Quinze jours politiques en bref

Quinze jours politiques en bref

Quelles sont les informations politiques marquantes de ces deux dernières semaines ? Tirons du chapeau une personnalité, une annonce, une polémique et une phrase d’une période agitée.

La personnalité
DONALD TRUMP
Le nom qui aura marqué cette quinzaine est le nouveau « président élu » des Etats-Unis, le milliardaire républicain Donald Trump. Son élection surprise symbolise la revanche d’une Amérique oubliée qui n’a pas digéré l’ouverture que représentait la présidence de Barack Obama, et a voté pour un homme dont le discours rassemble autant qu’il divise. Pour remporter la majorité des 538 grands électeurs, Trump a aussi largement bénéficié du manque de popularité de son adversaire démocrate Hillary Clinton, figure de l’establishment, que le candidat républicain a tant critiqué durant la campagne, déclarant même qu’il voulait l’« emprisonner » s’il était élu – il est depuis revenu sur ses propos.
Dans moins de deux mois, Donald Trump sera donc investi à la Maison Blanche. L’image agressive qu’a donnée le milliardaire durant ses meetings, dézinguant à tout va sur les musulmans, les Mexicains et les démocrates, effraie et laisse les observateurs dans le flou quant au déroulement de son mandat. Les mesures phares de sa campagne, considérées comme identitaires et favorisant le repli sur soi, pourraient toutefois ne pas être mises en place dans leur intégralité. Le futur chef d’état américain est en effet apparu très calme et tempéré depuis sa victoire, adoptant une stature plus présidentielle, tout en tentant de rassurer sur son apparent manque de préparation mis en lumière par certains journalistes et politiques outre-Atlantique. Donald Trump a désormais jusqu’au 20 janvier prochain pour effacer les nombreux doutes qui pèsent sur sa capacité à assurer la fonction suprême de la première puissance mondiale.

La polémique
TAKIEDDINE, LE RETOUR
Dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, demandez l’intermédiaire. Dans une entretien publié mardi 15 novembre par Médiapart, Ziad Takieddine avoue avoir remis directement trois valises d’argent liquide à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy dans les mois précédant l’élection présidentielle dont le dernier cité sortira vainqueur. Ces propos constituent le dernier rebondissement d’une des affaires judiciaires affectant directement l’ancien chef de l’état et ses financement occultes de campagne. Takieddine, proche de l’ex-chef des services secrets libyen Abdallah Senoussi - qui aurait lui aussi avoué avoir participé au transfert de 5 millions d’euros en liquide au profit de Nicolas Sarkozy dans une audition transmise par la Cour pénale internationale – avait déjà été à l’origine de l’ouverture de l’enquête sur cette affaire. En 2011, il a en effet déclaré qu’il considérait comme « tout à fait crédibles » les accusations de la presse concernant un financement libyen à hauteur de 50 millions d’euros de la campagne de Nicolas Sarkozy.
Les dernières révélations plus explicites de Ziad Takieddine n’ont pas lieu à un moment inopportun. A moins d’une semaine du premier tour de la primaire de la droite et du centre, elles replacent Nicolas Sarkozy dans l’ombre de la justice et rappellent à ceux qui l’auraient oublié qu’il n’est encore à l’abri de rien sur ce plan-là, même s’il répète tous azimuts le contraire. Toutefois, au-delà des déclarations de l’intermédiaire franco-libanais, la justice peine toujours à rassembler de vraies preuves accusant personnellement celui qui brigue à nouveau la présidence de la République française.


L’annonce
MACRON SE LANCE
Le secret de polichinelle n’en est plus un. L’ex-ministre de l’économie du gouvernement de François Hollande Emmanuel Macron a annoncé mercredi matin à la CFA de Bobigny en Seine-Saint-Denis qu’il se présentait à la prochaine élection présidentielle. Le tout sans passer par la primaire de la gauche. Jouant sur la carte de la jeunesse et d’un positionnement anti-système qu ferait sa force, le plus dur commence maintenant pour l’ancien proche du philosophe Paul Ricoeur. La légitimité d’Emmanuel Macron vis-à-vis des électeurs reste encore à prouver, et sa place sur l’échiquier politique (à droite de la gauche ? à gauche de la droite ? au centre ?) n’est pas évidente à définir. Dans son aventure, il doit en plus faire face à de nombreux adversaires, entre le futur candidat de la droite annoncé comme favori dans un éventuel second tour face à Marine Le Pen et le futur vainqueur de la primaire de la gauche, qui bénéficierait sans nul doute d’un bagage de votants bien plus important que celui de l’ex-banquier de Rotschild. Macron, candidat symbole, avec son mouvement En marche, d’un entre-deux politique et d’une redéfinition des partis traditionnels, pourra-t-il tenir la distance si Alain Juppé ou bien Manuel Valls, deux figures dont les idées se rapprochent des siennes, se retrouvent sur sa route vers la présidence ? Partant de très loin, l’homme de 38 ans y croit dur comme fer, mais c’est loin d’être le cas de tout le monde.

La phrase
JUPPÉ ET LE PRISUNIC
Alain Juppé aurait sûrement voulu s’éviter ça. Tandis que Nicolas Sarkozy et François Fillon se rapprochent dangereusement dans les derniers sondages de la primaire de la droite et du centre, le maire de Bordeaux a, à la manière de Copé et du prix des pains au chocolat, évoqué une enseigne disparue, le Prisunic, dans une remarque à propos du revenu universel le dimanche 13 novembre sur France 3. S’en sont suivies les habituelles saillies des internautes, reprochant entre autres au candidat de vivre dans le passé et d’être déconnecté de la réalité. Expression en vogue jusqu’à la disparition de l’enseigne en question en 2002, « la vendeuse du Prisunic » citée par Alain Juppé représente un modèle de profession prolétaire, par essence défavorisée. La comparaison de l’ex-Premier ministre porte ainsi du sens, mais ne parle pas à ce que l’on pourrait qualifier de « génération Monoprix », soit les jeunes nés à la fin des années 1990 et qui commencent à peine à voter. Alain Juppé a préféré rire de sa mésaventure, déclarant sur RTL que cela « disqualifiait [sa] candidature pour l’élection présidentielle ».

Par Paul Idczak et Léo Sanmarty

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