COP 21 : L'accord de Paris n'est qu'un début

« Le glas des énergies fossiles a été sonné ». C'est ce qu'a assuré Nicolas Hulot au micro de RTL après l'accord de Paris. L'accord, adopté après 13 jours d'âpres négociations entre 195 pays, est le premier texte universel contre le réchauffement climatique. Ambitieux, il n'est pourtant pas parfait, et le chemin est encore long. Les associations et la société civile vont rester mobilisées.

Un accord qui comprend de nombreuses avancées

L'accord de Paris est un progrès. Indéniablement. Après l'échec de Copenhague, en 2009, l'ensemble de la communauté internationale a signé le même texte. L'objectif est clair : le réchauffement doit être contenu « bien en deçà de 2°C » selon l'article 2 de l'accord. Les parties doivent même « s'efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C ».

Le texte prévoit un mécanisme de révision des engagements nationaux. Tous les 5 ans, à partir de 2025 (l'accord sera en vigueur en 2020), les Etats seront obligés de revoir leurs engagements à la hausse. Les promesses actuelles de réduction des gaz à effet de serre ne permettent en effet pas d'atteindre les objectifs fixés.

L'aide aux pays en développement est également renforcée. Les pays riches devront accorder aux pays du Sud la somme de 100 milliards de dollars par an pour les aider à se développer sans énergies fossiles. Ce montant devra être revu à la hausse  « au plus tard en 2025 » a assuré Laurent Fabius.

Enfin, l'accord prévoit un mécanisme de transparence, qui conduira un comité d'experts à vérifier publiquement si les engagements pris par les Etats sont bien suivis d'effets. Une pression de la communauté internationale ou des opinions publiques pourraient conduire les plus réticents à respecter leurs promesses.

https://twitter.com/AFP/status/675770700125335552

Un accord qui a été bien accueilli

L'accord est sans aucun doute un succès pour la diplomatie française. La COP21 a pour mérite d'avoir fait signer un texte aux 195 pays présents, mêmes les plus réticents, comme l'Inde ou les pays du Golfe.

Partout dans le monde, le texte a été salué. Barack Obama a parlé d'un accord "fort" et "ambitieux".

https://twitter.com/BarackObama/status/675744353667702784

Les dirigeants européens ont unanimement célébré le texte, à l'image de David Cameron qui a déclaré que "cet accord sur le changement climatique est significatif".

Du côté des associations, les félicitations ont été plus mesurées, mais l'accord a tout de même été bien accueilli. Greenpeace a ainsi déclaré dans un communiqué que "l'accord sur le climat est un tournant". L'association se félicite que le texte "relègue les énergies fossiles du mauvais côté de l'histoire".

Pourtant rien n'est joué : l'accord n'est qu'un début

« Cet accord n'est pas un aboutissement, c'est un début » a déclaré le Président de la République. Le texte a beau être historique, le chemin est encore long. Les contributions nationales, à savoir les engagements de réduction de gaz à effet de serre pris par les Etats, n'ont aucune valeur contraignante. Seule obligation : chaque pays se doit d'établir une contribution, et de la réviser à la hausse tous les 5 ans.

De plus, dans l'état actuel, les contributions  « conduisent à un réchauffement de 3°C », rappelle un communiqué de l'ONG altermondialiste ATTAC. La première révision obligatoire de ces contributions n'aura lieu qu'en 2025, date jugée trop tardive par de nombreuses ONG. François Hollande a rappelé que « les pays qui veulent aller plus vite » pourront « réactualiser avant 2020 tous leurs engagements ».

Par ailleurs, de nombreuses ONG déplorent que le secteur du transport maritime et aérien ne soit pas concerné par l'accord, alors qu'il représente 8% des gaz à effet de serre. Enfin, certains pays restent extrêmement réticents face à la lutte contre le changement climatique : l'Inde, par exemple, compte toujours doubler sa production de charbon d'ici à 2020 pour continuer à se développer.

Le processus est donc engagé, et les énergies fossiles sont désormais du mauvais côté de l'histoire. Mais rien n'est joué, et la société civile devra peser de tout son poids.

Florian Cazeres

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