2016, une année qui s’annonce difficile pour Les Républicains


ANALYSE


Si le centre-droit est apparu comme le grand vainqueur des régionales, l’emportant dans 7 des 13 régions, il s’agit en réalité d’une victoire en trompe l’œil. Avec un François Hollande revigoré et un Front national qui progresse, Les Républicains suffoquent au sein de cette nouvelle réalité tripartite de la politique française.

A moins de 18 mois de l’élection présidentielle, Les Républicains est un parti qui se cherche encore, tendant la main vers le PS, tout en flirtant avec les idées identitaires et anti-européennes chères au Front National. Lors du second tour des régionales, tandis que Nathalie Kosciusko-Morizet suggérait un rassemblement avec la gauche pour affaiblir le parti de Marine Le Pen, le slogan « Immigration, ça suffit ! Hollande, ça suffit ! Bruxelles, ça suffit ! » figurait sur les tracts de campagne de la liste de Laurent Wauquiez, député LR, en Auvergne-Rhône-Alpes.

https://twitter.com/BrunoJulliard/status/675030922299854853

Ce numéro d’équilibriste n’est plus viable aujourd’hui. Ceci, Nicolas Sarkozy l’a bien compris. Ses discours empreints de références aux valeurs traditionnelles d’une « France éternelle » et des thèmes de l’immigration et de l’Europe reflètent clairement la ligne politique qu’il envisage pour le parti. L’éviction de NKM de la direction des Républicains, remplacée par Laurent Wauquiez, ne fait que confirmer le choix d’un virage à droite.

Cette stratégie ne parviendra qu’à fragiliser davantage un parti déjà fragmenté. Paradoxalement, cette tactique renforcera ses opposants, qui se partageront les dépouilles de la droite : les plus humanistes sont déjà tentés par la gauche, tandis que le FN attire les plus populistes et réactionnaires. Délaissé par l’électorat conservateur, abandonné par les plus libéraux, divisé par un bal des égos, coincée entre une gauche qui se rapproche du centre et d’un Front national qui séduit de plus en plus, Les Républicains sont mis à mal.

Tandis que Nicolas Sarkozy peine à unir son parti, François Hollande profite habilement de ce flottement pour se rapprocher du centre. Depuis les attentats à Paris du 13 novembre, nombreux sont les Français qui craignent une montée en flèche du Front national. Face à un centre-droit qui se rapproche dangereusement de l’extrême droite, François Hollande semble être l’ultime rempart contre le populisme dans lequel la France sombre.

En optant pour un virage à droite, Nicolas Sarkozy aurait-il causé la perte de son parti ? La course à la présidence est loin d’être terminée. Pendant les 18 mois restants, François Hollande doit encore conserver son électorat récemment élargi, éliminer les frondeurs et s’unir au parti écologiste, qui s’oppose aux efforts de libéralisation entrepris par Emmanuel Macron. Alors que rien n’est encore gagné pour le candidat du PS, une réorientation de la stratégie du parti Les Républicains est encore possible. Avec une gauche archaïque dont François Hollande peine à s’affranchir et un Front National réactionnaire, le discours d’une France à la fois humaniste et libérale couplée à une Europe forte est peu entendu et pourrait facilement séduire l’électorat du centre et de la droite.

Or, pour l’instant, Nicolas Sarkozy ne semble pas prêt à accepter davantage de multi-latéralisme quant à la décision de la ligne politique du parti.

Un manque de flexibilité qui pourrait bien coûter l'Elysée à la droite en 2017.

Charlotte Monroe @cha_monroe

Arthur Ohanessian, benjamin de la majorité municipale à 23 ans

Le Prince