Rencontre avec le benjamin des conseils régionaux

Il y a un peu plus de trois mois, Ludovic Perney devenait à 20 ans le plus jeune conseiller régional de France en intégrant l’hémicycle de la région PACA. Grâce à la victoire de la liste de Christian Estrosi après une campagne rude contre le Front National. Des campagnes pourtant il en a connu, engagé en politique depuis l’âge de 14 ans, il a été de toutes les campagnes et son élection n’est que le gage de la confiance de ses aînés.

Une singulière précocité

Le parcours du benjamin de l’hémicycle provençal est celui de quelqu’un qui fasciné par le débat a décidé de pousser la porte d’une permanence UMP pour connaître de l’intérieur l’action politique. Une vocation naîtra de sa première participation à une réunion publique, impatient de découvrir le travail d’élu, il le devient avant sa majorité au sein de son parti en fondant l'UMP lycée dans les Bouches du Rhône. Une initiative qui va faire de lui le benjamin de la liste de Jean Claude Gaudin pour les municipales de 2014. C’était pour lui un honneur d’être à 18 ans en mesure d’entrer à la mairie de Marseille. Il ne sera cependant pas élu à une place près sur la liste du sénateur Bruno Gilles (qui sera lui élu), un premier échec dans une ascension jusqu’ici sans faille.  Mais un mal nécessaire qui lui a permis de comprendre que la politique c'est surtout la confrontation à l’épreuve des urnes.  Et l'élection de Bruno Gilles dans le 4/5ème arrondissement qui fut une bataille rude contre l'ancienne ministre socialiste  va renforcer son envie de s'investir dans le parti. Il sera par la suite nommé à l'unanimité par le bureau politique Responsable des jeunes Républicains des Bouches du Rhône.  Un travail sur le terrain au près des jeunes qui sera récompensé car moins de deux ans après, il  fait son entrée  à la Région PACA.

À la question "ça fait quoi d'être élu à 20 ans ?", il répond très spontanément que c’est une véritable chance de pouvoir participer à la vie politique de sa région, mais surtout un grand honneur qui demande beaucoup d'humilité;  d’autant que le Président Christian Estrosi et le Président délégué Renaud Muselier lui ont confié un rôle clé à la délégation pour la jeunesse. C’est un dossier qu’il connaît bien pour avoir siégé dans le conseil d’administration de son lycée, mais surtout du fait de son jeune âge. L'élection du Président Estrosi a été faite sur un programme qui a érigé la jeunesse comme une priorité, un programme que la majorité à la Région défend en se battant pour l'octroi de bourses au mérite, de transports à 1 euro... Autant de projet que Ludovic a à cœur de défendre.

Politique, mais pas que !

Étudiant en troisième année de licence de droit, son quotidien est rythmé par des allers retour entre la région et les cours : deux mondes très différents.

"La politique n’est pas un métier. Pour ne pas être dépendant financièrement de la politique, pour garder les pieds dans la réalité et comprendre le quotidien des français, il faut avoir un métier, c’est pourquoi je continue mes études de droit".

Un réalisme certain qui semble être celui d’un jeune issu d’une génération pas vraiment intéressée par la politique.

De nouvelles pratiques nécessaires

Au désintérêt d’une partie de la jeunesse pour la politique, Ludovic réagit en rupture avec un système qu’il qualifie de « dépassé », et qui est en train de changer : il n'a pas la prétention d'incarner le changement mais veut faire de la politique autrement, il n'est pas un héritier de la politique. Il s’est investi, il a milité pour ses idées et le voilà élu au côté de grands hommes politiques qui lui ont servi d'exemple. Le choc des résultats du premier tour des régionales avec le FN en tête lui a rappelé combien il avait envie de se battre pour sa région. Une bataille qu'il mène  de l’intérieur  car il entend changer les choses en étant un acteur et non un spectateur.  Pour contrer cette méfiance des électeurs vis à vis des hommes politiques, il pense qu'il faut trouver une autre manière de faire de la politique et que si elles se passent dans l’apaisement les primaires sont une véritable chance pour son camp de dialoguer avec les français, et de faire naître des débats intéressant pour la vie démocratique. Il ne donnera pas son positionnement pour les primaires, préférant un discours d’unité de sa famille politique derrière Nicolas Sarkozy qui est l’actuel leader du parti jusqu’à ce que les sympathisants désignent un candidat.

Son avenir, il l’imagine en politique évidemment pour faire avancer sa ville, et sa région, mais également dans le soutien de l’engagement des jeunes.  Il pense que l’engagement est la véritable clef de voûte qui permettra aux jeunes de s’intéresser à la politique. En clair si le Politique ne séduit plus, c’est par l’action politique que celui-ci séduira à nouveau. C’est pourquoi au-delà des activités militantes classiques tel que le tractage, la participation aux meetings etc., les jeunes de son parti, en tout cas en PACA, sont une véritable force de proposition. Son statut d’élu lui donne encore plus de force pour continuer  de défendre les intérêts qu'il a toujours défendu avec les jeunes engagés dans l’action politique, dans l’action pour la société.  Grâce à l’aide d’élus comme Bruno Gilles (Sénateur Maire du 4/5ème arrondissement à Marseille et Président de la fédération des LR) et Martine Vassal (Présidente du département des Bouches du Rhône et Secrétaire départementale des LR ) sont organisées des conférences pour mettre en contact les jeunes encartés ou non dans le parti, et des personnalités politiques ou de la société civile.

Bien que l’action politique de ce jeune élu reste dans le cadre d’un parti politique, il est un exemple qui peut redonner aux jeunes l’envie de politique et de s'engager dans ce milieu.

Clara Michielini

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