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La démocratie doit se battre !

               Quand la Nation est frappée en plein cœur, le temps est au recueillement. La période du deuil précède celle du débat. Pourtant l’actualité tragique bouscule les conventions, la France meurtrie est rentrée dans une période de deuil permanent.  Les bulletins d’informations se succèdent, chaque jour apportant son lot d’horreurs et de surenchère dans la barbarie. D’abord Charlie Hebdo, la prise d’otage de l’Hyper Cacher, la décapitation d’un père de famille responsable du site de production d’une usine industrielle, l’attaque du Thalys puis le Bataclan. Le meurtre de deux policiers à Magnanville sous les yeux de leur enfant de 3 ans. L’attentat de Nice et aujourd’hui la prise d’otage dans une église pendant la messe où un prêtre se fait égorger pendant qu’il officiait. Attendre la fin du deuil est vain, la France est condamnée au deuil perpétuel. Le temps des discours est révolu,  les Français sont en droit d’obtenir des réponses et des comptes de leurs dirigeants.

       Depuis trop longtemps, le gouvernent fait preuve de faiblesse coupable. Touché militairement par les frappes de la coalition, L'Etat islamique reste viable économiquement.  Aujourd’hui, le pétrole coule encore depuis Mossoul et Daech continue d’exporter l’or noir vers la Turquie en transit pour l’Europe.  C’estun mensonge que d’affirmer que la totalité des moyens sont déployés pour en venir à bout. La guerre contre Daech doit être totale, y compris financière.

 Certes, les experts s'accordent pour dire que la menace la plus imminente vient de l'intérieur. Pourtant la politique pénale et judiciaire est tout autant révoltante. Nombre de ses attaques ont été commises par des individus fichés, déjà connus des services de police. On apprend encore aujourd’hui que les deux preneurs d’otages étaient fichés S. L’un d’entre eux a été arrêté à la frontière syrienne, placé sous bracelet électronique et remis en liberté dans l’attente d’un procès. Comment ne pas céder à la colère devant cette réalité ?

C'est le débat sur la sécurité des Français qui est sacrifié à l'idéologie aveugle

    L’état d’urgence qui fait pourtant beaucoup de bruit reste à l'état d'ébauche. Les manifestations et rassemblements ne sont pas limités, les fichés S ne sont pas davantage contrôlés... A-t-on noté une quelconque différence entre aujourd’hui et l’été dernier ? Pourtant, les critiques fusent : « l’état d’urgence met en danger la République et l’état de droit », s’étrangle une partie de la classe politique. Le spectre de la guerre civile est systématiquement brandi pour justifier l’inertie et couvrir sa propre lâcheté politique. Si l’opposition ose faire remarquer que les moyens pour lutter contre le djihadisme ne sont peut-être pas tous utilisés, cela revient à briser l’omerta : « infâme », « nausée », « indigne », « démocratie en péril », chacun y va de son adjectif. Pourtant c’est le débat sur la sécurité des Français qui est sacrifiée sur l’autel de l’idéologie aveugle. Qui peut croire que déchoir un terroriste de sa nationalité, expulser les étrangers radicalisés, créer des centres de rétention pour les individus endoctrinés soient dangereux pour la démocratie ? L’état de droit passe aussi par l’application des peines, La démocratie ne doit pas devenir le souffre-douleur de la barbarie ! Il est temps de relever la tête et de se dôter de l'arsenal juridique et pénal nécessaire pour faire face à ce fléau. Chaque semaine, ce sont bien des vies qui sont gâchées, celles d’innocents, d’enfants et des familles sont brisées et endeuillées.

    Enfin, l’indignité se tient également au côté d’une partie de la classe médiatique. Ainsi, c’est un spectacle à la fois abject et désolant que nous ont offert les journalistes de France 2venus filmer les proches des victimes de l’attentat de Nice devant leurs cadavres ensanglantés sur la promenade des Anglais. Ces journalistes y ont perdu à la fois le cœur et la raison. En allumant une chaine d’information, on découvre avec sidération que l’essentiel du débat ne tourne non pas autour du plan de lutte contre le terrorisme mais autour de l'aspect politicien de l'affaire ou encore de la pertinence d’employer le terme de « guerre » pour désigner ces attentats. Polémiquer sur la sémantique plutôt que s’interroger sur l’action à mettre en œuvre, voilà ce qui pourrait être qualifié d’ « indigne ». De même, n’y a-t-il pas d’autres urgences que de se demander si la stratégie de François Hollande se posant comme « défenseur de l’état de droit » sera payante pour 2017 ? Un tel cynisme est simplement effrayant.

      Devant la menace terroriste, la société doit rester unie, faire bloc. Cette formule revient en boucle dans la bouche du gouvernement. Mais personne ne la conteste.  On ne peut toutefois pas se contenter de faire la guerre au terrorisme à coups d’indignations, d’appels à l’unité, de hashtags sur les réseaux sociaux et de marches pour la paix en attendant le prochaine attentat. La société française attend une réponse forte et ferme, réclame des mesures contre un ennemi dont il ne faut pas cacher le nom : le djihadisme et l’islam radical. Les tentatives pour prévenir les amalgames sont louables mais ne doivent ni aveugler, ni porter atteinte à l’efficacité des actions menées. De même, si le risque zéro n’existe pas, de nouvelles propositions pour empêcher ces tragédies de se répéter ne peuvent pas être systématiquement taxées d’atteinte à l’unité nationale portée par la « droite rance et autoritaire». Sans quoi le débat est mort et le pays sombre dans le fatalisme. La France doit réagir rapidement par l’intermédiaire de ses dirigeants, sous peine de voir encore ses enfants massacrés.

Lecture politique : comment s’y remettre facilement ?

L'envie d'y croire