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Remaniement ministériel: le changement est-il maintenant ?

Le remaniement ministériel a eu lieu ! Une surprise ? Non. Depuis le départ de Christiane Taubira du ministère de la justice le 27 janvier 2016 et son remplacement par Jean-Jacques Urvoas, on pouvait penser que le remaniement était dans les cartons de François Hollande et de Manuel Valls, remaniement accéléré par la volonté de départ de Laurent Fabius qui a quitté le ministère des affaires étrangères pour le Conseil Constitutionnel. Mais, au fond, que révèle ce remaniement sur le pouvoir exécutif ?

Le retour

Tout d’abord, la parité est retrouvée, alors qu’elle n’était plus respectée avec la nomination de Jean-Jacques Urvoas comme Garde des Sceaux. Mais ce changement est mineur.

Écologiste mais pas trop

En effet le remaniement est surtout marqué par le retour des écologistes au gouvernement. Il s’agit d’Emmanuelle Cosse qui devient ministre du logement et de l’habitat durable, de Jean-Vincent Placé qui obtient le secrétariat d’Etat chargé de la réforme de l’Etat et de la simplification et de Barbara Pompili nommée en tant que secrétaire d’Etat chargée des relations internationales sur le climat et de la biodiversité. Perspective présidentielle ? A n’en point douter, l’exécutif souhaite se remarier avec les écologistes depuis leur départ du gouvernement en mars 2014 afin d’obtenir une coalition rose-verte en vue de l’élection présidentielle. Cette tentative va-t-elle fonctionner correctement ? Il est très difficile d’y répondre. Tout d’abord parce que dire ce que seront les actions envisagées par Europe-Ecologie-Les-Verts ne peut relever que de suppositions. Mais surtout, il faut relativiser ce nouveau rapprochement. En effet Jean-Vincent Placé a quitté EELV il y a peu et a crée le parti Ecologistes !, un parti de centre-gauche, tandis que Barbara Pompili a aussi quitté EELV, gardant cependant la coprésidence du groupe écologiste à l’Assemblée Nationale. Mais ce qui est à commenter, c’est surtout la division interne d’EELV. En effet Emmanuelle Cosse a abandonné son poste de secrétaire nationale d’EELV le jour de sa nomination en tant que ministre. La principale raison est que son parti avait annoncé dans un communiqué mercredi soir que ceux qui rejoindraient les rangs du gouvernement le feraient à titre individuel, le parti ne souhaitant pas s’allier à François Hollande et Manuel Valls (pour l’instant). Emmanuelle Cosse a d’ailleurs signalé dans un communiqué qu’elle se mettait « en retrait » d’EELV. Ce n'est ainsi pas la même frange du parti que celle qui a démissionné du gouvernement, représentée par Cécile Duflot. Il s’agit donc d’une tentative d’union de la part de l’exécutif, mais qui reste incertaine dans ses résultats. A venir…

Au revoir, welcome back

Au revoir. Ces mots n’ont pas été uniquement prononcés par Valéry Giscard d’Estaing, ils sont aussi sortis de la bouche de Manuel Valls s’adressant à Fleur Pellerin, partie contre l'avis du Premier Ministre, et de Sylvia Pinel et Marylise Lebranchu, car elles rejoignent des exécutifs régionaux. Et surtout, le retour de Jean-Marc Ayrault, remplaçant ainsi Laurent Fabius, est extrêmement commenté. Fidèle à François Hollande, ce dernier a sûrement voulu bénéficier de l’expérience d’un nouveau ministre des affaires étrangères qu’il savait à sa botte, plutôt que de nommer Ségolène Royal, qui aurait également convoité le Quai d'Orsay. Cette dernière récupère tout de même la priorité en ce qui concerne les négociations internationales sur le climat.

La petite polémique qui monte

La petite polémique qui monte, qui monte… Visiblement, la disparition du secrétariat d’Etat aux droits des femmes crée quelques remous, ce dernier ayant été ajouté au portefeuille de Laurence Rossignol, ex-ministre de la famille et de l’enfance, qui devient ministre de la famille, de l’enfance, et des droits des femmes. La cause de la polémique ? Le rattachement idéologique des droits des femmes à la famille et à l’enfance, opérant dès lors, pour certains, une réduction de la femme à son rôle de mère et d’épouse.

Stabilité, toujours

Stabilité, quand tu nous tiens ! Même si parfois leurs portefeuilles ministériels ont été (légèrement) modifiés, l’essentiel de ce nouveau gouvernement était déjà présent lors du précédent, et souvent aux mêmes postes, notamment-clés. Les ‘’trois grandes priorités’’ de ce gouvernement, évoquées par le président lui-même, à savoir la sécurité, l’emploi et l’écologie, seront ainsi gérées essentiellement par les mêmes ministres que lors du précédent gouvernement. Ségolène Royal garde ainsi son poste, de même que Jean-Yves Le Drian, Myriam El Khomri, Emmanuel Macron ou Bernard Cazeneuve (entre autres).

En bref

En bref, les multiples changements ont fait passer le nombre de ministres et de secrétaires d’Etat de 32 à 38. En résumant, quatre ministres ont quitté le gouvernement (Sylvia Pinel, Marylise Lebranchu, Laurent Fabius et Fleur Pellerin), remplacés par deux hommes et quatre femmes : Jean-Marc Ayrault (PS), Jean-Michel Baylet (PRG), Emmanuelle Cosse (EELV), Audrey Azoulay (PS), Laurence Rossignol et Annick Girardin (PS). Retrouvez la ribambelle de secrétaires d'État ci dessous grâce au communiqué officiel :

https://twitter.com/Elysee/status/697805228163342336

Le Président et le Premier Ministre auront voulu créer un gouvernement, assurément le dernier avant les élections présidentielles, de rassemblement. Enfin, surtout de renouement, aussi léger fut-il, avec les écologistes. Ce gouvernement prépare les présidentielles, il ne peut être envisagé que dans la perspective de l’élection de 2017. Tout en gardant, essentiellement, la même ligne principale que le précédent, ne serait-ce que par le nombre de ministres et secrétaires d’Etat qui restent à leurs anciens postes (ce n'est pas le secrétaire d'État à "l'égalité réelle" qui obtiendra vraisemblablement une inflexion de la ligne).

D’une manière certaine, comme annoncé lors de l’allocution présidentielle qui a eu lieu le même jour, le gouvernement va garder, à quelques ajustements près, la même matrice de sa politique. Il s’agit donc d’une modification très politicienne, voire d’un coup de communication, mais non d’une inflexion sévère dans ce que sera la politique gouvernementale. Le changement, ce n’est pas tout de suite.

Clément Carron

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