Mais à quoi joue la gauche ?

Le jeudi 1er décembre 2016, Francois Hollande, septième Président de la République Française a annoncé son souhait de ne pas se représenter à la prochaine Election Présidentielle française. Une annonce historique sous la Ve République, qui dessine un peu plus encore les contours divisés de la gauche.

Se diviser pour mieux régner ?

  Le principe provenant du latin « Divide ut regnes » définit la tendance électorale à gauche, dont le principe serait d’ailleurs “multiplier les tendances pour régner”.

  La multitude de candidats de gauche qui se présentent à l’élection présidentielle de 2017 trahit la profondeur du morcellement de la gauche française.

  Le projet d’une primaire de la gauche semble s’être envolé pour devenir la primaire des orthodoxes du parti socialiste. Le rassemblement de la « Belle alliance populaire » voulu par Jean-Christophe Cambadélis n’a pas suscité l’adhésion espérée et met en évidence un nombre de candidats qui ne fait que souligner à quel point la gauche “plurielle” est en fait atomisée.  Après le renoncement de François Hollande, le Premier Ministre Manuel Valls sera candidat à la primaire. Ses deux principaux rivaux, Benoit Hamon et Arnaud Montebourg, ont tous deux été ministres de François Hollande. Vincent Peillon, ancien ministre de l'Education nationale, a hier présenté à son tour sa candidature à a primaire.  D’autres candidats tels que la sénatrice de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, le député écologiste et vice-président de l’assemblée nationale François de Rugy , le député du Front Démocrate Jean-Luc Bennahmias et le fondateur du parti « Nouvelle Donne » Pierre Larrouturou sont candidats. De plus une pétition demande la candidature de l’ancienne ministre de la justice Christiane Taubira. Seuls quelques « petits » candidats ne sont pas estampillés PS.

  En dehors de la « Belle alliance populaire » d’autres personnalités ont annoncé leur candidature à la Présidence de la République pour les idées de gauche sans passer par la primaire du PS :

Emmanuel Macron avec son mouvement « En Marche », Jean Luc Mélenchon, rallié finalement par le Parti Communiste Français, le Parti Radical de Gauche avec sa candidate Sylvia Pinel, Europe Ecologie Les Verts avec le député européen Yannick Jadot, lui-même issu de la primaire de son parti, Philippe Poutou pour le NPA et Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière.

Quelles conséquences pour la gauche ?

  Le constat est que la gauche présentera à la prochaine élection présidentielle de Mai 2017 un seul candidat officialisé par la primaire du PS, et une diversité de dissidents ou candidats d’autres sensibilités. Conséquence mathématique: une impossibilité de passage au second tour, même si certains s’aligneront derrière le candidat désigné du Parti Socialiste. Cette désunion est inhérente au quinquennat Hollande. Déjà latente à la Primaire socialiste de 2012 , elle a été accentuée par une ligne politique déviée par François Hollande par rapport à ses positions politique « trop » à droite, générant des dissidences dans son propre camp.

  Selon les sondages et les médias, aucun candidat de gauche ne devrait accéder au second tour de l’élection présidentielle. A défaut d’une gauche gagnante, y aura-t-il un gagnant à gauche ? Rien n’est moins sûr. Emmanuel Macron, comme Arnaud Montebourg ou Benoit Hamon voudraient être ce troisième homme symbolisant le renouveau d’un parti en déliquescence face à un Manuel Valls contraint à un rôle de socialiste traditionnel s’il est l’élu de la primaire. Mais Jean-Luc Mélenchon, homme politique le plus populaire de France pourrait bien bousculer l’échafaudage. 

   Jamais auparavant, sous la Ve République le Parti Socialiste ne s’est retrouvé relégué derrière d’autres candidats de gauche dans les intentions de vote des électeurs. Le parti qui paraissait être la première force politique à gauche s’effrite.  Le Parti Socialiste pourrait être le grand perdant de la division à gauche.

Quelle stratégie pour 2017 ?

  La stratégie de l’union s’avère impossible et annonce la défaite, face à une droite Républicaine qui en comparaison paraîtrait presque unie.

La dernière stratégie dont pourrait réfléchir la gauche s’apparente à un choix entre François Fillon et Marine Le Pen au second tour du scrutin présidentiel de 2017.

   Que fera la gauche ? Appellera-t-elle à un rassemblement républicain pour faire barrage au Front National, ou décidera-t-elle de s’abstenir ? Ou sera-t-elle encore divisé sur ce sujet ?

  Alors que l’échiquier politique se met en place en vue de l’élection présidentielle,  le parti Les Républicains ayant récemment choisi comme« champion » François Fillon, Marine Le Pen préparant quant à elle la campagne de manière silencieuse, la gauche joue, en se divisant, à un jeu dangereux..

par Victor Pelissier

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