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Zoom sur la police de sécurité du quotidien

Zoom sur la police de sécurité du quotidien

Promesse de campagne du candidat Macron, la création d’une police de sécurité du quotidien verra le jour en janvier 2018.  Cette police aura la lourde de tâche de réconcilier la population avec les forces de polices, une ambition forte dans un contexte de tensions du fait d’une législation toujours plus sécuritaire. Zoom sur cette énième tentative.

Le 18 octobre, le président de la République s’est adressé à l’ensemble des préfets, une réunion assez inédite dans l’histoire de la Vème République, qui fut l’occasion pour le président de rappeler son attachement à la sécurité. Durant la campagne il avait déclaré avoir « toujours considéré que la tranquillité est la première des libertés publiques », ce qui laissait déjà présager une refonte de notre système de sécurité publique.

C’est pourquoi avec la “police de sécurité du quotidien”, véritable force protectrice de la tranquillité du quotidien des français, il entend instaurer une police au service du citoyen.

Même si la ressemblance avec la police de proximité théorisée par Lionel Jospin en 1997 lors du congrès de Villepinte, est complètement niée, on ne peut s’empêcher de faire de cette nouvelle police de sécurité du quotidien l’héritière de la doctrine de la “polprox”.

 En effet, il s’agissait d’une police s’appuyant sur la logique des 3P : Proximité, Partenariat et Prévention.  L’idée était de réinvestir le terrain, d’inclure la police dans le paysage urbain et dans le quotidien. Une solution cohérente pour rapprocher la police de la population. En somme, c’est, à quelques éléments de langage près, ce que propose Gérard Collomb lorsqu’il tend à faire de cette police de sécurité du quotidien le ciment de la réconciliation sociale.

Pour autant à la Place Beauvau on a, semble-t-il, retenu la leçon et on doit se repasser inlassablement le discours de Nicolas Sarkozy expliquant à des policiers toulousains qu’ils ne sont pas des travailleurs sociaux et que leur métier n’est pas d’organiser des tournois de foot pour les jeunes des quartiers. A tel point qu’à chaque micro tendu le ministre explique vouloir replacer les policiers au cœur de leur métier.

Pour cela, une grande consultation a été lancé à 3 niveaux : une première au niveau individuel, avec la consultation via des questionnaires des 250.000 policiers et gendarmes en charge de la sécurité publique, une deuxième au niveau local qui permettra la rencontre des autorités en charge de l’ordre sur le territoire (préfet, élus locaux, policiers et gendarmes, acteurs privés de la sécurité et du transport) et grande nouveauté les représentants de l’autorité judiciaire ; et enfin une troisième au niveau national, qui permettra au ministère  de consulter les organisations syndicales, le conseil de la fonction militaire de la gendarmerie, des organisations syndicales de policiers municipaux, des professionnels de la sécurité privée, des entreprises de transport collectif et des associations d'élus.

En bref, l’idée est d’organiser une grande réflexion basée sur l’écoute des acteurs de terrain : un classique des politiques de sécurité et de la ville qui on l’espère ne débouchera pas sur un énième rapport non appliqué.

En parallèle, la police se verra doter de nouveaux moyens, Gérard Collomb évite les questions sur l’effectif et préfère parler en terme qualitatif que quantitatif et on ne peut honnêtement pas lui en vouloir.

Mais la grande nouveauté se situe, évidemment, dans la concomitance d’une réforme de la sécurité quotidienne et d’une réforme pénale.  Une réponse complète au sentiment d’insécurité régnant dans la société française. Pour autant, la lutte contre la petite et moyenne délinquance, cœur de cible de la police de sécurité du quotidien, peine à avoir une réponse pénale adaptée. Si certaines initiatives visant à réduire au maximum le recours à la prison vont dans le bon sens, elles peinent à trouver une alternative crédible et se heurtent à de nombreux conservatismes.

Pour avoir une réponse complète à cette délinquance, souvent juvénile, il convient également de former la police à une approche autre que purement punitive et sécuritaire, qui n’arrive toujours pas à faire ses preuves. Si la police de sécurité du quotidien a vocation à devenir un partenaire des acteurs sociaux dans cette lutte, il faut impérativement que les agents se sédimentarisent dans ces quartiers, en apprennent les habitudes, en connaissent les habitants, et ne se placent pas en tant qu’adverse mais en tant que fonctionnaires au service d’un ordre public à destination des habitants. Un changement d’approche est indispensable pour que cette police puisse ramener la tranquillité.

Le récent dépôt de plainte à Mantes-la-Jolie à l’encontre d’un policier pour violence à caractère racial, démontre encore une fois la nécessité de pacifier les relations entre les citoyens et les, bien nommés, gardiens de la paix.

Pour l’instant une trentaine de villes se sont portées candidates à l’expérimentation : Lille, Lens, Roubaix, Toulouse ou encore Aulnay-sous-Bois.  Le rapport doit être rendu avant la fin de l’année 2017 et nous permettra de voir un peu mieux à quoi cette nouvelle force de police pourrait ressembler et surtout à quoi elle pourrait servir.

C’est dans le quartier Libermann à Illkirch près de Strasbourg que la première permanence de police de sécurité du quotidien a vu le jour. Ce quartier de 2 400 habitants reconnu comme sensible et prioritaire au titre de la politique de la ville va être le premier terrain d’expérimentation.  Le fonctionnement de cette police a été résumé par Jean-François Illy directeur départemental de la sécurité publique du Bas-Rhin dans un entretien accordé à France Bleu Alsace « Les gens viennent apporter leurs doléances, signaler des situations dont ils ont été témoins. Toutes les problématiques seront prises en compte ».  L’office policier deviendra alors, un bureau de médiation et un instrument clef de régulation sociale.

par Clara Michielini

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