Quinze jours politiques en bref

Quinze jours politiques en bref

Quelles sont les informations politiques marquantes de ces deux dernières semaines ? Tirons du chapeau une personnalité, une annonce, une polémique et une phrase d’une période agitée.


La personnalité
FRANCOIS HOLLANDE


Le président de la République a pris tout le monde de court en annonçant en direct depuis l’Elysée le jeudi 1er décembre qu’il ne briguerait pas un second mandat. Quatre ans et demi après une élection qui devait permettre à la gauche de remettre la main sur le pays en mettant en place des réformes sociales pour réduire les inégalités et baisser le chômage, François Hollande s’est rendu à l’évidence au niveau des résultats concrets, largement insuffisants, de ces prometteuses promesses de campagne. Pâtissant en plus d’une côte de popularité au plus bas, le chef d’Etat socialiste n’avait quasiment aucune chance de remporter la présidentielle, voire même d’être investi par les électeurs de gauche lors de la primaire de janvier, le comble pour un président sortant.
Cette décision marquante – Hollande est le premier président de la Vème République à ne pas se présenter à sa propre succession – rabat les cartes à gauche. La primaire socialiste devient désormais un champ de bataille opposant différentes visions partisanes, qui instituera, à défaut de François Hollande, le candidat qui saura le mieux concilier les différents bords du PS pour s’affirmer comme le leader d’une formation politique où l’union n’est plus qu’un élément de langage.



La polémique
TRUMP VEXE LA CHINE

Même s’il n’a pas encore été investi à la Maison Blanche, Donald Trump a déjà commencé sa politique diplomatique. Après avoir rencontré à New York mi-novembre le président japonais Shinzo Abe, le président élu américain a reçu la semaine dernière un appel de son homologue taïwanaise Tsaï Ing-Wen, rouvrant les discussions entre Washington et Taïpei pour la première fois depuis 1979. S’il s’agissait d’un simple appel de félicitations, cette initiative n’a pas plu à la Chine, qui a déclaré par le biais de son ministre des affaires étrangères Wang Yi que cette discussion constituait une « basse manœuvre manigancée par Taïwan » dont le but serait de faire évoluer la position étatsunienne sur la « Chine unique » reconnue par la quasi-totalité des Etats de la planète.
Donald Trump, qui a répété à de maintes reprises durant sa campagne qu’il se concentrerait avant tout sur les affaires intérieures des Etats-Unis, semble donc prêt à concentrer une partie de ses forces à l’international. Sa politique extérieure reste cependant encore très floue, puisqu’il n’a encore donné aucune conférence de presse depuis son élection il y a un mois, préférant utiliser Twitter pour sa communication présidentielle.

 

L’annonce
VALLS JOUE SA CARTE


Manuel Valls n’attendait que ça. Après avoir passé deux ans à soutenir médiatiquement François Hollande et à répéter qu’il ne se présenterait pas à la présidentielle contre le président, le retrait de ce dernier lui a laissé le champ libre pour se lancer dans la primaire socialiste. Une initiative qu’il avait déjà laissée entendre avant la décision du chef de l’Etat, notamment dans une interview accordée au Journal du dimanche le 27 novembre, dans laquelle Manuel Valls se disait « prêt » pour le « face à face » avec François Hollande à la primaire. Un duel entre les deux têtes de l’exécutif aurait été inédit, et n’aurait pas profité aux socialistes face à une droite dure désormais rassemblée derrière François Fillon.
Manuel Valls, qui avait déclaré en février que le PS était divisé en deux courants de gauche « irréconciliables », provoquant l’ire de nombre de membres du gouvernement à commencer par les hollandais, se place aujourd’hui en candidat rassembleur. Mercredi dernier à Audincourt, dans le Doubs, il a ainsi insisté sur ce point : « J’ai toujours voulu rassembler ». Homme politique bien plus libéral que le socialiste type, Valls est conforté par les sondages, mais n’est pas le plus en vue pour espérer les reports de voix de ses adversaires s’il se qualifie pour le second tour de la primaire. Avec la probable candidature de l’ex-ministre de l’éducation Vincent Peillon, il pourrait même perdre le soutien de certains proches de François Hollande.

La phrase
« C’est la fin de la récréation »


Après une relative période de silence dans les médias, Marine Le Pen refait parler d’elle en proposant une mesure qui va faire parler : la suppression de l’école gratuite pour les enfants d’immigrés en situation irrégulière. Invitée aux petits déjeuners « Pop » de l’institut de sondage BVA le jeudi 8 décembre, la chef de file du Front National a utilisé les grands mots pour présenter cette partie de son programme présidentiel. Elle souhaite ainsi « la fin de la récréation » pour les « clandestins » qui ne paient pas de cotisations sociales mais peuvent donner à leurs enfants une éducation gratuite, car l’état « n’a plus les moyens » de prendre en charge cela, avant de déclarer que sa politique se concentrerait sur les « plus modestes », les « plus pauvres » et les « plus humbles d’entre nous ». Rien de bien nouveau entre les lignes du discours frontiste, dont les leaders mettent constamment les inégalités sur le dos de politiques soi-disant favorables aux immigrés, au détriment des Français défavorisés.

par Paul Idczak




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