Les candidats de l’ultra droite française

Les candidats de l’ultra droite française

En mai prochain les Français désigneront le prochain Président de la République française. Parmi les nombreux candidats seuls quelques-uns sont médiatisés car ils sont peu en réalité à avoir une chance de gagner. Vu le nombre important de candidatures il existe des candidats en marge des médias, parfois insolites ou étranges ou avec des idées surprenantes de nos jours. Nous avons donc choisis de décrypter la candidature de deux personnalités à l’élection de mai prochain, tout d’abord Henry de Lesquen revendiquant le national-libéralisme, et ensuite Robert de Prévoisin candidat royaliste. Ces deux candidats sont, si le Front national de Marine Le Pen est d’extrême droite, les candidats de l’ultra droite française.           

   Henry de Lesquen:  Né au Maroc en 1949, Henry de Lesquen est un ancien haut fonctionnaire français. Après un passage à l’École polytechnique et à la Sorbonne il intègre l’Ecole nationale d’administration en 1974 dans la promotion Simone-Weil.

   En parallèle de sa carrière d’administrateur civil et de diverses missions, Henry de Lesquen a été maître de conférence à Science Po Paris dans les années 80.À côté de sa carrière professionnelle il a été membre de différents partis politiques, successivement du Rassemblement Pour la République, du Mouvement associatif pour l’Union de la droite et enfin de l’Union pour le renouveau de Versailles, ville dont il sera conseiller municipal de 2001 à 2014.

   Henry de Lesquen est aujourd’hui retraité et Président du Carrefour de l’Horloge et de Radio courtoisie.

Le candidat du « National-libéralisme »

   Sur son site internet Henry de Lesquen définit son programme comme « nationaliste, libéral, démocrate, républicain, traditionaliste, identitaire et populiste » et le national libéralisme que ce candidat entend défendre serait selon lui « l’expression doctrinale du populisme de droite » et « la réponse au cosmopolitisme et à l’étatisme ».

   Parmi les nombreuses propositions choquantes présentes dans son programme, Henry de Lesquen veut notamment, face à la question de l’immigration tout d’abord, mettre fin à « l’immigration-invasion » en abolissant le droit d’asile et en mettant en place une politique de « réémigration » qui aurait comme objectif le départ de France de deux millions de personnes.

   Ensuite concernant la justice et la sécurité, le candidat veut durcir le droit de la nationalité, supprimer l’État de droit et rétablir la peine de mort. Toujours dans le même domaine, Henry de Lesquen veut par exemple que la loi française prime sur le droit international ou encore l’instauration d’une liberté de discrimination « premier des droits de l’homme » selon lui.

   Pour l’économie et l’Europe, ce candidat « réac » veut, dans la logique du « national-libéralisme », supprimer le SMIC, libéraliser le marché du travail, quitter l’Union européenne et revenir à une monnaie nationale : l’écu.

   De plus, parmi les propositions choquantes, qui ne sont pas en reste, rétablir l’autorité du chef de famille, interdire l’avortement, interdire la circoncision et le voile islamique, ou encore promouvoir un « racisme républicain » qu’il qualifie de « sans haine ». 

Un programme ouvertement raciste et populiste

   Le programme d’Henry de Lesquen est donc rempli de propositions choquantes voir surprenantes, outre l’incompréhension quant à la promotion d’un racisme « sans haine », le candidat veut interdire la musique nègre soit le rap, le hip-hop, le jazz et bien d’autres genres musicaux. Enfin le candidat veut par exemple interdire la pornographie…mais rétablir les maisons closes et même supprimer la Tour Eiffel.

   Les propositions, racistes donc, et les propos d’Henry de Lesquen, soumettent ce dernier à une condamnation en justice, à la suite d’un jugement le 7 décembre dernier il encourt six mois de prison avec sursis. De plus une pétition contre sa candidature a récolté 60 000 signatures l’an dernier sur Change.org.

   Cet homme, parfois considéré comme l’homme le plus raciste de France pour certains, aura heureusement bien du mal à recueillir les 500 signatures pour pouvoir être officiellement candidat à l’élection présidentielle de 2017. Mais, plus que cela, la candidature d’Henry de Lesquen et surtout le propos qu’il tient sont le symbole de la promotion de la haine raciale et du racisme en France même s’il est possible d’espérer que l’ancien haut fonctionnaire cherche surtout à faire le buzz…

 

  Robert de Prévoisin :    Candidat de l’Alliance Royale et royaliste donc, Robert de Prévoisin, âgé de 70 ans, a tout d’abord vendu des cannes à pêches avant de travailler dans le bâtiment et de finalement vendre et louer du matériel médical en région parisienne. Il s’est ensuite Installé pour sa retraite à Cussay en Lochois, ville dont il est conseiller municipal pour le parti politique royaliste l’Alliance Royale dont il est délégué général.

Un candidat royaliste à l’élection présidentielle  

   Contrairement à Henry de Lesquen, Robert de Prévoisin est royaliste et s’oppose donc à la République. Il milite donc pour l’instauration d’un Roi et un retour à la Monarchie. Pour justifier ses positions le candidat et son parti dénonce notamment la fonction de Président de la République. Pour les royalistes, la Monarchie est préférable à la République car le souverain, c’est-à-dire le Roi, n’appartient à aucun parti politique. Le site officiel de l’Alliance Royale estime en effet que le système des partis républicains et donc le clivage Gauche-Droite « rend la France hémiplégique et constitue un profond facteur de désunion ».

   Le programme de ce royaliste, même s’il reste flou étant donné que le programme officiel de l’Alliance royale reste implicite, défend « le droit à la vie » et condamne donc l’avortement, défend le mariage entre « un homme et une femme » et donc ne mentionne pas le mariage homosexuel, défend le rôle des mères au foyer, condamne l’école publique, veut rétablir l’autorité du père de famille tout en redonnant aux femmes « un droit fondamental : celui d’élever leurs enfants ». De plus Robert de Prévoisin s’oppose à la parité entre les hommes et les femmes, défendant sa position en déclarant que s’il y a peu de femmes en politique « c’est qu’elles en ont généralement moins le goût ».

   Ensuite, dans la lignée de l’extrême droite française, l’Alliance royale veut limiter l’immigration mais contrairement à une partie de l’extrême droite elle est favorable au libéralisme économique.

Un mouvement qui reste proche de l’extrême droite  

   Robert de Prévoisin et son parti de l’Alliance Royale, même s’ils se disent indépendant de tout parti politique et qu’ils refusent le rapprochement du parti avec l’extrême droite, peuvent tout de même être considérés comme de l’ultra droite ou du moins de l’extrême droite.

   D’abord parce que les mouvements royalistes ont toujours eu des liens avec l’extrême droite. Marion Maréchal-Le Pen ou Robert Ménard ont par exemple participé à des mouvements de l’Action Française, mouvement royaliste indépendant et différent de l’Alliance Royale de Robert de Prévoisin certes, mais mouvement royaliste aussi.    

 

   Finalement que ce soit Henry de Lesquen ou Robert de Prévoisin, l’ultra droite ne sera probablement pas représenté à l’élection présidentielle de mai 2017, les deux candidats auront en effet du mal à réunir les 500 signatures nécessaires.

  Les deux candidats se distinguent l’un de l’autre notamment car Robert de Prévoisin reste largement plus modéré dans ses propos et prône principalement l’instauration d’un Roi en France tandis qu’Henry de Lesquen s’appuie sur un programme ouvertement xénophobe.

  Reste cependant à savoir quel candidat soutiendront ils car, si la logique voudrait qu’ils soutiennent Marine Le Pen, la candidate du Front national la réalité est beaucoup plus complexe, Henry de Lesquen qualifie par exemple cette dernière de « femme de gauche » tout en ajoutant que « ce qui lui plaît, c’est de s’éclater en boîte de nuit en écoutant de la musique nègre », des propos tout en finesse donc… 

Article de Pierre Pelissier et Victor Pelissier

 

Pourquoi nous soutenons Vincent Peillon à la primaire de la Gauche

Pourquoi nous soutenons Vincent Peillon à la primaire de la Gauche

Que pense Hollande de la polémique Lagarde ?

Que pense Hollande de la polémique Lagarde ?