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Pourquoi organiser des États généraux de l’alimentation ?

Pourquoi organiser des États généraux de l’alimentation ?

L’organisation d’Etats généraux de l’alimentation était l’une des promesses de campagne les plus attendues du candidat Emmanuel Macron. Lancée en juillet dernier, c’est dans un contexte agricole morose que prend place cette grande consultation nationale qui affiche 4 objectifs majeurs :

●     valoriser les produits agricoles français et assurer l’équitable répartition de leur valeur entre les différents acteurs des filières agricoles

●     permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail en garantissant des prix plus justes

●     accompagner la transformation des modèles de production afin de répondre davantage aux attentes et aux besoins des consommateurs

●     promouvoir les choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre et durable

Les Etats généraux de l’alimentation s’articulent ainsi en deux grands chantiers. Un premier consacré à la création et à la répartition de la valeur et un deuxième portant la volonté de développer une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous.

Qui y participe ?

Pour parvenir à faire émerger des solutions et réconcilier les différents acteurs du monde agricole, le gouvernement souhaite rassembler autour de la table des négociations la totalité des parties prenantes : agriculteurs, pêcheurs, industries agroalimentaires, distribution,  restauration collective, ministères, collectivités locales, syndicats agricoles, acteurs de l'économie sociale et solidaire, et de la santé, ONG ainsi que les consommateurs sont invités à prendre part aux discussions.

Les citoyens sont appelés à donner leur avis via une grande consultation publique accessible en ligne ici.

Comment Emmanuel Macron compte s’y prendre ?

Sans prendre parti pour un modèle agricole plutôt qu’un autre, le Président de la République a fait part à plusieurs reprises de sa volonté d’accompagner l’agriculture française dans sa diversité (intensive, agro-écologie, label AOC …).

Pour ce faire, le chef de l’État veut encourager « le développement de véritables organisations de producteurs, avec des capacités de négociations renforcées pour peser davantage dans les négociations commerciales avec les centrales d’achat de la grande distribution ».

Le ministre de l’agriculture Stéphane Travert, quant à lui, n'exclut pas de revoir la loi de modernisation de l'économie (LME), qui régit aujourd’hui les négociations commerciales entre distributeurs et industriels et qui se trouve aujourd’hui dans la ligne de mire de nombreux producteurs. A l’origine, l'idée était d'augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs, en favorisant des baisses de tarifs ; mais depuis les exploitants réclament un rééquilibrage de ces relations en leur faveur.

Que revendiquent producteurs et syndicats ?

Christiane Lambert, Présidente de la FNSEA, premier syndicat agricole de France, a salué la tenue de ces Etats généraux en début de quinquennat et veut en premier lieu poser la question du prix d’achat des denrées agricoles. En effet, en 2015, 30% des agriculteurs n’ont touché que 350 euros par mois.

«  Il faut en finir avec le dogme du prix bas qui est imposé par les distributeurs et tue les paysans. »

Plusieurs enseignes se sont récemment engagées à revaloriser leurs prix d’achat pour que ceux-ci couvrent au moins les coûts de production des agriculteurs. Mais cette initiative reste loin d’être suffisante pour rémunérer convenablement les producteurs et en particulier les éleveurs.

La question de la compétitivité est également une thématique qui revient régulièrement dans la bouche des exploitants. En effet, nombreux sont les agriculteurs qui dénoncent les derniers traités de libre-échange (CETA, Mercosur..) qui instaurent une concurrence déloyale sur un même marché entre européens et producteurs étrangers qui ne sont pas soumis aux même contraintes.

Un autre motif d’inquiétude s’est récemment immiscé dans les débats suite à la déclaration du ministre de la transition écologique Nicolas Hulot au sujet de sa volonté d’interdire l’utilisation du glyphosate, un herbicide controversé mais très efficace et sans réel équivalent alternatif. L’Union européenne devrait voter le renouvellement de la licence de cet herbicide, et une interdiction française unilatérale risquerait de porter un coup dur à la compétitivité de nos agriculteurs vis-à-vis de leurs voisins européens.

Enfin, le syndicat réclame que les aides européennes de la PAC (politique agricole commune) et les subventions nationales soient payées en temps et en heure aux agriculteurs qui doivent parfois attendre plusieurs mois avant de toucher ces financements indispensables à leur activité. 

Les Etats généraux de l’alimentation s’achèveront à la fin du mois, avec à la clé un plan d’investissements dans l’agriculture de 5 milliards d’euros sur cinq ans. Si les agriculteurs souvent désabusés doutent de la portée effective de cet événement, ils espèrent néanmoins que la médiatisation de cette consultation sensibilisera les consommateurs sur les difficultés que traverse aujourd’hui l’agriculture française et aidera à terme à faire évoluer nos habitudes de consommation.

par Edouard Fouquet

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