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Manuel Valls, prêt à tout pour gagner ?

Manuel Valls, prêt à tout pour gagner ?

Tous les coups sont-ils permis pour remporter la primaire de la gauche ? Du côté de Manuel Valls on semble penser que oui, quitte à condamner une union future indispensable à réparer un parti socialiste plus qu’abîmé.

Le PS est à terre. Et pourtant, on ne compte déjà plus les déclarations chocs de Manuel Valls à l’encontre de son concurrent (adversaire ?) dans cette étonnante primaire à l’organisation pour le moins bancale. Si le parti fondé par François Mitterrand en 1971 n’avait vraiment pas besoin de la publication de faux résultats, il a sans doute encore moins besoin du jusqu’au boutisme d’un Manuel Valls obsédé par la victoire, quitte à fracturer pour un long moment son propre parti.

Ainsi, l’ancien premier ministre n’a pas hésité à qualifier Benoit Hamon de “défaite assurée” à la présidentielle, le soir du premier tour. Le ton était donné. Depuis, Manuel Valls continue dans sa lancée d’attaques si violentes qu’on en oublierait que les deux hommes sont du même parti (!). Lundi soir sur TF1, il a notamment déclaré que le projet de Benoit Hamon conduirait le pays à “la ruine (...)” ou bien, que ce dernier était “le chantre de la fin du travail”. Rien que ça.

Dernière attaque en date : la laïcité. Ce mardi matin, sur France Info, Manuel Valls a ainsi jugé Benoit Hamon “d’ambigu” sur cette question, complétant : “(...) Il ne peut pas y avoir le moindre compromis avec les communautarismes et avec ces pratiques qui concernent nos femmes". Manuel Valls cherchant visiblement à souligner sa fermeté face à un candidat supposé plus laxiste.

Face aux attaques, Benoit Hamon ne se fait pas trop de mouron. Attitude classique du favori qui n’a pas intérêt à prendre des risques alors même que sa victoire semble arithmétiquement inéluctable. Si, Manuel Valls, en position de challenger, agit logiquement: attaquer pour espérer remonter, c’est bien dans le degré qu’on peut s’interroger.

D’ailleurs, nombre d’observateurs n’hésitent déjà plus à l’affirmer : le “futur vainqueur ne pourra pas rassembler” (Guillaume Tabard, Le Figaro, 24/01/2016). En effet, avec ses attaques dignes de la droite, Valls enterre définitivement l’idée d’un rassemblement à l’issu de la primaire et entérine du même coup le concept “des gauches irréconciliables”. Ainsi, non seulement il plombe l’improbable chance d’une victoire en 2017, mais il accentue une fracture qu’il sera sans doute éperdument compliqué de panser. Un mal pour un bien ? 

par Ludovic Badeau

 

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