Elections départementales : mode d'emploi

Elections départementales : mode d'emploi

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Ce dimanche se déroule le premier tour des élections départementales. Anciennement appelées élections cantonales, elles permettront le renouvellement des conseillers généraux par 4108 conseillers départementaux. N’étant que très peu suivies par les médias traditionnels, les élections départementales méritent pourtant qu’on s’attache à comprendre leur fonctionnement et leurs enjeux. Voici donc un mode d’emploi des élections départementales.

Qui sont les électeurs ?

Les conseillers départementaux étant élus au suffrage universel direct, tout citoyen français âgé de plus de 18 ans jouissant de ses droits civiques et politiques pourra voter lors de ces élections, à condition d’être inscrit sur les listes électorales bien sûr.

Quand ?

Alors qu’auparavant les conseillers généraux étaient renouvelés par moitié tous les 3 ans, les conseils seront cette fois choisis entièrement les 22 et 29 mars pour 6 ans.

Quel est le mode de scrutin adopté ?

Parité
Parité

L’élection se déroule au scrutin majoritaire à deux tours. Cependant, la grande nouveauté de ces élections réside dans le fait que pour la première fois, elles imposent la parité. En effet, les conseils généraux sont aujourd’hui l’instance élue la moins paritaire de France, avec seulement 18% de femmes titulaires d’un siège.

Pour remédier à ça, un nouveau mode de scrutin a été adopté : les électeurs voteront dans chaque canton pour un binôme composé obligatoirement d’un homme et d’une femme. Ainsi, la parité sera imposée. Dans chaque canton, les paires qui réaliseront plus de 12.5% au premier tour se qualifieront pour le second tour.

Qui sont les candidats au poste de conseiller départemental ?

Tout d’abord, trois ministres du gouvernement de Manuel Valls sont candidats : Patrick Kanner (Ville) dans le Nord, André Vallini (réforme territoriale) dans l’Isère et Ségolène Neuville (personnes handicapées) dans les Pyrénées Orientales.

De manière générale, assez peu de personnalités se présentent dans ces élections qui ne bénéficient pas d’un fort rayonnement médiatique. On peut quand même citer Patrick Devedjian (UMP - Hauts de Seine), Christine Boutin (PCD - Yvelines) et le dissident socialiste Jean-Noël Guérini dans les Bouches du Rhône, lui qui brigue sa propre succession.

Selon une étude Harris Interactive, sur l’ensemble des candidats, la moyenne d’âge est de 51 ans (entre 18 et 91 ans). La plupart sont des nouveaux venus : 78% n’ont pas de mandat de conseiller général actuellement. Enfin, les catégories socio-professionnelle les plus représentées sont les cadres et professions libérales (28%) devant les retraités (23%) et les employés (18%), et la proportion de femmes et d’hommes est évidemment identique. Quelles sont la situation et les enjeux ?

Quels enjeux ?

Cette élection verra donc l’élection de 4108 conseillers départementaux. Les enjeux de cette élection sont importants car les conseils généraux sortants sont constitués en forte majorité par des conseillers de gauche (Parti Socialiste - Europe Ecologie Les Verts - Front de Gauche - Parti Communiste).

Or, sur 60 conseils généraux actuellement détenus par la gauche, une vingtaine pourraient basculer à droite. Ainsi, le PS et ses alliés locaux perdraient de nombreux bastions historiques, alors que la droite n’a pas été majoritaire dans les conseils généraux depuis 2004. De même, le score du Front National reste la donnée susceptible de plus intéresser les français. Au coude à coude avec l’UMP-UDI dans les sondages, il apparait clairement que le parti frontiste devrait réaliser une poussée électorale, lui qui n’occupe que 2 sièges de conseillers généraux dans toute la France.

Ces élections verraient ainsi un bouleversement des équilibres partisans, avec une chute libre de la gauche, des socialistes aux communistes, qui pourraient même perdre des départements historiquement très ancrés à gauche comme la Seine Saint Denis, et dans le même temps un raz de marré bleu. Reste à savoir si ce raz de marré sera du bleu de l’UMP ou bleu marine.

Matthieu Pequegnot @Matt_Pgn

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