L'Armée française

L'Armée française

L'armée française est l'un des piliers majeurs de la diplomatie française : grâce à une capacité de projection inédite en Europe, celle-ci permet à la République Française de peser dans le monde et de protéger ses intérêts politiques et économiques. Habitée par l’idée que celle-ci doit pouvoir garantir l’indépendance nationale de la France, ses grandes orientations sont définies tous les cinq ans par un "livre blanc" rédigé par une commission d’experts tandis que son budget est voté en deux temps, dans une loi de programmation militaire sexennal, rectifiée chaque année par les projets de lois finance présentés par le gouvernement. Marquée depuis 2007 par des réductions budgétaires significatives qui pèsent sur le fonctionnement des armées, l'armée française est l'un des enjeux de cette présidentielle, dans un contexte international complexe où la France doit pouvoir être en mesure de défendre ses intérêts, mais aussi dans le cadre d’un contexte intérieur qui a vu le budget de la Défense revenir petit à petit à la hausse.  

→ Quelles sont les différentes branches de l'armée française ?

L’armée française est divisée en 4 branches : l’Armée de Terre, l’Armée de l’Air, la Marine Nationale et la Gendarmerie, complétées par une multitude d’organismes inter-armées dont les missions particulières sont communes aux forces armées, comme la Direction du Renseignement militaire ou le Service de santé des Armées. Alors que les trois premières branches sont entièrement gérées par le Ministère de la Défense, la Gendarmerie est partagée depuis 2009 entre le Ministère de l’Intérieur et le Ministère de la Défense, en fonction des matières dont il est question.    *

Le budget total alloué aux Forces armées françaises est de 32 milliards d’euros en 2017, soit 1,4 % du PIB français. Cependant, celui-ci ne prend pas en compte des coûts de fonctionnement annexes tels que le budget de fonctionnement du Ministère de la Défense, ou les dépenses supplémentaires qu’impliquent le déclenchement d’une OPEX à l’étranger au cours d’une année budgétaire. Le budget est défini lors du vote de lois de programmation militaire (LPM), pour une durée de six ans, mais celui-ci peut être revu à la hausse ou à la baisse lors du vote chaque année du projet de lois de finances. Par exemple, après les différents attentats de l’année 2015, le projet de loi de finances de 2016 avait sensiblement revu à la hausse le budget des armées pour la fin de la période de la dernière LPM en date (couvre la période 2014-2019). Aujourd’hui, la France est deuxième en matière de budget pour la défense au sein de l’Union Européenne, derrière le Royaume-Uni.  

Quels sont les missions des Forces armées françaises ?    

En tant que force armée nationale, les Forces armées françaises ont pour mission de préserver les intérêts supérieurs de la France. Il s’agit de :

Cependant, la France étant un acteur majeur sur la scène internationale, elle est aussi susceptible d’engager ses forces armées dans d’autres cadres qu’un cadre unilatéral. Elle peut participer dans le cadre d’une résolution de l’ONU à des opérations de maintien de la paix, intervenir dans le cadre de l’OTAN dans des coalitions multinationales, ou encore intervenir dans un cadre bilatéral à la demande d’un allié.  La capacité de projection des armées françaises doit permettre à la France de répondre à des crises internationales de manière efficace et pertinente. Les forces armées françaises doivent être capables pour l’Armée de Terre de déployer 15 000 à l’étranger pour une durée limitée dans le cadre d’un événement majeur. Pour des événements plus régionaux, on parle plutôt de 5000 hommes mobilisables rapidement, dont 2300 projetables en une semaine. A terme, c’est entre 5000 et 7000 qui doivent pouvoir être mobilisés par l’Armée de Terre. En ce qui concerne les autres branches de l’Armée Française, un groupe aéronaval (ensemble de bâtiments de guerre) organisé autour du porte-avions harles de Gaulle et une force sous-marine sont mobilisables à tout moment par la Marine Nationale, tandis que l’Armée de l’Air est capable de mobiliser immédiatement 45 avions de combat.  

Actuellement, les opérations majeures dans lesquelles les Forces armées Françaises sont engagées sont les suivantes : 

  → La force de dissuasion nucléaire    

Au delà des différentes dotations accordées aux quatre armes de l’armée française et des missions classiques qui leur sont attribuées, il existe un dernier enjeu de taille, celui de la force de dissuasion nucléaire. La dissuasion nucléaire consiste pour l’armée française à empêcher des conflits potentiels de se déclencher en faisant planer sur ses adversaires la menace d’une frappe nucléaire, même si dans la doctrine française, l’arme nucléaire n’a jamais été considérée comme une arme utilisable dans un but coercitif au même titre que des armes plus conventionnels comme des troupes ou des projectiles classiques. Elle revêt donc principalement un rôle politique, permettant à la France d’asseoir sa place sur la scène internationale et d’affirmer qu’elle n’a « besoin de personne » pour assurer sa survie.

L’armée française, après un programme nucléaire lancé sous la IVème République par l’un des ministres de la Défense d’alors René Pleven, acquiert la bombe nucléaire en 1960. Aujourd’hui, les moyens associés à la frappe nucléaire ont considérablement changé, puisqu’il n’existe plus depuis les années 1990 de composante terrestre dans la force de dissuasion française, avec la fermeture du « plateau d’Albion » en 1996. Les moyens dont disposent l’Armée française pour la frappe nucléaire sont les suivants :

4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engin, équipés de missiles mer-sol, dont la puissance nucléaire totale par sous-marin est équivalente (selon les estimations) à 1000 fois la puissance du ittle Boy largué sur Hiroshima.

Deux escadrons de chasse équipés de missiles air-so : l’un est basé sur la base aérienne d’Istres (13) et se compose d’avions Mirage 2000N, tandis que l’autre est basé sur la base aérienne de Saint-Dizier (52) et se compose d’avions Rafale.

Les avions embarqués sur le porte-avions Charles de Gaull : le seul porte-avions qui équipe l’armée française dispose aussi de la force de frappe nucléaire, par le biais des avions Rafale qu’il embarque à son bord.  Cependant, disposer d’une telle force de frappe implique un coût conséquent d’entretien des équipements mais aussi de modernisation de la force. En effet, pour que celle-ci continue à constituer un atout de dissuasion pour les forces françaises, il faut qu’elle puisse rivaliser avec les autres forces de frappe nucléaire existantes au monde. La modernisation des forces actuelles s’élève à plus de 10 milliards d’euros, avec par exemple plus de 3 milliards d’euros nécessaires à la modernisation du seul missile M51, utilisé par deux des 4 sous-marins nucléaires de la Marine Nationale. Dans la dernière loi de programmation militaire pour la période 2014-2019, 20 % du budget de l’équipement des armées est alloué à la seule dissuasion, c’est à dire 23 milliards d’euros, pour un budget total « équipement » qui s’élève à 102 milliards d’euros.  

Que proposent les candidats ?  

François Fillon : Le vainqueur des primaires de la droite propose un programme audacieux pour la défense nationale. En effet, sa priorité consiste d’abord à élever et sanctuariser le budget annuel de la Défense à 2 % du PIB National à l’horizon
2023. Ce chiffre n’est pas anodin, puisque l’OTAN donne ce chiffre comme recommandation pour la défense de ses États membres. François Fillon propose aussi de maintenir la force de dissuasion nucléaire française, et de moderniser celle-ci, là où d’autres candidats à la présidentielle s’étaient proposés par le passé de supprimer celle-ci, au motif que son entretien coûte cher à l’État français. Enfin, le candidat LR propose de stabiliser les effectifs de la force opérationnelle terrestre à 77 000 militaires, et de recruter 10 000 réservistes par an pour élargir la réserve opérationnelle.  

Jean-Luc Mélenchon : Pour le candidat de la France insoumise, la participation de la France à l’OTAN n’a plus lieu d’être puisque « la guerre froide est finie depuis bien longtemps ». Jean-Luc Mélenchon propose donc dans un premier temps une sortie pure et simple de la France de l’OTAN, pour dans un second temps revoir complètement la défense nationale en rédigeant un nouveau Livre Blanc et une nouvelle loi de programmation militaire. Le candidat propose aussi la renationalisation des industries d’armement françaises pour garantir l’indépendance nationale, et la possibilité pour un jeune d’effectuer un service civique sous la forme d’un service militaire. Il propose enfin de mettre fin à l’Opération Sentinelle pour laisser la place à la police en ce qui concerne la sécurisation des lieux publics.  

Emmanuel Macron : Pour sa part, l’ancien ministre de l’Économie propose quelque chose d’assez surprenant : la mise en place d’un service national d’une durée d’un mois pour tous les jeunes. Le coût d’une telle mesure est évalué autour de 2 à 3 milliards d’euros, mais celle-ci ne devrait pas être comptabilisée dans le budget annuel de la Défense. Pour le reste, Emmanuel Macron s’inscrit dans la lignée de la politique menée par Jean-Yves le Drian depuis 5 ans : maintien de la force nucléaire, renforcement du budget des armées (2 % du PIB à l’horizon 2025) et mise en place d’une force « cyber », dédiée aux questions de cybersécurité et constituée de 6000 cyber-soldats d’ici à 2022. Évidemment, le tout serait orchestré par un nouveau Livre Blanc et une nouvelle Loi de programmation militaire, rédigée de préférence pour le candidat avant la fin de l’année 2017.  

Benoît Hamon : Le candidat socialiste met en avant des propositions assez proches de celles formulées par Emmanuel Macron : il souhaite élever le budget de la Défense à 2 % du PIB d’ici à 2022, et créer aussi une force de défense « cyber », dédiée aux menaces numériques. Néanmoins, le candidat socialiste se démarque de l’ancien ministre de l’économie en refusant de parler de rétablissement d’un service national, qu’il juge « inopérant » face à la professionnalisation actuelle des armées. De plus, Benoît Hamon souhaite mettre l’accent sur la modernisation du parc matériel des Armées, ainsi que sur l’amélioration des conditions de vie des militaires. Enfin, alors que Yannick Jadot l’a rejoint (le candidat écologiste souhaitait en finir avec la dissuasion nucléaire), le candidat socialiste juge indispensable le maintien de la force de dissuasion nucléaire ainsi que sa modernisation.  

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Marine le Pen : La candidate du Front National propose d’aller plus loin en matière de budget : si elle propose aussi d’inscrire à 2 % du PIB les dépenses en matière de défense, cela ne concernerait que la première année de son mandat. En effet, elle souhaite que ces dépenses passent de 2 % à 3 % à la fin de son quinquennat si elle est élue. Ce surplus budgétaire devrait financer entre autres un second porte-avions, 50 000 postes de militaires en plus, l’entretien de la force de dissuasion nucléaire, l’achat de véhicules et d’équipement mais aussi le rétablissement progressif d’un service militaire d’une durée minimum de 3 mois. Enfin, Marine le Pen souhaite que la France quitte le commandement militaire intégré de l’OTAN et qu’une « offre industrielle française » soit constituée dans tous les domaines de la Défense pour s’équiper « français ».   

par Matthieu Lefebvre du Preÿ

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