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Quelle est la position américaine actuellement en Syrie ?

Quelle est la position américaine actuellement en Syrie ?

Nous sommes actuellement en plein double conflits irako-syrien. Les combats qui se déroulent actuellement à Alep, où la Russie, l’État syrien et l’Etat islamique s’affrontent depuis 2012 pour certains, font écho à ce qui ont débutés le 17 octobre dernier entre les kurdes, les milices chiites, les États-Unis et l’État islamique. La guerre contre l’EI est aujourd’hui l’élément géopolitique central de cette région. La remise en cause du régime syrien semble être devenue secondaire. C’est pourquoi nous avons choisis de nous intéresser à la position américaine vis-à-vis de ce régime.

                Le projet de Néopolis sur le Moyen-Orient, est centré dans un premier temps, sur la question de la Syrie et de l’Irak. Pour tenter d’appréhender l’ensemble des enjeux de la crise régnant dans ces deux pays nous nous sommes interrogés sur les différentes forces en jeux. En ce qui concerne les Etats-Unis, notre volonté a été de chercher à éclaircir leur position. En effet depuis le début de la crise syrienne en 2011, les Etats-Unis ont adopté une politique ambigüe, aussi bien controversée que contradictoire, et ce plus précisément en ce qui concerne leur position vis-à-vis du régime de Bachard el-Assad. En effet, les faits démontrent que si dès 2011, les Etats-Unis ont formulé leur volonté de voir cesser la répression menée par le président, ils n’ont pas été plus loin.

Le processus d’engagement du pays a été long et n’a jamais été clairement dirigé contre le régime en place. Dans un premier temps, l’aide des Etats-Unis a été non militaire, exclusivement fondée sur la transmission de renseignements aux rebelles. Dans un second temps elle a pris un caractère militaire par la formation en Jordanie de groupes rebelles qui a débutée en mai 2015 et d’une aide financière.

La découverte de l’utilisation d’armes chimiques par el-Assad contre son propre peuple, a forcé les Etats-Unis à réaffirmer leur position de manière plus ferme. S’ils ont de nouveau témoigné leur opposition au régime et leur condamnation de celui-ci, fidèles à la tradition démocratique du pays et à celle de la coalition internationale, ils ont préféré le compromis à la prise de position. Ils ont fait le choix d’une alliance avec la Russie symbolisée par l’accord du 14 septembre 2013. Par peur de voir tomber ces armes chimiques aux mains du Hezbollah ou de Al-Qaïda, les Etats-Unis ont opté pour le processus de démantèlement de celles-ci proposé par les Russes. Ce démantèlement et son organisation sont explicités dans la résolution 2118 adoptée à l’unanimité par l’ONU le 27 septembre.

L’implication américaine se voit renforcée en septembre 2014 par le début de frappes aériennes, de concert avec les autres forces de la coalition internationale. Si celles-ci permettent aux YPG kurdes de reprendre une partie du Nord du pays, les résultats demeurent partiels. L’accord et le financement en partenariat avec la Turquie, de la formation de 15000 rebelles qui combattraient l’EI, se solde par un échec en 2015.

Pour l’instant, nous ne pouvons que constater que la politique américaine, si elle semble assez explicite et impliquée dans le combat contre le terrorisme l’est beaucoup moins en ce qui concerne de potentielles négociations avec le régime en place. En effet, si l’on observe les faits, malgré leur opposition officielle au régime, les Etats-Unis n’ont jamais pris de mesures qui pourraient lui nuire et ont attendu le développement de l’Etat islamique, aussitôt érigé en menace absolue de la Syrie, pour intervenir dans le pays sans toutefois remettre en cause par leurs actions le régime en tant que tel. Autre élément troublant, nous pouvons nous remémorer l’accord sur le nucléaire passé avec l’Iran, pays ennemi de l’Arabie Saoudite auquel sont alliés de longue date aux Etats-Unis, qui, contrairement à l’Iran soutient la position anti-Bachard.

Le constat ci-dessus constitue une base de réflexion, en ce qui concerne l’ambiguïté de la politique américaine et les différents questionnements que celle-ci suscite, mais comme toute question géopolitique, elle se doit d’être approfondie et fera l’objet de prochains articles et conférences. Ce sujet invite aussi nos lecteurs à essayer d’aborder par eux-mêmes les deux faces idéologiques du conflit afin d’éviter le piège d’un centrisme occidental sur la question.

Par Lisa Claret et Louis Lalanne

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