Fillon : son programme au-delà de la sécu

Fillon : son programme au-delà de la sécu

« Un gouvernement commando », ce sont les termes qu’utilisent François Fillon pour parler de ses petits copains qui, s’il devient Président, seront chargés de mettre en place sa politique. Celle-ci est longuement déballée au terme d’une centaine de pages sur son site internet. Les mesures phares ? On revient dessus ici.


Sécurité : Autorité et « Tolérance zéro »

• Plus de moyens. Malgré les 100 milliards d’économie annoncés, François veut renforcer les moyens de l’Etat en matière de sécurité : il annonce 12 milliards d’euros en plus pour la sécurité, la défense et la justice, mais aussi, comme chez Marine Le Pen, plus de places en prison.
• Plus de sévérité. François veut instaurer de véritables contraventions pour les « infractions du quotidien » (fraude dans les transports en commun, consommation de cannabis ou encore tapage nocturne). Mais ce n’est pas tout. Quand on a dit plus de sévérité, on ne déconnait pas. Comme le FN, Fillon envisage de suspendre les aides sociales aux parents dont les enfant auraient commis des « manquements répétés», des conneries quoi. Plus original, François permettrait l’expulsion de leur logement social les individus auteurs de troubles du voisinage.
• Terrorisme. Ici, les mesures fusent. Si bien qu’elles en dépassent rapidement l’extrême droite. Tous les mouvements islamistes qui ne condamnent pas le terrorisme seront interdits. Tous les combattants terroristes perdront la nationalité française et seront interdits de territoire. Tous les individus « proches des réseaux terroristes » seront exclus du territoire. François soulignant son « intransigeance » face aux discours dénigrant les valeurs de la République. En dehors de nos frontières, Fillon veut coopérer avec la Russie (au passage, fin de l’embargo) et se rapprocher de l’Iran.


Immigration

Côté immigration : expulsion des clandestins, suppression de l’Aide Médicale d’Etat, modification de la procédure d’asile (réfugiés), et du regroupement familial (uniquement possible en cas de « réelle perspective d’intégration »). Dans le même chapitre, François prévoit de ne verser des aides sociales aux nouveaux arrivants, qu’après 2 ans d’installation en règle.  François veut instaurer des quotas annuels d’immigration votés par le Parlement afin de de répondre aux besoins économiques du pays. Mais aussi autoriser les « statistiques d’origines » pour savoir plus précisément d’où viennent les migrants. Au niveau européen, il veut renégocier le traité de Schengen qui cause selon lui une « immigration incontrôlée », tripler les moyens de Frontex (contrôle des frontières extérieures) ou encore créer un corps européen de garde-frontières et garde-côtes.


Laïcité

La laïcité intéresse visiblement beaucoup François - lui qui revendique haut et fort (ses) les racines chrétiennes de l’identité française. Fillon prône un « contrôle étroit par l’Etat du culte musulman » et entend sanctionner toute « prêche anti-Français ». Dans le monde du travail, François veut donner la possibilité aux entreprises « d’imposer » un code de la laïcité à leurs salariés.

Economie : pour une société « juste et équitable »


François Président entend faciliter la vie des Français en baissant un maximum de « charges » de toutes sortes. Ainsi, il promet une baisse de 50 milliards d’euros des charges et impôts pour les ménages et les entreprises.  S’il y a une chose qu’il entend pourtant supprimer c’est l’impôt sur la fortune : c’est à dire l’impôt des plus riches. D’un autre côté, Fillon veut donner 10 milliards de pouvoir d’achat « aux Français qui travaillent ». Dans le même esprit, une allocation sociale unique serait créée pour que « les revenus du travail soient toujours supérieurs à ceux de l’assistance ». Même logique du côté des allocations chômage qu’il souhaite plafonner à 75% du dernier salaire + rendre dégressives (qui vont en diminuant).


Dette

 « Nous sommes assis sur le volcan de nos dettes. Attention à son réveil! » nous prévient François. C’est ce qui va guider sa gestion des sous de l’Etat. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire : réduction des dépenses publiques de 100 milliards d’euros. Comment ? En supprimant plus de 500 000 postes de fonctionnaires + En supprimant plus de 10% des dépenses « les moins utiles » par ministère - sans pour autant nous dire quels ministère seraient concernés…


Travail

En ce qui concerne le monde du travail, les changements prévus sont importants. Le Code du travail est d’abord en ligne de mire. François souhaite le modifier en profondeur pour n’y garder que les éléments fondamentaux et confier le reste à la négociation dans les entreprises. Les mesures sont nombreuses, que faut-il retenir ? 
• Fin des 35 heures dans le secteur privé. Le temps de travail sera négocié au sein de entreprises avec comme limite maximale celle des 48 heures qu'impose l'UE.
• Retour aux 39 heures dans la fonction publique.
• Recul de l’âge de la retraite à 65 ans.
• Baisse des charges pour les retraites à hauteur de 40 milliards d’euros.
• Instauration du référendum d’entreprise en cas de blocage du « dialogue social » et contre la vision « autoritaire » du syndicalisme

Société : le retour aux « fondamentaux »

Plus discret sur les sujets de société, François s’intéresse tout de même (forcément) à la famille, mais aussi aux droits des femmes… Pas d’abrogation de la loi Taubira (mariage homosexuel) mais un réécriture de celle-ci en. Pourquoi ? Afin que la filiation biologique des enfants adoptés soient conservée.  Evidemment, interdiction formelle de la GPA. Plus loin, Fillon se veut porteur d’une convention internationale contre cette pratique. En effet, cela rentre pour lui dans la case « combat pour les droits des femmes ». Combat dans lequel il souhaite s’engager en développant l’hébergement d’urgence pour les femmes battues ou encore, dans le volet de l’emploi, en favorisant le télétravail.


École

Mettre l’accent sur l’apprentissage des fondamentaux. Le français est sûrement la mesure scolaire la plus soulignée par François. Se faisant, il souhaite supprimer de l’enseignement les « langues et les cultures d’origine ». Mais ce n’est pas la seule chose qu’il souhaite changer à l’école. Entre autres, il veut proposer un nouveau baccalauréat. Enfin, il veut donner plus de libertés et d'autonomie aux établissements scolaires (notamment plus de pouvoir aux directeurs/trices). Là encore, l’autorité est le mot d’ordre, François voulant permettre aux chefs d’établissement d’exclure les « élèves perturbateurs ». Toujours dans la catégorie formation, Fillon veut « mettre le paquet » sur l’apprentissage  (multiplier par 2 le nombre de jeunes en alternance). Au contraire, il veut supprimer les contrats aidés - des contrats de travail dont l’Etat paye une partie pour favoriser l’embauche.

Le petit point écolo, mais pas trop. François l’affirme : « Je suis sensible aux enjeux écologiques ». S’il affirme vouloir protéger les espaces naturels ou encore faire de l’écologie un pilier de la politique européenne : pas d’abandon du diesel pour le moment et même un renforcement du nucléaire - François veut prolonger l’exploitation des centrales de 40 à 60 ans. D’un autre côté, il se positionne contre les centrales à charbon (très polluantes), appelle au développement des énergies renouvelables et veut inciter les Français à passer aux voitures électriques - sans dire vraiment comment…

par Mathilde Verron

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