Les jeunes dans les municipales : Mathieu Beaufrère (UDI)

Les jeunes dans les municipales : Mathieu Beaufrère (UDI)

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Mathieu Beaufrère, né en 1991, est le premier président de la fédération Jeune de l'UDI dans le Val-de-Marne. Il est candidat aux élections municipales des 23 et 30 mars prochain, à Vincennes, aux cotés de Laurent Lafon, maire sortant.Dans la continuité de notre série d'interviews de jeunes investis dans les élections municipales, il a accepté de nous apporter son témoignage.

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A quel moment vous êtes-vous engagé en politique et pourquoi ?

Mes premières batailles dans l’arène politique, je les dois à François Bayrou, un homme d‘Etat pour qui j‘ai encore aujourd‘hui un profond respect et une certaine admiration. Engagé très jeune derrière le leader centriste, j'ai attrapé le virus de la politique en 2007. Lors de la dernière campagne présidentielle j’était l’un des responsable du mouvement Génération Bayrou, qui a rassemblé des milliers de jeunes partout en France et à travers divers courants politiques.

D’après vous, la politique peut-elle encore changer les choses ?

Les Français contestent chaque jour davantage les décisions dirigistes. La confiance dans nos élites ne reviendra qu’au prix d’une opération de transparence et de simplification de l’ensemble des institutions et des organisations vivant de l’impôt. Plus que jamais, le citoyen doit retrouver son pouvoir de décision publique. Les partis politiques doivent apprendre à travailler en concertation, notamment, avec les associations et les entrepreneurs qui composent la force vive de notre pays. Non seulement la politique peut changer les choses, mais elle le doit ! Pour renouer avec une société de confiance, nous devons tracer un cap réformateur vers un modèle économique et social performant. Mais pour y parvenir, la politique va devoir se libérer d’elle-même

 Le citoyen doit retrouver son pouvoir de décision publique

Quel constat faites-vous de la situation actuelle, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle locale ?

Les majorités se succèdent mais rien ne change. N’est-ce pas au fond, ce que pensent ces Français qui, repliés sur eux mêmes, se réfugient dans l’abstention ou espèrent légitimement trouver refuge dans chez les populistes de tout bord ? Trop nombreux sont ces Français qui pensent avoir perdu toute chance ou même, n’avoir jamais eu leur chance. Il me semble qu’on s’accommode trop facilement de cette injustice dans une société sclérosée qui ne récompense ni le risque, ni l’effort. Les Français en ont assez de cet Etat nounou qui les berce désormais de la naissance à la mort, en leur imposant quoi manger, quoi faire et quoi dire. Comme disait George Pompidou : « Mais arrêtez donc d'emmerder les français : Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays. On en crève ! Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira beaucoup mieux ! »

Notre salut, j’en suis persuadé, viendra de nos territoires. Contre le cancer de la résignation, ils sont des milliers d’élus locaux à se dévouer avec pragmatisme et détermination dans le seul but de faciliter la vie des familles et des plus fragiles, d’accompagner le développement des entrepreneurs et de redonner toute sa chance à la jeunesse.

Quelle stratégie comptez-vous développer pour gagner ces élections ?

La meilleure stratégie qui soit, relève plus du bon sens populaire que des grandes manœuvres politiques. Définir avec les citadins des objectifs réalistes, s’y tenir, privilégier la simplicité et la proximité à la politique spectacle et libérer les initiatives en agissant comme un facilitateur de projets. De façon générale, je pense que les bons maires seront reconduis et que les mauvais seront remplacés. Mais je ne crois pas aux grandes vagues et aux lendemains triomphants. Ceux qui seront parvenus à réconcilier l’individu et le collectif remporteront naturellement le soutiens et la confiance des électeurs.

 Privilégier la simplicité et la proximité à la politique-spectacle

Avez-vous quelques difficulté à obtenir la confiance des électeurs à cause de votre jeune âge ?

Je vis mon jeune âge comme un atout. Les Français sont en demande de réponses de la part des politiques. Ils réalisent combien notre société est à la remorque du monde, faute d’avoir su trouver sa place dans la mondialisation. Ma génération est sans doute la plus à même de répondre à cette préoccupation, dans un monde où les échanges se font interactifs et où tout va toujours plus vite. S’il est vrai que leur exigence va de paire avec le sentiment de défiance à l’égard des politiques, ils expriment également un fort besoin de renouveau.

En revanche j’ai plus de mal à convaincre les électeurs de devenir eux-mêmes acteurs. C’est un échec qui me préoccupe beaucoup car je suis persuadé que pour sortir la tête du sable nous avons besoin que la société civile se réveille. C’est à elle d’incarner et de porter les propositions audacieuses dont la France a besoin. Replacer le citoyen face à ses responsabilités, en tant qu’électeur, contribuable, usager et acteur de notre communauté, c’est le sens de mon engagement.

Quelles ambitions avez-vous pour l’avenir ?

Épris de liberté, je fais partie de cette génération qui s'engage pour une France qui respecte les choix de vie de chacun, et offre de vraies chances de réussite à tous. Ni protectionniste, ni nationaliste, je crois aux vertus de l’ouverture et de l’échange, et pense que les Français doivent profiter de la dynamique d’un monde ouvert. A l'avenir je souhaite être un élu responsable, exemplaire, capable d'agir avec pragmatisme au service de l'intérêt général. Je serai un "entrepreneur des territoires".

La politique n'est pas un métier, elle est un sacerdoce.

Merci à Mathieu Beaufrère (@mathbeafrere) d'avoir répondu à nos questions Propos recueillis par François d'Estais (@fdestais)

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