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Quel avenir pour les partis politiques ?

Quel avenir pour les partis politiques ?

En septembre 2017, le Parti Socialiste mettait en vente son siège situé dans un hôtel particulier de 3000m²,  rue Solférino. Ce qui semblait n'être au départ qu'une simple blague, relayée par un petit malin sur le site LeBonCoin, consécutivement à l'échec essuyé par le parti lors des législatives, a pourtant été confirmée depuis : le parti à la rose est bel et bien contraint de vendre, faute de financements. Cet exemple est révélateur d'une crise plus profonde des institutions en France : les partis politiques inspirent-ils encore les Français ? La méfiance envers le politique semble peu à peu s'étendre à tout son parti. Il est vrai que les Français ont pu assister, au cours des dernières présidentielles, au spectacle politique dans toute sa splendeur : l'exemple des primaires notamment est bien révélateur des conflits qui déchirent ces formations militantes, de gauche comme de droite, et de leur incapacité à s'accorder. 
Y a t il encore un avenir politique pour les partis traditionnels, ou bien faut-il bouleverser le paradigme du jeu des partis en politique pour imaginer un nouveau fonctionnement ? 
Petite analyse de cette crise institutionnelle (qui ne date pas d'hier) pour comprendre le rôle des partis dans notre société démocratique. 


Les partis politiques, symboles de la liberté d'opinion

 L’article 4 de la Constitution de 1958 dispose que "les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie." 

A l'origine, cette liberté de fonder un parti découle de la loi sur la liberté d'association de 1901. Cependant, le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel ont précisé en 1988 la définition du parti : c'est une personne morale de droit privé qui s'est assigné un but politique et doit respecter des exigences de transparence tant financières que politiques exigées dans le code électoral. Le parti se distingue donc de l'association par cette obligation de transparence, qui l'oblige a faire contrôler ses comptes annuellement par la commission nationale des comptes de campagne. 
Le fait de se soumettre à ce contrôle permet à un parti politique de se présenter aux élections. 

En effet, ce qui distingue aussi le parti de l'association, c'est l'objectif d'exercice du pouvoir. 

Le parti politique a un rôle éminemment démocratique, dans la mesure où il permet à chaque opinion différente de s'exprimer. Cette diversité d'opinion au sein d'une même société explique le fait que la France elle-même recense 451 partis, un chiffre considérable et surprenant, étant donné que peu d'entre eux sont réellement présents dans le jeu politique.

Mais comment expliquer dés lors, que seulement 1,5% des français soient adhérents à un parti ?  Pourquoi les partis peinent-ils tant à séduire la population ? 

Cette crise des partis a surtout pour origine une crise de la représentation : le principe de démocratie représentative, par le vote des électeurs qui confient un mandat à leur représentant, semble aujourd'hui dénué de sens tant les membres de la classe politique semblent éloignés de nous. La course au pouvoir effrénée entre les partis a éloigné ces derniers des citoyens. 

Un clivage gauche-droite aujourd'hui dénué de sens ?

En dépit de la multitude de partis que comptabilise la France, une minorité d'entre eux occupe la scène politique et médiatique, si bien que le multipartisme français ressemble plus à un bipartisme à la britannique, voire à l'américaine – partis de gauche d'un côté, partis de droite de l'autre. En témoignent les différentes cohabitations sous la Vème République, et les seconds tours des éléctions présidentielles, qui ne se déroulaient jusqu'alors qu'entre socialistes et républicains. Les dernières élections ont mis fin à cette tradition avec la montée des partis extrêmes et l'avènement d'En Marche ! , qui ravivent le multipartisme en France. 
D'ailleurs, la réussite d'un mouvement tout juste naissant, qui séduit en quelques mois des millions d'électeurs par un projet novateur, est révélatrice de la lassitude qu'éprouvent les Français à l'égard du traditionnel clivage gauche-droite. Avec son pari de réconcilier les idéaux de droite comme de gauche, en ciblant l'ensemble de la population plutôt qu'un groupe d'électeurs, Emmanuel Macron a su rassembler autour de lui ceux déçus par les promesses non tenues de leurs anciens partis, et ceux qui ne savaient pas où se situer sur le plan politique. Il est d'ailleurs intéressant de noter que, à ses débuts, En Marche ! se revendiquait comme "un mouvement" et non un parti (même s'il s'en rapprochait en fait beaucoup). L'emploi du terme en soi montre bien la volonté d'insuffler un dynamisme nouveau à la vie politique.
De même, le fait de proposer comme députés de nouvelles têtes, jeunes, "provenant de la société civile", répond au désir de renouvellement des Français. Si l'inexpérimentation de certains de ces nouveaux représentants du peuple peut faire tâche à l'Assemblée, ils n'ent sont pas moins porteurs d'un message politique fort : la vieille école politique doit prendre sa retraite et laisser   . 

Des partis minés par des querelles personnelles

Les dernières élections ont été le théâtre des affrontements entre personnalités politiques pourtant du même bord, et les primaires une mise en scène des règlements de comptes au sein d'un même parti, si bien que les télépectateurs devant leur écran, qui s'attendaient à assister à un débat d'idées, ont en réalité été témoin d'un vulgaire combat de coqs. Les participants au débat ont avant tout dévoilé leur soif de pouvoir avant leur préoccupation pour les besoins de la population, et ont perdu de leur crédibilité face aux électeurs. 

Les primaires ne sont pas inscrites dans la tradition politique française. Pourquoi, soudainement, décider d'en organiser ?
La nécessité du  débat au sein d'un même parti est certes indispensable et inévitable : tous les individus ne peuvent pas se plier à une opinion homogène, car d'une même idée de départ peuvent découler des disparités dans la manière de la mettre en oeuvre. 
On pourrait penser que le fait de présenter ces primaires sous forme de débat télévisé a pour but de donner une dimension plus citoyenne aux partis, en rendant le choix de leur candidat respectif plus accessible à la population. Néanmoins, n'est-il pas surtout révélateur de la nécéssité pour les partis de se montrer sur la scène médiatique afin de relancer leur côte de popularité ? Plutôt que de chercher à accorder leurs idées au sein d'un même parti, chacun cherche son profit personnel. Le but démocratique, lui, est quelque peu perdu de vue, compte tenu de l'impopularité de ces primaires. En effet, comme le révèle le site Slate.fr, seule un pourcentage faible de la population, composé en grande partie de votants âgés, se prête au jeu. La part de la population qui attache encore de l'importance au vieux système des partis ? 

par Julie Guiducci
 

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