Vous avez dit échec pour le Front National ?


ANALYSE


Alors qu’à l’issue du second tour le Front National se retrouve sans aucune région, les médias parlent abondamment à son propos de « défaite ». On omet cependant le fait que ce dernier a atteint dans certaines régions des scores historiques, progressant sensiblement en voix. En PACA par exemple, Marion Maréchal Le Pen récolte près de 170 000 voix de plus qu’au 1er tourPar ailleurs, avec 6 800 000 voix au niveau national, le parti réalise son meilleur score depuis sa création, battant ainsi son record de la présidentielle de 2012, et triplant ainsi le nombre de ses conseillers régionaux. Le Front National gagne plus de 800 000 voix entre les deux tours, consolidant ses positions acquises le 6 décembre.

Il est important de rappeler le contexte de ce second tour. En effet, tous les partis se sont plus ou moins engagés contre le FN et ont appelé à « lui faire barrage ». Le Premier ministre lui-même ne cesse de répéter cette formule depuis plusieurs mois. En Nord Pas de Calais Picardie (NPCD) et en Provence Alpes Côte d’Azur (PACA), les listes socialistes ont même décidé de se retirer au profit des Républicains, endossant ainsi la responsabilité de ne faire élire aucun élu de gauche dans ces deux assemblées régionales. Dans ce contexte, le score du FN n’en est que plus spectaculaire.

De plus, le désistement de deux candidats de gauche et les remerciements adressés par la droite, enlèvent aux uns comme aux autres toute crédibilité. Après s’être combattus pendant des mois, ils ont finalement décidé de faire cause commune contre le FN. Un choix bien difficile à expliquer et qui démontre une fois de plus la pauvreté de leurs programmes politiques.

Après de telles compromissions, comment oser dire à Marine Le Pen que « l’UMPS » est une invention ? Christian Estrosi n’était pas simplement le candidat des « Républicains », de l’UDI, et du MoDem. Il était également au second tour le leader des socialistes, des communistes, des écologistes et autres mouvements de gauche.

Néanmoins, il est vrai que ce scrutin constitue une occasion ratée pour le FN. D’une part, une victoire dans une ou plusieurs régions aurait eu un effet symbolique considérable. D’autre part, ce sont autant de postes qui auraient permis au FN de faire ainsi sa propre « publicité », et par conséquent d’améliorer nettement ses scores en vue des prochaines échéances, si on se base sur le fait que toutes les mairies gérées par le FN, les candidats de ce parti obtiennent bien plus de suffrages qu’en mars 2014.

Au-delà des apparences, les résultats du FN sont donc bien loin de constituer un échec. Entre 2010 et 2015, il passe de 2 000 000 à 6 800 000 voix. Autre élément de comparaison: en mars 2015, le FN avait récolté 4 100 000 suffrages lors des élections départementales. Il gagne donc 2 700 000 de voix en neuf mois seulement. Des chiffres sur lesquels ses adversaires politiques seraient bien inspirés de réfléchir.

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