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Les tontons flingueurs à l'UMP

Les tontons flingueurs à l'UMP

OPINION

Il ne vous a pas échappé que l’UMP traverse ces temps-ci une crise grave et profonde. Son président, Jean-François Copé quitte ses fonctions dimanche prochain, après avoir donné sa démission. Celle-ci fait suite aux accusations de financements frauduleux qui auraient entaché les comptes du parti au cours de la campagne présidentielle de 2012. Pour remplacer leur président déchu, les adhérents de l’UMP sont invités à se réunir lors d’un congrès qui aura lieu en septembre ou en octobre prochain. En attendant ce rendez-vous crucial pour la survie du parti, le bureau politique s’est réuni mardi soir et a confié le cadavre agonisant à une équipe de choc, qui risque de mettre le parti à son service. Alors que c'est elle qui devrait être au service du parti...

TontonsUMP
TontonsUMP

Ils s’appellent Jean-Pierre, Alain et François. Ce sont tout les trois d’anciens premiers ministres et c’est à eux que revient désormais la lourde tâche de redresser ce “bateau ivre” qu’est l’UMP. Pour se faire, ils seront secondés par Luc Chatel. L’ancien ministre endosse le poste de secrétaire général de la direction transitoire. Doté de pouvoirs “opérationnels”, il sera en charge des affaires courantes du parti, et devra rendre des comptes au triumvirat.

Mais, si François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin sont les trois “élus” de cette “direction transitoire”ce n’est pas par hasard :

  • François Fillon, député de Paris, prend sa revanche après son échec à l’élection pour présidence du parti en 2012. Tandis que Jean-François Copé s’est brûlé les ailes à  la tête de l’UMP, Fillon a su habilement contrôler son image auprès de l'opinion publique. Il apparaît aujourd’hui comme un potentiel candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2017.
  • Alain Juppé, quant à lui, bénéficie de très bons scores dans les sondages. Devenu un sage, il semble être la coqueluche des médias et de l’opinion publique. Retranché dans sa forteresse imprenable qu’est la mairie de Bordeaux il veut s’imposer comme la figure de référence de la droite et du centre pour 2017
  • Enfin Jean-Pierre Raffarin, même s’il ne soulève pas les foules, conserve une bonne côte de sympathie auprès des militants. Il ne faut surtout pas oublier qu’il est avec Luc Chatel à la tête de la motion de l’UMP “France moderne et humaniste”. Détail non-négligeable puisque c’est la plus importante motion en nombre de parlementaires.

Ce sont donc trois fortes personnalités qui vont devoir collaborer pour mettre de l’ordre et organiser l’élection d’un président pour le parti  au cours du prochain congrès. C’est alors qu’on peut s’interroger sur la neutralité de cette présidence par intérim quant à l’organisation de cette élection.

Comment ne pas imaginer qu’Alain Juppé ou François Fillon puissent profiter de leur situation afin de modifier les règles du scrutin en leur faveur ? Il n’a échappé à personne que les deux hommes voudraient s’assurer le soutien du parti pour une (éventuelle) candidature à l’élection présidentielle. Ceci n’implique pas forcément leur propre candidature à la présidence de l’UMP. Surtout si le futur président du parti se voit refuser l’accès à la primaire en 2016.

Mais on ne doute pas que les candidats tels que Bruno Le Maire sont déjà courtisés : celui qui remportera cette élection aura un pouvoir non négligeable quant au déroulement de la primaire, voire de son annulation comme l’espèrent certains sarkozystes, à l’image de Brice Hortefeux :

“Une primaire est utile lorsqu'il y a incertitude. Elle devient inutile lorsqu'un choix s'impose naturellement car elle encourage des combats stériles.” (Le Monde)

En ce qui concerne Jean-Pierre Raffarin, son ambition n’est ni à la tête de l’UMP, ni à la tête de la République. En revanche, ce membre emblématique du Sénat n’ignore pas que la chambre qui siège au palais du Luxembourg pourrait basculer à droite après l’été. Or  Raffarin se verrait bien à sa tête. Mais il n’est pas le seul candidat de droite à la présidence de la chambre haute. Ainsi Gérard Larcher, qui occupa le poste de 2008 à 2011, compte lui aussi se présenter. En tant que président du parti par intérim, l’ex-premier ministre est en position de force et il en a pleinement conscience.

C’est donc non sans une certaine dose de scepticisme que l’on peut envisager cette présidence par intérim. Tenir un discours cohérent, réorganiser le parti et préparer le congrès qui se tiendra à la rentrée, voilà la mission des trois “pachas” à la tête de l’UMP. On imagine bien sur que les petits arrangements politiques sont déjà en cours. Nicolas Sarkozy réfléchit de son côté à un retour potentiel. Ils feraient donc bien de le laisser tranquille s’ils ne veulent passer, de tontons flingueurs à tontons flingués.

Nicolas Orliac @OrliacN

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