Primaire à gauche : rose éternelle ou pot-pourri ?

Primaire à gauche : rose éternelle ou pot-pourri ?

      La Belle Alliance Populaire, qui semble n’avoir de l’Alliance plus que le nom, élaguait ce dimanche sa liste de candidats à la Présidentielle. Sept noms, et autant de conceptions du socialisme, se sont confrontés par les urnes.

Une victoire socialiste…

            La gauche qui mobilise, du moins parmi les 1,6 millions de votants, semble être celle du Parti Socialiste, qui garde dans la course deux de ses candidats.

Nouveau favori de l’exercice, Benoit Hamon, est arrivé en tête avec 36,35 % des voix. L’ancien premier ministre, Manuel Valls, est relayé au second plan mais reste en lice avec 31,11 % des voix. Quant à Arnaud Montebourg, il s’enlise dans le rôle de troisième homme de la gauche [ndlr : en 2011, il avait été éliminé dès le premier tour de la primaire en arrivant derrière F. Hollande et M. Aubry].

Pas d’ex-premier ministre déchu donc – mais déçu, peut-être.

A défaut d’avoir laissé sa place au président sortant, M. Valls défend l’honneur de son feu-gouvernement en campant sur ses positions, une ligne qui aura su convaincre fébrilement. Certains lui reprochent l’amnésie liée au 49.3, mais il fait figure de solidarité à F. Hollande face aux envolées de la gauche de Frangy, incarnée ici par B. Hamon. "

Les résultats de ce premier tour replongent donc le Parti socialiste dans les méandres de sa division. D’un côté, M. Valls représente la gauche prudente, de gouvernement, forte de son expérience, qui peut-être aime un peu trop le pouvoir - jusqu’à parfois y laisser le socialisme. De l’autre, une gauche audacieuse, idéaliste et en rupture, qui manque parfois de réalisme. Les votes auront en tout cas montré le désir des Français d’élire un représentant aux lignes politiques marquées. En témoignent les résultats affichés par Peillon, annoncé comme le candidat de la synthèse.

 

Ou une victoire de la gauche des valeurs ?

Les frondeurs aux propositions audacieuses séduisent les électeurs désireux d’un vote à « la gauche de la gauche », mais en désaccord sur des positions affichées du candidat communiste Mélenchon. Si la cadence se maintient à Montparnasse [ndlr : où se trouvent les locaux de B. Hamon], l’électorat de la gauche rouge risque de s’éparpiller en faveur de l’ancien ministre de l’éducation.

Bon à savoir également, les terres historiques de la gauche se sont prononcées en faveur du candidat frondeur. A titre d’exemple, Lille s’est distinguée du niveau national avec 53,44% pour Hamon, malgré le faible engagement électoral chez Martine Aubry - seuls 5382 électeurs ont fait le déplacement.

Les Français, optimistes ? C’est ce que laisse penser cette avance du candidat aux « solutions positives ». Peut-être. Mais ses détracteurs misent sur un engouement limité et une évaporation de l’effet nouveauté pour dimanche.

L’avenir des femmes en politique semble en revanche laisser peu de place à l’optimisme. En dépit des nombreuses différences avec la primaire de l’opposition, tant au niveau du nombre de voix qu’à celui de l’effet de surprise, un fait effrayant rassemble : les femmes peinent décidement à s’imposer dans le paysage politique.

            Dimanche s’affronteront donc deux personnalités que tout oppose. Seuls Sylvia Pinel et Arnaud Montebourg ont déjà donné les directives à suivre : l’une s’engage en faveur de l’ex-premier ministre, l’autre aux côtés du frondeur. Le « tout sauf Valls » pourrait bien être la ligne défendue au prochain tour. A l’instar de la primaire de la droite et du centre en novembre dernier, qui a su mobiliser au-delà des clivages politiques pour éviter le candidat Sarkozy, le scrutin de dimanche pourrait voir s’amasser les opposants à l’ancien bras droit de F. Hollande. Mais de là à dire qu’ils seront 66 millions… 

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Par Noëmie Leclercq

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