Aujourd’hui nous sommes simplement humains

Irréel.

Vendredi 21h35, une partie des français regarde le match de l’équipe de France, l’autre est attablée dans un restaurant et prend du bon temps, pendant que certains se déhanchent dans une salle de concert, à ce moment personne ne sait, personne n’imagine l’horreur qui va suivre.

Si vous vous étiez couchés à cette heure-là vendredi vous vous seriez réveillés en enfer.

Vous auriez allumé votre téléphone et découvert que 129 de vos concitoyens étaient morts, que votre amie qui était sortie boire un verre rue de Charonne avait été transpercée par les balles d’une kalachnikov, que ce collègue de travail fan de rock avait été abattu froidement au Bataclan, que le jeune homme que vous aviez aperçu dans le métro hier avait explosé lorsqu’un autre avait actionné sa ceinture d’explosif en pleine rue.

Vous auriez compris que ce qu’il s’était joué à Paris en ce  triste vendredi était un crime contre l’humanité. Oui, c’est vous, c’est lui, c’est moi, qu’on a assassiné avant-hier.

Oui ce sont 8 individus qui ont mis à genoux des millions de français.

Non ce n’est pas normal, non ce n’est pas acceptable : c’est pourquoi nous devons nous relever et continuer à vivre comme nous l’avons toujours fait.

Nous sommes attaqués, répliquons avec sévérité. Ils veulent nous voir nous entretuer, ils veulent que le modèle du vivre ensemble meure, ne finissons pas le travail à leur place en s’étripant, en se divisant, en mettant en lumière les discours populistes.

Faisons la guerre avec force, avec courage affrontons ces lâches, mais ne laissons pas le terrain des idées se remplir par leur propagande nauséabonde. Et pour cela il va falloir comprendre que l’on ne combattra pas une idée avec des armes. Si nous ne résolvons pas à entreprendre une réflexion profonde pour éradiquer cette idéologie barbare, alors nous allons devoir nous résoudre à vivre des vendredis comme celui-ci fréquemment.

Je ne m’y résoudrai jamais, on m’a promis qu’en naissant en France je naissais libre, alors je vivrai et mourrai libre pour tous ceux qui se sont battus pour que nous puissions le faire, pour tous ceux qui sont morts sous les balles de l’obscurantisme.

En janvier nous étions Charlie, aujourd’hui nous sommes simplement humains.

Clara Michielini @ClaraMchln

Loukian, 18 ans et candidat aux régionales

Loukian, 18 ans et candidat aux régionales

Message d'une jeunesse endeuillée