La jeunesse au cœur de l'hommage national

OPINION

La France, ce matin, avait le cœur lourd. De chagrin, de recueillement, d'une incompréhension intacte. Oui, la vie a (un peu) repris. Mais au fond, le traumatisme est toujours présent.

Le discours de François Hollande à l'occasion de l'hommage national était remarquable.

Pour une raison, en particulier : c'est un formidable appel à la jeunesse qu'a lancé le Président de la République.

La plus importante des phrases de son court discours, à l’occasion de l’hommage national, était aussi celle qui le concluait  :

Malgré les larmes, cette génération est aujourd'hui devenue le visage de la France.

Une phrase qui résonne dans la cour des Invalides, comme en écho aux mots de Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon : "ce jour-là, elle (la jeunesse) était le visage de la France".

Cette génération, c'est tout simplement la nôtre.

https://www.youtube.com/watch?v=lqTtAsiiCFc

Face à l'histoire

La campagne de François Hollande, en 2012, était tournée vers la jeunesse. Ce quinquennat devait être celui de la jeunesse. Pourtant, c'est elle qui est aujourd'hui "frappée en son cœur"

Par son discours sobre et fort, François Hollande a su retrouver le fil de l'histoire qu'il voulait écrire avec la jeunesse de France, jeunesse qui est au cœur de son message:

"Je salue cette génération nouvelle. Elle a été frappée, elle n’est pas effrayée, elle est lucide et entreprenante, à l’image des innocents dont nous portons le deuil. Elle saura, j’en suis convaincu, faire preuve de grandeur. Elle vivra, elle vivra pleinement, au nom des morts que nous pleurons aujourd’hui.

Malgré les larmes, cette génération est aujourd’hui devenue le visage de la France."

François Hollande a trouvé les mots justes. Son intervention au soir des attentats résonnait de façon bouleversante par sa sincérité et sa puissance. Le message personnel de ce matin, écrit par le Président lui-même, était de la même teneur. Le message d'un homme laissé à la solitude du pouvoir, comme en témoignait la triste chaise isolée derrrière laquelle se dressait la tribune remplie de personnalités politiques et des familles des victimes.

https://twitter.com/hugoclement/status/670174769589977088

Il n'a pas la prétention d'être l'homme providentiel dont l'inconscient français rêve encore. François Hollande apparaît simplement comme un homme normal, de son temps, confronté à l'histoire et au poids qu'elle fait porter sur ses épaules.

Ode à la jeunesse

Ce matin, nous avons reçu d'un Président confiant et bienveillant la mission d'inventer l'avenir :

"Je vais vous dire ma confiance dans la génération qui vient. Avant elle, d’autres générations ont connu, à la fleur de l‘âge, des évènements tragiques qui ont forgé leur identité. L’attaque du 13 novembre restera dans la mémoire de la jeunesse d’aujourd’hui comme une initiation terrible à la dureté du monde, mais aussi comme une invitation à l’affronter en inventant un nouvel engagement. Je sais que cette génération tiendra solidement le flambeau que nous lui transmettons."

Il y a des raisons d'être confiant.

Notre génération, bien consciente des dangers d'un nationalisme exacerbé, se tourne vers les symboles qui nous unissent. La Marseillaise a déferlé dans les universités. Le drapeau français s'est retrouvé à certaines de nos fenêtres. Les hommages aux victimes et notre attachement à nos valeurs défilaient sur les fils d'actualité de nos réseaux sociaux.

Nous voulons un patriotisme bienveillant, créant du lien et représentant ce que nous sommes, et non un nationalisme excluant. Nous saurons l'inventer et le défendre.

Aujourd’hui, le message pour chacun de nous, jeunes de la nouvelle génération, est réaliste, responsabilisant, lourd de sens, mais plein d'espoir. 

Certes, ce ne sont là que des mots. On pourrait le voir comme l'apanage de la communication dérisoire d'un politique parmi tant d'autres, l'analyser comme une annonce de candidature pour 2017, affirmer que ce prétendu amour de la jeunesse doit encore se traduire en actes.

Ce serait manquer l'essentiel.

Le Président, la classe politique, et la France toute entière reviennent enfin à la jeunesse. Et se tourner vers la jeunesse, c’est déjà se tourner vers l’avenir.

François d'Estais @fdestais

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