Quel candidat est Emmanuel Macron ?

Quel candidat est Emmanuel Macron ?

     Depuis sa démission de Bercy fin août dernier, le débat était lancé, Emmanuel Macron allait-il se présenter à l’élection présidentielle ou se rangerait-il derrière une candidature de François Hollande ? Aujourd’hui la réponse est claire, Emmanuel Macron sera candidat à la présidentielle de 2017 ! C’est officiel, depuis ce mercredi 16 novembre, l’ancien ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique s’est lancé dans la prochaine campagne présidentielle. Quel impact sur la vie politique ? Macron est-il un candidat redoutable pour la prochaine présidentielle ? 

Le candidat hors des partis  

Emmanuel Macron, l’homme politique ni de gauche ni de droite, c’est comme cela qu’il se présente depuis l’annonce de sa candidature. A gauche pour sa participation au gouvernement de Manuel Valls en tant que Ministre de l’Economie, à droite pour ses propositions économiques libérales, il apparaît dans cette présidentielle comme le candidat « hors partis ». D’abord qualifié de candidat centriste par les médias, il a affirmé être un candidat sans étiquette : « Mon objectif n’est pas de rassembler la droite ou de rassembler la gauche mais de rassembler les Français ». 

Une candidature osée puisqu’il ne vise donc aucun électorat en particulier mais plutôt l’ensemble des Français, se plaçant du côté de l’alternative comme Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Osé mais malin ! En effet il compte ainsi dépasser le clivage gauche-droite pour rassembler un électorat plus large et remporter l’élection présidentielle. Bonne stratégie ? Réponse le 23 avril prochain pour le premier tour de l’élection présidentielle. 

A gauche, la candidat de trop ?  

La question se pose désormais après son annonce à Bobigny la semaine dernière : Emmanuel Macron n’est-il pas le candidat de trop pour la gauche plus que jamais divisée ?

Avec la candidature de l’ancien ministre de François Hollande, on ne compte pas moins de 5 candidatures pour la gauche à la prochaine présidentielle ! Celle de Jean-Luc Mélenchon, qui fera cavalier seul, celle de Yannick Jadot d’Europe Ecologie Les Verts, celle du Parti Socialiste dont le candidat sera annoncé à l’issue d’une primaire en janvier prochain et plus récemment celle du Parti Communiste qui a annoncé opter pour une candidature autonome en 2017.

La gauche sera donc très représentée en avril prochain ! Les risques ? Une dispersion des votes, trop de candidats pour un seul camp ou encore un délaissement des Français.  

Une candidature qui dérange à gauche et à droite  

L’annonce d’Emmanuel Macron a suscité beaucoup de réactions dans la classe politique. A gauche, on lui reproche son détachement du gouvernement et du parti socialiste montrant une nouvelle fois la division de la gauche sur la scène politique. Manuel Valls a d’ailleurs réagi le jour même : « Pour porter cette responsabilité, il faut une éducation à la conduite du pouvoir, à la responsabilité, un sens de l’État. Il faut de l'expérience ». Dans le camp socialiste, on parle également d’un huitième homme de la primaire de la droite et du centre, ou encore de candidat de la finance.

Mais il a également fait parler à droite. Son programme économique libéral, très proche de celui des Républicains, a notamment agacé le candidat à la primaire de la droite Jean-François Copé : « Tout est complètement mis en scène » dit-il à propos de la candidature de l’ancien ministre de l’économie. Alain Juppé, quant à lui, a préféré renvoyer la balle dans le camp socialiste : « C’est d’abord un problème pour Monsieur Hollande et pour la gauche ». Les candidats à la primaire de la droite et du centre craignent une mise en péril de leur candidature face à un candidat aussi libéral que Macron.

A l’issue de l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron, chacun se renvoie la balle : la gauche se désolidarise et parle de trahison alors que la droite préfère ne pas réagir et accuse la gauche.  

Quel programme pour le candidat ? 

Le jeudi 24 novembre, Macron a publié son livre « Révolution », qu’il présente comme un livre-programme de sa campagne.

Dans le « premier jet » de son programme, on retrouve un élément de la loi Travail abandonné après réécriture : le plafonnement des indemnités prudhommales. Changement du côté de l’assurance chômage puisqu’elle serait financée par les impôts et non plus par les cotisations sociales. Autant dire que la bataille sera de taille pour Emmanuel Macron afin d’imposer ses idées. Il assure déjà : « Le combat sera rude, car cela fâchera ceux qui vivent du système ». Prometteur !

On le découvre également radical face à l’Europe, à refonder d’après lui avec un budget européen pour financer les investissements communs. Il veut aussi désigner un ministre des Finance de la zone euro. Au final, seule l’économie ressort de ce programme pour l’Europe.

Concernant la présence de la France dans plusieurs conflits mondiaux, il estime qu’elle est engagée sur trop de terrains de guerre. Il souhaite ainsi que tous les interventions militaires soient effectuées selon les résolutions de l’ONU.

Le ton est donc donné, même si ses détracteurs lui reprochent déjà un programme incomplet ou peu réalisable. 

Macron sera-t-il la surprise de cette élection présidentielle ? Dans un contexte de bipartisme entre le PS et les Républicains voire de tripartisme annoncé pour 2017 avec la montée du FN, il sera difficile pour Emmanuel Macron de s’imposer. Rendez-vous dans quelques mois pour savoir si l’ancien ministre de l’économie a obtenu les 500 signatures pour prétendre au poste de Président de la République !

 par Clément Caillive

image de couverture issue de La Croix

 

 

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