des classes populaires aux classes aisés. Néanmoins, le Front National peut compter sur ses “fondamentaux” (lutte contre la mondialisation, l’assistanat et l’insécurité) pour cimenter toute cette masse électorale: 97% des électeurs sudistes et 95% des électeurs nordistes trouvent qu’il y a trop d’immigrés en France, 85% des sudistes et 87% des nordistes ressentent le sentiment d’insécurité.

Quelles sont les idées du Front National ?

En normalisant le parti et en étant plus à l’écoute des Français, Marine Le Pen a su s’attirer un nouvel électorat, augmentant les chances de voir un jour le Front National gouverner. Néanmoins, il reste encore du travail pour son équipe : en effet, son parti est encore vu par beaucoup comme trop extrême sur ses positions, mais aussi miné par les nombreuses affaires. 

le Parti Socialiste

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Le conservatisme

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