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On a assisté à un meeting de Bruno Le Maire

« Quand je serai prêt ». C’est ce que Bruno Le Maire répond aux médias lorsqu’il lui est demandé si il se portera candidat à la primaire de droite. Aujourd’hui, il n’a jamais été aussi prêt. Jeudi soir, en réunion publique dans le quartier français de South Kensington à Londres, l'ancien ministre s'est affirmé.

Une campagne anticipée

Si Bruno Le Maire n’est pas encore officiellement en campagne, c’est tout comme. D'ailleurs, il adopte même l’humour anglais pour nous faire comprendre ses intentions : « à Londres, les voitures circulent en sens inverse. J’ai manqué de me faire renverser au moins quatre fois aujourd’hui ! C’est la seule bonne raison pour laquelle je ne me présenterais pas. » Pour remédier à ce suspense, qu’il qualifie d’« insoutenable » tout en esquissant un sourire, il consacre l’intégralité de son discours à la présentation de son programme. « Face à l’effondrement économique, social et moral de la France » qu’il déplore, la solution qu’il propose est celle du renouveau, à travers une restauration de l’autorité de l’Etat, une réorganisation du système éducatif, une simplification du code du travail et la levée des blocages qui entravent les prises de décisions, tels que la classe politique elle-même, les syndicats nationaux et l’administration.

Une communication précise

Dans son discours, il se concentre essentiellement sur ses idées et parle peu de lui-même, se forgeant ainsi l’image d’un homme humble et pragmatique. Il parvient tout de même à placer habilement quelques détails pour paraître proche des Français : il est apprécié des agriculteurs, conduit lui-même sa voiture, une Peugeot précise-t-il, et effectue des stages de récupération de points du permis de conduire. A travers ces quelques détails anodins à première vue, Bruno Le Maire se construit l'image d'un Français comme les autres et d'un homme politique différent. Sa tenue est également étudiée. Avant même de débuter son discours, il retire sa veste et retrousse les manches de sa chemise. Une communication calculée au millimètre près.

"Débat d'idées plutôt que querelle de personnes" ?

Fidèle à son maitre-mot « débat d’idées, plutôt que querelle de personnes », Bruno Le Maire ne prononcera pas un mot plus haut que l’autre contre sa famille politique. Les seuls noms qu’il évoque sont celui de François Hollande, « qui, de sa fonction, n’en porte que le nom », et celui de Najat Vallaud-Belkacem, qu'il critique pour son absence de réaction face aux propos tenus par le Président de l’association BarakaCity sur l’émission du Supplément sur Canal +. Parfois, Bruno Le Maire cherche à se détacher de son image de surdiplômé propre sur lui en adoptant le ton de l’humour, qui peut aider à faire passer des messages. « Quand je serai Président, j'aurai besoin de vous ! » déclare-t-il, sourire en coin, aux étudiants présents en fin de meeting, avant de s'éclipser dîner.

C’est cette même rhétorique modérée que l’on retrouve dans la courte interview qu’il a accordée au Carnet Politique. Sobre dans ses réponses et neutre face aux questions qui divisent, il se veut rassembleur et incarne l’image du bon élève.

L'interview

Quel type d’étudiant étiez-vous ?

J’ai toujours aimé étudier. J’étais un étudiant studieux quand je faisais des études littéraires, j’adorais ça. Ensuite, ça s’est un peu dégradé parce que dès que j’ai commencé à étudier à l’ENA, je me suis un peu ennuyé et j’étais donc moins performant.

Pourquoi avoir choisi une carrière politique alors que vous aviez commencé par des études littéraires ?

J’avais envie de m’engager. Je voyais que mon pays n’allait pas bien. Je n’avais pas envie d’avoir un métier à côté de mon pays. Je voulais servir la France.

Quel message pour encourager les jeunes à s’engager en politique ?

Croyez-y. Il faut y croire.

Pour quelle cause êtes vous prêt à vous battre ?

Pour le mérite. Je veux que l'on donne les meilleures places à tous ces gamins qui viennent des milieux défavorisés, qui se battent pour réussir scolairement. Pour moi, c’est vraiment fondamental que ceux qui se donnent le mal de réussir et qui ont vraiment du mérite puissent réussir au sommet.

Pour ou contre la grâce présidentielle ?

Je pense que c’est bien, tout comme dans l’entreprise, qu’il y ait une ultime voie de recours quand il y a injustice.

Taxi ou Uber ?

Je vais vous faire une réponse de Normand : il m’arrive de prendre des Uber, il m’arrive de prendre des taxis.

Achèterez-vous le livre de Nadine Morano ?

Je pense qu’elle me l’enverra, enfin j’espère. Je le lirai sûrement, oui.

Est-il normal d’accueillir des dictateurs en France ?

Je pense qu’il faut les recevoir sans leur accorder autant d’honneur que celui qu’on leur accorde.

Charlotte Monroe

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