On a rencontré une élue UKIP

Alors que les britanniques ont choisi le vote Leave, la petite ville de Slough située au Sud de l'Angleterre apparaît comme un miroir de ce pays qui, en l'espace d'une nuit, commence à basculer vers une sortie de l'UE. Bastion de la gauche depuis près de 20 ans, Slough compte pourtant parmi ses conseillers municipaux un membre du UKIP, Diana Coad, fervente supportrice du Brexit, qui nous accorde un entretien alors que les votes étaient en train d'être décomptés dans la nuit.

Mme Coad, vous êtes membre du UK Independance Party (UKIP), pourriez vous nous rappeler votre parcours politique et nous donner votre position sur ce référendum ? Diana Coad - Tout à fait, mon nom est Diana Coad, je suis conseillère municipale à Slough, j'ai été plusieurs fois candidate au Parlement et membre du parti Conservateur pendant plusieurs années. J'ai quitté le parti conservateur pour rejoindre le UKIP en raison de sa position sur l'UE et à cause de l’attitude du premier ministre qui a menti en 2010 puisqu’il avait dit qu'il organiserait un référendum sans finalement le mettre en place. Je pense que le seul parti qui défend les droits de tous les citoyens anglais, quelles que soient leur couleur, leur origine et leur foi, est le UKIP.

Pourriez-vous nous expliquer ce que le UKIP souhaite et le positionnement de Nigel Farage au sein du mouvement "Vote Leave" ?

Diana Coad - Eh bien je suis très fier de Nigel Farage car sans lui et le UKIP, ce pays n'aurait pas pu obtenir un référendum. Sans lui, tout ça n'aurait pas été possible, et c'est la première chose que je mettrai en avant. D'autre part, un certain nombre de personnes nous calomnient en nous traitant de parti raciste et, ce, afin d'essayer de nous détruire. Or le UKIP n'est raciste en aucune façon ; il n'est pas raciste de dire qu'il y a deux types de personnes dans ce pays. Si vous avez une voiture qui peut prendre cinq personnes et que vous essayez d'en mettre 20, cela ne marchera pas et c'est ce qui se passe dans ce pays. Par ailleurs, en tant que conseillère municipale, je rencontre des gens qui attendent depuis 20-30 ans une place en HLM. Or je n'ai rien pu leur obtenir, alors que des gens d'Europe de l'Est ou de Somalie via les Pays-Bas sont eux immédiatement logés. Autres sujets alarmants : nous manquons actuellement d’environ 10 000 places dans  nos écoles ; les gens ne peuvent pas se rendre facilement chez leur médecin, ni aller à l'hôpital, ils sont obligés d'attendre des années!... Me retrouvant tous les jours face à ce genre de situations, je me demande comment vous pouvez continuer à vouloir faire partie de l'UE avec sa politique de frontières ouvertes qui créé des pressions indescriptibles et qui mettent en danger nos infrastructures…

Si vous deviez nous donner 3 raisons pour comprendre pourquoi le vote Leave pourrait sortir des urnes vainqueur ce soir, quelles seraient-elles?

Diana Coad - Imaginez que nous ne fassions pas partie de l'UE aujourd'hui et qu'on vous demande si oui ou non vous souhaitez rejoindre l'UE en ayant toutes ces informations à votre disposition :  des commissaires européens non élus, des frontières ouvertes, les difficultés extrêmes de notre industrie de la pêche, la PAC, la faible politique de défense, l'impuissance des Institutions dans la lutte contre le terrorisme qui est incontrôlable, précisément en raison de nos frontières ouvertes à tous, est-ce que vous décideriez finalement aujourd'hui de rejoindre l'UE ? Si vous répondez non, pourquoi alors voter pour le Remain ? Je veux vivre dans un pays où les citoyens actuels, quelle que soit leur origine, puissent être considérés en priorité. Nous sommes une petite île et nous avons une population de 68 millions d'habitants ; ce qui fait de nous un petit pays et, à moins que nous quittions l'UE, nous ne serons jamais en mesure de contrôler notre avenir. Par ailleurs, il faut savoir qu’il y a actuellement des restrictions pour les citoyens en provenance du Commonwealth tels que l'Australie ou le Canada alors qu'ils pourraient venir et contribuer à notre culture, à notre façon de vivre, à nos emplois… Or ils ne peuvent même pas venir car ils ne sont pas membres de l'Union Européenne !… Enfin, le problème est que l'économie de l'UE va de plus en plus mal. Quand nous l'avons rejointe, l'UE occupait une bonne place dans l'économie mondiale, mais ce n'est plus le cas à l’heure actuelle et nous devons aujourd'hui nous tourner vers le reste du monde au lieu de rester accrochés à un continent qui est en crise. Regardez ce qui se passe au Portugal ou en Espagne, en Italie ou en Grèce, où près de 50% des jeunes sont au chômage… Regardez la crise de l'euro et comment ces pays sont tenus en laisse… La seule solution c'est de sortir de tout ça.

Pourriez-vous nous donner votre sentiment vis à vis des millions d'européens qui vont suivre avec attention ce référendum et qui espèrent comme vous un jour quitter l'UE? Diana Coad - Vous savez, nous sommes en ce moment en train de compter les votes à Slough, et j'ai ici avec moi deux amis polonais qui souhaitent également que leur pays quitte l'UE. Ils ont vécu sous la dictature de l'URSS et ils ne veulent plus continuer à vivre sous une autre dictature, celle de l'UE. Donc je crois qu'il y a énormément de gens dans beaucoup de pays qui ont espoir en nous et qui soutiennent notre souhait de quitter l'UE parce que cela permettra ensuite à d'autres pays de dire également : - "Assez, stop, nous voulons reprendre notre futur en main, le contrôle de nos frontières, notre politique de défense, notre économie et notre agriculture !..." Je pense que des millions de personnes en Europe prient ce soir comme moi pour que nous sortions de l'UE.

Edouard d'Espalungue

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