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Le Prince

ANALYSE

Il est assez surprenant de commencer un article ou un édito par un titre comme celui ci. Lorsque l’on utilise ce mot, l’imaginaire collectif se réfère immédiatement à Machiavel ou à l’Ancien Régime. Mais ouvrons maintenant notre horizon et revenons à l’origine, à l’étymologie de ce mot qui dérive du mot princeps en latin qui veut dire "le premier".

https://www.youtube.com/watch?v=D87uk0T0FYc

François Hollande est le premier personnage de l’Etat, et comme le veut la tradition il a présenté ses vœux aux français et françaises le 31 décembre 2015. Ces vœux avaient une dimension particulière, due aux évènements qui ont secoué l’hexagone cette année. Ces derniers ont permis à François Hollande d’enfiler son manteau de président c’est à dire de garant, de protecteur de la nation.

Mais le président s’est également illustré cette année sur le terrain diplomatique avec le succès de la conférence sur le climat de Paris et les frappes aériennes au Moyen-Orient ou encore l’accueil des migrants en Europe. Si on analyse son bilan à l’heure actuelle, François Hollande n’a plus rien à envier à Nicolas Sarkozy sur la scène internationale. Mais alors comment les départager en 2017 ? Quel président est nécessaire pour bâtir le futur de la France ? L’emporté nerveux ou bien le sage machiavélique ? Cette cérémonie des vœux de 2015 a permis de comprendre une chose : l’économie est « la mère de toute les réformes ». François Hollande a enfin compris les erreurs de Sarkozy et a décidé d’être le prince, oui le premier, à arrêter de faire de l’idéologie et de commencer a faire de la politique.

https://twitter.com/fhollande/status/682640337416884224

En nommant Emmanuel Macron à Bercy, le président a montré que l’économie n’était pas le monopole de la droite. L’économie ne doit pas être soumise à quelconque idéologie allant du communisme à l’ultra-libéralisme et cela François Hollande l’a compris en menant une politique de « l’offre » qui avec la conjoncture actuelle est nécessaire. Ce virage économique clair est censé et il est surement dû a l’expérience qu’avait menée François Mitterrand durant les premières années de son mandat.

François Mitterrand avait voulu jouer la carte du président de gauche au maximum, au point d’utiliser une politique économique axée sur la demande, ce qui a énormément plu à nos partenaires européens car les français utilisaient ce revenu supplémentaire non pas pour consommer « made in France » mais « made in Monde ».

Nicolas Sarkozy, à son instar, a fait de son mandat une sorte de stop and go économique tout en gardant pour une fois une cohérence, celle du conservatisme des grandes idées du capitalisme. Il voulu développer la grande entreprise en France mais n’a pas vu venir l’économie du digital et n’a pas vraiment œuvré pour les PME-TPE. Le président Sarkozy avait une vision superficielle de l’économie avec une vision arrêtée sur les grands groupes qui ne sont pas les plus grands contributeurs du PIB français.

A son opposé, nous avons un président de gauche qui est passé du stade Gérard Filoche dont le logiciel est arrêté en 1974, au stade Jacques Delors, symbole de la social-démocratie européenne. Social-démocratie dont l’objectif est que les reformes économiques doivent être engagées en fonction d’objectifs macro-économiques et donc bénéficier au plus grand nombre de français. Le triumvirat Hollande-Valls-Macron a donc réussi à ridiculiser l’idéologie des partis qui peuvent simplement s’opposer à une loi car ils la trouvent non conforme à leur idéologie, même si cette dernière semble être bonne et efficace pour le pays. Ainsi, des tabous à gauche comme le travail le dimanche ou encore la flexibilité du marché du travail ont commencé à être abordés. Un choc dans une gauche des lois Aubry ou des accords de Matignon ! Pourtant, le monde évolue et les besoins des entreprises aussi.

Cette dernière allocution présidentielle donne des signes encourageants qui doivent être confirmés rapidement en janvier lors de la conférence de presse avec des objectifs chiffrés, un plan de vol détaillé et un courage politique sans faille. En accentuant cette ligne pro business à destination des créateurs d’emplois c’est à dire les PME-TPE, la France pourra ainsi espérer un redressement à moyen et long terme.

Finalement, François Hollande, avec des élans de Frank Underwood, est en train d’enterrer la dimension idéologique des partis du XXe siècle. Il a insufflé et a confirmé le 31 décembre 2015 un changement de cap important en politique : la politique devient tout doucement une affaire visant a prendre les bonnes mesures au bon moment, qu’importe l’idéologie. Tony Blair disait qu’il n’existe pas de politique économique de droite ou de gauche mais une politique économique qui marche et une autre qui ne marche pas.

https://www.youtube.com/watch?v=S3wCvPt0YGk

En 2017, nous assisterons à un hold up politique. Sommes nous à l’aube d’un discours débarrassé de « political correctness », pour mener une réforme de front à la Underwood ?

Eric Rucklin @EricRucklin

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La politique en 2015, résumée en 3 minutes

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