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Que faut-il retenir de l'interview d'Emmanuel Macron ?

Que faut-il retenir de l'interview d'Emmanuel Macron ?

 Retour sur la première interview, tant attendue, d’Emmanuel Macron, cinq mois après le début de son mandat. C’était donc à la fois l’heure d’un premier bilan et de l’annonce des réformes à venir. 

Dès le début, le Président de la République a été confronté à la question de la rareté de ses interviews qu’il a justifiée par sa volonté de réaffirmer la solennité de la fonction présidentielle, en évitant le travers d’une « présidence bavarde ». 

Un discours franc et sans concession

 Il est ensuite revenu sur les propos décriés qu’il avait tenu : « fainéants », « bordel ». Il a entièrement assumé ces mots n’exprimant aucun regret et expliquant vouloir dire les choses telles qu’elles sont, faire part de la réalité dans ces discours. Il a alors profité de l’occasion pour replacer ces mots dans leur contexte, expliquant que le mot fainéant visait les personnes qui se complaisaient d’une France statique et sans réforme.

 L’entreprise, poumon de la nation

 Mais après ces quelques précisions d’ordre plutôt formel, l’interview s’est très vite portée sur le sujet de prédilection d’Emmanuel Macron : l’entreprise. Il s’agit là du fil conducteur et essentiel de la politique du Président. C’est autour d’elle que se sont portées et se porteront les futures réformes, c’est grâce à elle que la France connaîtra la transformation profonde voulue par le chef de l’Etat. Il a, à ce titre, souligné l’importance du dialogue au sein de l’entreprise qu’il entend réformer par le biais des ordonnances. Les mots de startups, d’investisseurs ont d’ailleurs très souvent été employés, presque idéalisés par Emmanuel Macron… et cela en ne se prononçant pas sur la réalité parfois très dure qu’endurent les entrepreneurs et en éludant complètement le sujet des fonctionnaires. 

Le triptyque magique

 Le triptyque magique si cher au Président se résume en trois mots : flexibilité, protection, formation. En effet s’il entend complètement flexibiliser le travail des Français et encourager l’investissement, ces mesures devraient  s’accompagner d’une protection renforcée et d’une amélioration  de la formation.  

Concernant donc ce dernier volet le Président s’est quasiment cantonné au sujet de l’apprentissage, en éludant très habilement la question de la sélection à l’université tout en annonçant la fin des tirages au sort. Il souhaite complètement revaloriser et réformer l’apprentissage, qui est à ce jour souvent mal considéré par les Français. Sur ce point il se positionne en faveur d’un système allemand, autrichien où l’apprentissage est plébiscité, et est en de nombreux point une réussite.  

Une politique de sécurité durcie

  S’il s’était strictement cantonné à sa position traditionnelle, il a, vers la fin,  légèrement changé de cap sur le sujet de la sécurité. En effet, il a tenu un discours dur et manifestant sa volonté d’adopter une loi réformant le droit d’asile et la politique migratoire, au sein de laquelle il voudrait systématiser les reconduites aux frontières pour les personnes en situation illégale ayant commis une infraction. Cette volonté rejoint en de nombreux point les revendications de la droite et de le l’extrême droite en la matière. Mais outre les débats idéologiques que peut soulever cette mesure, force est de constater qu’elle est contraire au droit de européen et que notre pays a été à de nombreuses reprises condamné par la Convention européenne des droits de l’homme à ce sujet. 

 En dehors du discours sur la sécurité, qui peut sembler durci, ses promesses et ses positions sont restées très fidèles à ses objectifs de campagne, aucune nouveauté majeure à l’horizon. On peut sans doute regretter le temps court, qui n’a pas réellement permis de creuser les sujets abordés parfois de manière trop superficielle, sans avoir la possibilité de soulever les failles qui pouvaient exister.

par Lisa Tapissier 

 

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