Yves Jégo : "La République se fragilise"

À quelques jours du premier tour des élections municipales, Yves Jégo, député de Seine-et-Marne et maire de Montereau-Fault-Yonne, a accepté de répondre à nos questions. En l'absence de Jean-Louis Borloo, il est actuellement responsable de l'UDI, l'Union des Démocrates et Indépendants. Les élections municipales, l'abstention, le Front National, le retour de Nicolas Sarkozy, le centre : tous ces thèmes sont abordés dans cet entretien exclusif.

Quels enjeux particuliers les élections municipales de 2014 présentent elles ?

 Ces élections revêtent d’abord un enjeu local, car les conseils municipaux s'occupent avant toute chose de l'intérêt de leur commune. Ce choix est donc essentiel pour la vie quotidienne des citoyens. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a aura aussi un impact politique important dans les plus grandes villes, telles que Paris ou Marseille, qui auront valeur de symboles.

Que dites vous aux électeurs qui veulent s'abstenir ?

S'abstenir, c'est laisser les autres décider à sa place, et laisser courir le risque de voir sa commune mal gérée pendant 5 ans. Aussi, nous devrions regarder ces peuples qui sont prêts à mourir pour la démocratie, et nous interroger sur notre chance de pouvoir choisir nos dirigeants !

Que pensez-vous du climat politique actuel ? Sommes-nous dans un climat comparable à « celui des années 1930 », comme l’affirmait récemment Manuel Valls dans le JDD ?

Il est clair que nous vivons dans un climat politique délétère. Je vois deux raisons à cela. Premièrement, la crise économique, que le gouvernement Ayrault ne parvient pas à éradiquer, engendre une plus grande défiance envers les dirigeants. Deuxièmement, nous vivons actuellement la fin d'une époque, avec un pays qui a du mal à ouvrir le chapitre suivant de son histoire. La République se fragilise. Plus que jamais, tout peut arriver.

Jugez vous dangereux la montée du Front National ?

Oui, le populisme prospère toujours sur le terrain de la crise. Marine le Pen peut arriver au pouvoir. C’est par ailleurs le sujet d’un prochain livre que je suis en train d’écrire, s’intéressant de près à la montée du Front National.

 Êtes vous favorable à un retour au pouvoir de Nicolas Sarkozy ? 

Je suis favorable à une primaire citoyenne, qui pourrait nous permettre de choisir le leader naturel pour l’élection présidentielle. Nous éviterions ainsi le risque de pas être présents au second tour, et nous éviterions aussi un éventuel face-à-face Marine Le Pen / François Hollande.

Le choix du candidat de la droite doit être démocratique, l'époque de l'homme providentiel est sans doute terminée.

Quel bilan tirez-vous des premiers mois de l’Alternative, l’alliance entre UDI et MoDem est-elle réellement actée malgré de nombreuses critiques internes ?

Ce sont les Français qui tireront le bilan de nos actions avec le Modem à l’issue des élections européennes. Créer une nouvelle offre politique est toujours compliqué, mais si, comme je le crois, beaucoup deFrançais ne veulent plus voter UMP ou PS, la seule option est l'Alternative. Nous ne voulons pas laisser l’espace politique qui s’ouvre au FN. 

En quoi le centre peut il aujourd'hui répondre aux préoccupations des français ?

 Les français ont le sentiment d'avoir tout essayer, les idéologies sont mortes, le socialisme n'est plus crédible et le libéralisme a échoué. Nous voulons incarner une nouvelle voie très européenne, écologiste, et capable de reconnaître l'entrepreneur et le travailleur.

Merci à Yves Jégo d'avoir accepté de répondre à nos questions.

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Les jeunes dans les municipales‏: Pierre Cazeneuve (Allons Enfants)