Marine Le Pen : un virage féministe ?

Marine Le Pen : un virage féministe ?

C'est pour ainsi dire, un tournant que personne ne voyait venir et pourtant, Marine Le Pen l'a fait !
Depuis la vague d'agressions sexuelles qui a sévit en Allemagne et plus particulièrement à Cologne le 31 janvier 2015, la présidente du Front National se décrit comme une véritable « défenseur » du droit des femmes. Une soudaine féminisation du FN qui a fait parler dans la presse l'année dernière.
Retour sur un virage à 90 degrés entre les femmes et Marine Le Pen.

Un passé tumultueux concernant le droit des femmes

Quelques années plus tôt, lors de la campagne pour les présidentielles de 2012 notamment, le Front National voulait "supprimer les subventions aux associations politisées, qui véhiculent une banalisation aujourd'hui de l'avortement". En clair, un accès plus limité à l'avortement.
Dans le même esprit, Marine Le Pen était en faveur de la suppression du remboursement de l'IVG de confort "qui semble se multiplier" selon elle.

Pour renforcer leur politique particulièrement dure envers les femmes, le FN a voté contre une résolution de l'Union Européenne visant à garantir le droit à la contraception et à l'avortement. Une résolution tout à fait formelle, qui n'engageait aucunement des mesures politiques efficaces.

Son discours de 2012 était à des kilomètres de ses propos d'aujourd'hui.

Un nouveau discours pour 2017

Ainsi, à l'aube des présidentielles 2017, Marine Le Pen s'est radoucie et à compris que les femmes représentaient une part importante de l'électorat français. C'est pourquoi son discours change et ses propositions aussi.

En outre, la candidate FN introduit dans son programme des projets en faveur de la famille et de l'IVG notamment.
Marine Le Pen l'affirme au micro d'Europe 1, elle est dorénavant "pour l'IVG libre", comprenez ici que si elle est au pouvoir en 2017, le droit à l'avortement sera sauvegardé.
Elle propose aussi de créer un "salaire parental" pour toutes les femmes qui ont choisi d'élever leurs enfants. Ainsi, 910 euros par mois, soit 80% du SMIC, seront perçus par les mères aux foyers car, selon Marine Le Pen, ce système libèrerait des emplois et les mères surveilleraient leurs enfants pour ne pas qu'ils tombent dans la délinquance.
Projet qu'elle a, par la suite abandonné, néanmoins, des députés européens FN continuent de le proposer.

Un discours féministe ou anti-immigration ?   

En réalité la candidate FN, surnommée la "championne du droit des femmes" par son numéro deux, Florian Philippot, mène un tout autre combat derrière ce féminisme affiché.
En effet, c'est de cette manière que lors de son discours après les violences sexuelles de Cologne de janvier 2016, Marine Le Pen défend le droit des femmes mais en profite pour ajouter « Que la barbarie puisse s’exercer de nouveau à l’encontre des femmes, du fait d’une politique migratoire insensée me remplit d’effroi. ».
D'une pierre deux coups, le FN se pose en défendeur du droit des femmes pour pouvoir étayer leurs arguments contre l'immigration.
Elle énonce ainsi, dans une tribune du journal l'Opinion, "J'ai peur que la crise migratoire signe le début de la fin des droits des femmes".
Le problème est, que pour eux, l’islam représente une religion d’oppression envers les femmes. Alors, accueillir les immigrés, qui sont pour la plupart musulmans, risquerait de priver les femmes de leur liberté et de leurs droits. Un raccourci pour le moins contestable.

D'ailleurs, plusieurs mouvements féministes dénoncent cette instrumentalisation des événements de janvier 2016. Claire-Combe, porte-parole du mouvement Osez le féminisme s'insurge, « Marine Le Pen joue sur les peurs en expliquant en substance que les migrants viennent en Europe pour nous violer. Cela revient à nier la réalité des 84 000 femmes qui sont victimes de violences sexuelles chaque année en France ».

Marine Le Pen gardienne du droit des femmes, peut-être dans quelques années...


Par Elsa Baudry

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