Quinze jours politiques en bref

Quinze jours politiques en bref

 

Quelles sont les informations politiques marquantes de ces deux dernières semaines ? Tirons du chapeau une personnalité, un évènement, une polémique et une phrase de quinze jours agités.

La personnalité
BARACK OBAMA
Depuis le 20 janvier, Barack Obama n’est plus président des Etats-Unis. Remplacé par Donald Trump, le démocrate aura mis un point d’orgue à ne pas envenimer la transition avec son successeur, entre l’élection du milliardaire le 9 novembre et le jour de son investiture vendredi dernier. Le premier président afro-américain de l’histoire des Etats-Unis a malgré tout fait en sorte de consolider son bilan durant les derniers mois de sa présidence. Diplomatiquement d’abord, il a pris le contre-pied de l’alliance historique entre les Etats-Unis et Israël en s’abstenant lors du vote du conseil de sécurité de l’ONU condamnant la colonisation israélienne en Cisjordanie, provoquant de vives réactions de Benyamin Nétanyahou, avec qui il n’a jamais été en très bon termes. Sur le plan écologique ensuite, Barack Obama a sanctuarisé des millions d’hectares dans l’Arctique et l’Atlantique, empêchant les probables forages de l’institution de Donald Trump, dont l’équipe est constituée de plusieurs chantres des énergies fossiles. Enfin, il a une dernière fois profité de son pouvoir présidentiel pour commuer la peine de la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, désormais libérable en mai prochain. Trois décisions qui concluent huit années contrastées pour l’ex-président démocrate, qui risque bien de voir une partie de son bilan mis au placard par son successeur dans la Maison Blanche.

La polémique
LA VAINE RÉSISTANCE DU DICTATEUR GAMBIEN
En Gambie, petit pays de 2 millions d’habitants enclavé dans le Sénégal, cela faisait 22 ans que Yahya Jammeh régnait sans partage. Ce dernier, qui se qualifiait comme « dictateur et fier de l’être », a pourtant accepté à la surprise générale la victoire démocratique de son opposant dans les urnes Adama Barrow debut décembre dernier. Un espoir de courte durée, puisque Jammeh a finalement contesté les résultats quelques heures plus tard. Campant sur sa position un mois et demi durant, le dictateur gambien a mis en place différentes mesures visant à retarder l’investiture de Barrow, incluant l’instauration de l’état d’urgence mercredi 18 janvier. Le lendemain, Adama Barrow a prêté serment au Sénégal, et les troupes du pays ont pénétré en Gambie. Finalement, pour éviter une destitution par les armes, une coalition menée par les présidents guinéen Alpha Condé et son homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est envoyée dans la capitale gambienne Banjul pour trouver une issue politique au conflit. Celle-ci se révèle gagnante : Yahya Jammeh accepte de quitter ses fonctions. Il devrait partir en exil dans les prochains jours, et permettre à Adama Barrow de devenir le troisième président du pays depuis son indépendance en 1965.


L’évènement
LA GAUCHE EN PRIMAIRE
La premier tour de la primaire de la Belle Alliance Populaire a lieu ce dimanche 22 janvier, et difficile de dire quelle sera l’affiche du second. En effet, l’incertitude règne au plus haut point sur qui de Benoît Hamon ou d’Arnaud Montebourg sera opposé à un Manuel Valls qui ne devrait en toute logique avoir aucun mal à terminer dans les deux premiers. Toutefois, les questions restent entières sur les réelles chances du vainqueur de cette primaire lors de la présidentielle : aucun sondage ne donne le candidat du PS plus haut que la cinquième place… Distancé par Jean-Luc Mélenchon et surtout par Emmanuel Macron, qui s’est affirmé au fil de la campagne comme le troisième homme dans les enquêtes d’opinion, le candidat socialiste qui remportera la primaire pourra-t-il rassembler autour de lui et offrir une alternative convaincante face aux autres candidats de gauche ? Là est tout l’enjeu de cette primaire, et notamment de l’insistance répétitive de Manuel Valls et de ses soutiens sur la « posture présidentielle » de l’ex-Premier ministre, qui serait à leurs yeux la seule option socialiste crédible pour rallier le second tour en mai prochain.

La phrase
« Il vaut mieux aucun accord qu’un mauvais accord »
Dans une élocution prononcée mardi 17 janvier à la Lancaster House à Londres, la première ministre britannique Theresa May a énoncé pour la première fois ses ambitions sur la sortie de son pays de l’Union Européenne. Face à une institution bruxelloise qui ne souhaite pas donner des garanties trop importantes au Royaume-Uni, May a joué sur deux plans ambivalents : la conciliation et la menace. Pour elle, le Royaume-Uni « ne restera pas membre du marché unique » européen, mais doit acquérir « un statut associé à l’union douanière » afin de conserver de bonnes relations économiques avec les 27. La dirigeante conservatrice a visiblement réalisé qu’il était peine perdue de continuer d’espérer garder une place dans le marché unique tout en supprimant la libre circulation des citoyens sur le sol britannique, une prétention catégoriquement refusée par Bruxelles. Theresa May a donc fait à demi-mot le choix d’un Brexit aussi dur que les invectives prononcées à l’égard de l’Union dans la seconde partie de son discours, puisqu’elle a fini par menacer de faire du Royaume-Uni un paradis fiscal si les Européens se montraient trop exigeants dans les négociations. « Il vaut mieux aucun accord qu’un mauvais accord » a-t-elle fini par lancer, histoire de montrer sa détermination à deux mois du déclenchement de l’article 50. Les dés sont jetés.

Par Paul Idczak et Léo Sanmarty

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