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Loukian, 18 ans et candidat aux régionales

Loukian, 18 ans et candidat aux régionales

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RENCONTRE


Loukian Jacquet est, en Mayenne, sur la liste socialiste pour les élections régionales de décembre. À 18 ans, il est le plus jeune candidat de France en position éligible pour ce scrutin.

Une tenue dénote au premier rang. Ni cravate, ni chemise. Un simple t-shirt noir rayé de bleu sur lequel un pin's rouge est accroché au niveau du cœur. Son look et son image lui importent peu. Preuve en est sa barbe de trois jours, encore discrète. À seulement dix-huit ans, Loukian Jacquet est candidat aux élections régionales dans les Pays-de-la-Loire. En troisième position sur la liste du Parti socialiste en Mayenne, il est le plus jeune candidat de France en position éligible pour ce scrutin. « Ça ne me surprend pas du tout », lâche Claude Piou, son ancien professeur de mathématiques en troisième et ex-responsable départemental du Parti de gauche. « Il venait régulièrement au local parler politique, sourit-il. Ses parents habitaient juste à côté. »

Christophe Clergeau, tête de liste PS régionale, Loukian Jacquet, plus jeune candidat de France, et Jean-Pierre Le Scornet, tête de liste en Mayenne.

Loukian Jacquet entouré de Christophe Clergeau, tête de liste régionale, et Jean-Pierre Le Scornet, tête de liste en Mayenne.

Pour le Lavallois, la politique et l'engagement public sont une histoire ancienne. À dix ans, il entre au conseil municipal des jeunes. Ouest-France voit déjà en lui « un grand homme politique ». Délégué de classe à maintes reprises, élu au conseil d'administration, il s'investit corps et âmes pour ses pairs. Au collège comme au lycée. Au Conseil académique de la vie lycéenne, il défend avec force le projet polémique de la journée de la jupe. En parallèle, il est chargé de représenter l'académie au sein du Conseil national de la vie lycéenne à Paris. « C'est quelqu'un qui s'est beaucoup impliqué pour les élèves, se souvient Michel Péneau, le proviseur du lycée Ambroise-Paré. Il oubliait par moments qu'il était un élève lui aussi. Il pouvait être agaçant. »

« Il était extasié devant les trains et la gare »

Après s'être illustré en Mayenne en organisant des rassemblements contre l'expulsion des élèves sans papiers, dans la suite de l'affaire Léonarda, il est élu président du Syndicat général des lycéens en décembre 2013. Il le reste jusqu'en septembre 2014, date à laquelle il fait sa rentrée à la faculté de Rennes. Il y suit alors un cursus de géographie et un autre d'administration économique et sociale.

Son avenir, ce passionné du ferroviaire ne le voit qu'à la SNCF« J'ai fait un voyage en train avec lui, se souvient un ami. Il était extasié devant les trains et la gare. Il disait qu'il pouvait rester ici des heures. » Dans la capitale bretonne, militant pour l'Union nationale des étudiants de France (Unef), il est élu à la Commission formation et vie universitaire. Un énième mandat pour celui qui dit vouloir « donner son temps aux autres ».

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« On m'a proposé d'être sur la liste, j'ai répondu sans savoir quelle place j'aurais », se remémore Loukian lorsqu'il évoque sa candidature aux régionales. Non encarté, « car ça coûte trop cher », il se voit proposer la troisième place. Il accepte. Sans sourciller. « Nous ne voulions pas d'un jeune alibi mis en fin de liste », expose Jean-Pierre Le Scornet, tête de liste départementale. Ainsi, le Lavallois propose l'idée d'une carte multimodale. Retenue. Fin octobre, il participe à la tournée TER avec Christophe Clergeau, la tête de liste régionale. Ce dernier confirme : « Troisième, Loukian est sur une position qui est la plus forte possible pour un homme, après la tête de liste, ce n'est pas rien. » « Le PS a fait le choix de la jeunesse en Mayenne. C'est peut-être ce qu'on aurait dû faire », regrette Pierre Cormier, le référent jeunes en Mayenne pour la liste adverse UDI-LR.

Un conseiller régional au cartable d'étudiant

Loukian-syndicaliste était connu. Loukian-politique, moins. Rapidement, son bagou surprend. Le 6 octobre, Christophe Clergeau lance sa campagne au Pont-de-Cé (Maine-et-Loire). Le jeune homme y prend la parole devant plus de mille personnes dont l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault. « Les autres intervenants avaient été briefés avant, rigole-t-il. Moi, personne ne m'avais dit qu'il fallait venir avant ! ». Sans note, « il a fait preuve d'une assurance incroyable », se souvient Jean-Pierre Le Scornet. Il récidive le 12 novembre lors du grand meeting de campagne mayennais à Laval. Claude Piou confirme : « C'était un élève brillant, avec beaucoup d'aisance pour l'oral et un culot incroyable. »

Loukian Jacquet est en troisième position de la liste PS en Mayenne dans le cadre des régionales de 2015.

Son entrée au conseil régional n'a pourtant rien de certaine. Sa place pourrait être la première sacrifiée dans l'entre-deux tours. Notamment si un accord avec Europe-Écologie-Les-Verts aboutit à l'arrivée d'écologistes sur la liste. « Je n'ai pas de souci avec ça, sourit Loukian. J'y suis préparé. » Mais s'il devient conseiller régional, pas question pour autant d'abandonner les études. « Je concilie depuis toujours mes études et mes activités extérieures. » Ni ses rêves à la SNCF. « La politique, ce n'est pas un métier. »

Aubin Laratte @laratteaubin

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