Pourquoi les régionales sont (quand même) dignes d'intérêt

Les 6 et 13 décembre, on vote pour les régionales. Moins d'un mois après les attentats de Paris, ces élections suscitent pourtant très peu d'enthousiasme. Le taux d'abstention devrait atteindre 54% selon un sondage IFOP pour le JDD.

Pourtant, ce vote ne manque pas d'intérêt. Il est le dernier avant les prochaines élections présidentielles. Les nouvelles régions disposent d'une véritable influence et les équilibres politiques risquent d'être bouleversés.

Vous avez besoin d'une session de rattrapage avant d'aller voter ? Voilà un tour d'horizon des enjeux de ces élections.

Des « super-régions » très influentes

Le « modèle allemand », encore et toujours ! Pour la réforme territoriale, le gouvernement a voulu s'inspirer du modèle des Etats-régions outre-Rhin. L'idée : créer des super-régions à échelle européenne. Au 1er janvier 2016, on passe donc de 22 à 13 régions, qui gagnent en influence et en poids.

Par leur taille, elles deviennent de véritables contrepoids politiques face à l'Etat. Elles acquièrent aussi un rôle économique majeur : les régions sont les seules collectivités qui peuvent désormais accorder des aides directes aux entreprises.

Les régions sont en première ligne pour développer les territoires. Elles sont responsables de l'organisation des transports collectifs, routiers et ferroviaires. Elles disposent d'un grand pouvoir de décision dans le domaine de la formation et du développement durable.

Un scrutin qui marquera l'avénement du tripartisme

A la tête de ces collectivités, un conseil élu pour 6 ans au scrutin proportionnel de liste. Derrière cette expression barbare, un concept simple : pour être qualifiée au second tour, une liste doit recueillir 10% des suffrages exprimés. Au second tour, celle qui a le plus de voix obtient directement 25% des sièges.

Le reste des sièges est réparti entre les autres listes de façon proportionnelle. Ce système permet de dégager une majorité confortable pour la liste qui l'emporte. Il représente aussi de façon plus fidèle la diversité du corps électoral.

Mais il entérine la fin du bipartisme. Pour une formation comme le Front National, le score de 10% est très facile à atteindre. Les sondages prévoient d'ailleurs que le parti d'extrême droite sera présent au second tour dans la plupart des régions.

Des élections déterminantes, à valeur de test pour les présidentielles

Pour le FN, ces élections sont une aubaine. Le parti est en tête des intentions de vote du premier tour dans 6 régions, selon un sondage IPSOS/Le Monde. Dans le Nord, Marine Le Pen est donnée gagnante à 40% des voix au second tour. En région PACA, sa nièce, Marion Maréchal Le Pen, est également favorite.

MMLePen-010912
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Côté PS, il faut sauver les meubles. Tout est bon pour limiter la casse. Quitte à laisser Jean Yves Le Drian, un des seuls ministres populaire du gouvernement, cumuler son mandat avec une candidature en Bretagne. Le Parti Socialiste risque de perdre la majorité de ses régions. Il a très peu profité du regain de popularité du chef de l'Etat après les attentats de Paris.

Face à la montée du FN, la question du font républicain se pose. Selon un sondage Elabe/Bfmtv, la majorité des sympathisants de gauche approuveraient le retrait d'un candidat socialiste en cas de triangulaire avec le Front National. Du côté de LR, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il refuserait tout retrait de liste.

Pour le président des Républicains, ce vote est l'occasion de lancer une dynamique pour sa reconquête du pouvoir. Il rêve d'une vague bleu, mais risque de boire la tasse face à l'abstention. C'est vraiment elle qui restera, sans doute, le premier parti de France

Florian Cazeres

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