5 questions pour comprendre la COP 21

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, 195 Etats et l'Union Européenne vont être mobilisés pour négocier un accord mondial sur le climat lors de la COP 21. Bien que la société civile soit encouragée à prendre part à cet événement, son enjeu est peu ou mal compris. Ainsi, plus de la moitié des français déclare ne pas savoir ce qu’est la COP 21 selon un sondage Odexa publié en septembre dernier. Le Carnet Politique vous propose de comprendre la COP 21 en 5 questions

1) Que signifie le sigle COP21 ?

COP signifie la Conférences Des Parties (Conference Of the Parties) qui a lieu tous les ans depuis la signature de la Convention Cadre des Nation Unies en 1992 lors du Sommet de Rio. Les COP ont pour objet de veiller à l’avancée des engagements définis lors de cette dernière. La COP21 est donc la 21ème conférence des pays signataires de la Convention Climat  succédant à la COP20 en 2014 à Lima. Elle a ainsi lieue dans la banlieue parisienne, au Bourget et réunira plus de 40 000  participants.

2) Pourquoi la conférence de Paris semble si importante comparée aux autres ?

La COP21 a pour ambition de faire suite au protocole de Kyoto ayant été signé en 1997 lors de la COP3 au Japon. Le protocole de Kyoto prévoyait de réduire de 5% les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990 entre 2008 et 2012. Entré en application en 2005, l’accord a expiré en 2012 demandant la négociation d’une nouvelle version. La COP 15 en 2009 à Copenhague avait déjà pour objectif de réaliser ce nouvel accord mondial mais a échoué à trouver un consensus entre les parties. La COP21 est donc souvent présentée comme la conférence de la dernière chance pour agir à temps  contre le changement climatique.

3) Quel sont les enjeux de ces négociations ?

L’enjeu principal de cette conférence est de maintenir  d'ici 2100 l’augmentation de la température en deçà des2 degrés par rapport à l’âge préindustriel . Cela signifie selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) que nos économies atteignent la neutralité carbonique d’ici la fin du siècle soit 0% d’émission de GES.  

Pour cela, contrairement au protocole de Kyoto, le potentiel accord de Paris devra intégrer à l'effort l’ensemble des Etats et non pas uniquement les pays développés. Les 196 parties devront se mettre d’accord sur une trajectoire commune de décarbonisation de l'activité économique bien que leur situation soit très différente entre elles selon leur niveau de développement. A cette fin, un mécanisme de financement compensatoire de 100 milliards de dollars est prévu à l’intention les pays en voie de développement (PED).

D’autre part, la croissance économique de certains pays du Sud a changé la structure des émissions de gaz à effet de serre par pays. La Chine, qui pour l’instant n’a jamais été contrainte à réduire ces émissions du fait de sa situation de PED en 1990, est en 2015 la première puissance économique mondiale ainsi que le premier émetteur de GES.

Enfin, il est primordial que les Etats-Unisqui n'avaient pas ratifié le protocole de Kyoto, signe et ratifie le potentiel accord de Paris. Le pays est responsable de plus de12,6% des émissions de GES dans le monde, se plaçant juste après la Chine. Il faudra donc rediscuter l’aspect contraignant de l’accorddéfendu notamment par le Président français François Hollande mais radicalement rejeté par John Kerry, le secrétaire d'Etat américain.

4) Pourquoiveut-on limiter l’augmentation de la température terrestre à 2 degrés et non pas à 1 ou 3 degrés?

Cette limitation précise a été affirmée par les Etats lors de la Conférence de Copenhague en 2009. Elle fait suite à un rapport du GIEC montrant qu’au-delà des 2 degrés, l’augmentation terrestre entraînerait un changement majeur des conditions de vie sur la terre notamment du point de vue de le l'habitat et de la sécurité alimentaire.

Mais déjà, atteindre cette limite critique signifierait que  plusieurs îles et villes côtières seront menacées par la montée des eaux, que  les catastrophes climatiques majeures viendront à se multiplier entraînant des migrations massives, et que la biodiversité sera affectée de plus de 30%. C'est pour cela que certaines ONG et centres de recherche défendent un objectif plutôtà 1,5 degrés d'ici 2100 par rapport à 1880.

Cela étant dit, le 30 octobre dernier, les Nations Unis annonçaient que les engagements pris par les Etats pour réduire leurs émissions en vue de la COP 21 étaient encore insuffisants et mèneraient à une augmentation de la température d’au moins 3 degrés d’ici la fin du siècle.

5) Quels sont les solutions envisagées et les réponses attendues lors de la COP21 ?

Bien qu’il soit peu probable que les engagements pris en 2015 suffisent à limiter le réchauffement climatique en-dessous de la barre des 2 degrés, il est impératif d’aller dans la bonne direction. Il faut trouver un accord à Paris qui soit signer et ratifier par l’ensemble des Etats avec un mécanisme de révision régulier permettant de revoir les objectifs à la hausse à la fin de chaque période.

Plusieurs terrains sont envisagés pour réduire les émission de GES dont le développement des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les technologies de décarbonisation de l'atmosphère, la protection et refondation du patrimoine forestier mondial.

L’ensemble des acteurs publics et privés  seront concernés par cet accord attendu le 11 décembre prochain  et devant entrer en application à l’horizon 2020.

Sandrine Elmi @sandrine_elmi

La dette, notre épée de Damoclès ?

La jeunesse au cœur de l'hommage national