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A la Baule, rassemblement et petites phrases assassines

    Le 3 et 4 Septembre se déroulait l’université d’été des Républicains, l’occasion de voir les favoris de la primaire de la droite et du centre tour à tour sur la même scène à 3 mois de l’échéance. Entre désir de se rassembler mais aussi volonté de ne montrer aucun signe d’amabilité envers ses concurrents, chacun est passé au pupitre dans un contexte assez tendu.

Éviter à tout prix les débats

Si l’année dernière nous avions eu le droit à une photo de famille entre les cadors des Républicains, tout était savamment orchestré  cet été pour qu’aucun des candidats du club des 4 (Juppé, Sarkozy, Le Maire et Fillon) ne se croise. Sûrement pour éviter une déchirure au sein du parti, de plus, les outsiders se doivent de ne vexer aucun des deux favoris (Juppé et Sarkozy) pour espérer obtenir un portefeuille ministériel auprès de celui qui sera sûrement élu président s’il gagne la primaire. Cependant, un « Tout sauf Sarkozy » semble se mettre en place chez certains candidats. Beaucoup se disent que si Sarkozy passe le cap de la primaire victorieux, son impopularité (notamment chez les candidats du centre) pourrait favoriser le passage au second tour de la gauche (et de Macron !). C’est pour cela que les piques lancées à l’ancien chef de l’état se multiplient comme chez Fillon qui le Samedi matin a longuement critiqué Sarkozy, de façon assez subtile (il a reconnu avoir « serré les dents » lorsqu’il était son premier ministre). Après lui est venu Juppé, qui a proposé un code de bonne conduite pour les candidats, venant renforcer son côté un peu « babacool ». En tant que favori, il s’est aussi permis de critiquer son principal adversaire, Sarko, qui remonte dans les sondages. Le Maire est lui resté fidèle à ses habitudes, droit sur sa lancée (+2 points dans les sondages pour le 3ème homme de la primaire sur le mois d’août selon Odoxa) déclinant son programme debout, micro à la main, contrairement à ses rivaux. Malheureusement pour lui, un incident est venu ennuyer son week-end, accusé par BFM puis par des membres du gouvernement, dont Laurence Rossignol, de machisme pour une phrase qu’il n’a pas prononcé. Quant à Sarkozy, il a est monté sur scène le lendemain : l’occasion de tacler le maire de Bordeaux sur son idée de code de bonne conduite, mais aussi Fillon, pour ses critiques trop vives. Il s’est vraiment présenter comme le rassembleur à La Baule, voulant lutter contre les divisions.

« Sur les divisions, on ne construit que les défaites »

En effet, pendant son discours, le « revenant »  se pose en « moralisateur » de la primaire. Il veut rassembler toutes les « droites » et notamment la droite dure. Il veut se démarquer du programme de Juppé, le favori, quitte à délaisser un peu l’électorat centre-droit, en calculant que Macron, (qui n’avait pas encore démissionné ce week-end là même si tout le monde savait qu’il allait se présenter en mai 2017) ira sûrement prendre beaucoup de voix de ce côté-là. Dès le début de son discours, on comprend aussi que pour lui, la course ne se passera qu’entre Juppé et lui, au revoir Le Maire et Fillon. Sûrement pour lui une manière de présenter Juppé comme le seul qui pourra barrer la route de sa lancée, puis de le critiquer longuement pour montrer que lui seul pourra redresser la France.

Un ennemi commun : les Socialos

La difficulté de faire campagne pour les candidats est que s’ils veulent remporter des voix , ils doivent taper sur leurs adversaires; cependant, s’il se montre trop agressif, on leur reprochera de vouloir diviser la droite, et pire s’ils sont élus, ils pourraient perdre des voix à cause de cela. Toutefois, s’il y a bien quelqu’un sur qui taper sans crainte, c'est le parti socialiste, et on peut dire que sur ce sujet, les favoris ne se retiennent pas : Le Maire, commence ainsi son discours par cela : « Nous allons enfin pouvoir nous débarrasser de François Hollande et du socialisme. Ne boudons pas notre plaisir ! ». Juppé fait lui un constat que l’on pourrait qualifier de grave pour le pays : « Notre pays est en grande souffrance économique, sociale et politique. La responsabilité (NDLR : de François Hollande) est écrasante. » Fillon préfère lui souligner la « médiocrité et le désordre » de fin de mandat d’Hollande.  Sarkozy ne critique pas ouvertement le chef de l’état mais souhaite vivement l’alternance. Chaque candidat se présente comme l’homme providentiel qui sauvera la France après un quinquennat socialiste considéré comme chaotique par la droite.

Après cette université d’été, on peut commencer à attribuer les rôles de chaque candidat, Fillon sera l’homme des attaques envers les autres candidats et surtout sur Sarkozy, qui, lui, cherchera plutôt dans les prochains à moi à vouloir rassembler la droite tout en soulignant les différences de son programme avec celle de Juppé. Le Maire, surfant sur sa progression, jouera toujours la carte du renouveau, avec un programme inspiré de la Big Society. Juppé, lui, toujours en tête, continue de cheminer vers le 20 novembre en proposant des idées plus modérées, tout en assurant qu’il veut que ces primaires soient réussies et qu’elles doivent rassembler et non diviser face à un ennemi : la non-alternance et un deuxième mandat pour un candidat socialiste. Ces quatre candidats devront faire campagne en alternant déclarations chocs et affirmations d’une certaine volonté de se rassembler : pour cela, 2 conseils simples : ne pas se croiser et faire front contre commun contre PS et FN.

Guillaume Dutheil

image de couverture tirée du centre presse aveyron

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