Christian Le Roux : "Proposer une alternative crédible à droite"

Christian Le Roux serait "le cauchemar de Rachida Dati", à en croire LePoint.fr. Candidat dissident de droite face à l'actuelle maire du 7e arrondissement et ex-ministre de la Justice, Christian Le Roux se dit déterminé à gagner le 7e arrondissement de Paris avec sa liste "J'aime le 7e", en dépit des sondages qui donnent Rachida Dati largement gagnante. S'il est dissident face à la candidate officiellement investie officiellement par l'UMP,  il soutient toutefois Nathalie Kosciusko-Morizet.

Il a accepté de nous détailler les enjeux locaux et nationaux que soulèvent les prochaines élections municipales, et de nous expliquer  les raisons de son positionnement politique original.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de vous porter candidat dans le 7e arrondissement de la capitale, alors que l’UMP et Nathalie Kosciusko-Morizet, dont vous êtes un soutien, ont investi Rachida Dati ?

Lors de l’élection de 2008 nous n’avons pas eu le choix avec le parachutage de madame Dati . J’ai décidé l’année dernière de me porter candidat dans le 7e arrondissement pour permettre aux électrices et aux électeurs d’avoir le choix en 2014.. Comme nous sommes dans un arrondissement qui ne risque pas de basculer à gauche, je souhaite proposer une alternative crédible à droite face au choix imposé par les appareils politiques. Etant libre puisque suspendu de l’UMP, je mène une campagne de proximité et de rassemblement de la droite locale qui soutient totalement et sans ambiguïté la candidature de NKM pour Paris.

Par quelles idées majeures souhaitez-vous vous distinguer de la candidature de Rachida Dati ?

Je n’ai rien contre madame Dati, mais je suis critique contre son bilan et sa méthode de gouvernance. L’arrivée de Madame Dati, une ministre en exercice, proche du pouvoir et très médiatique, a pu susciter un espoir dans l’arrondissement.

Six ans après la déception est le sentiment qui domine. Déception devant le peu d’intérêt porté aux problèmes de l’arrondissement, méconnaissance des dossiers, peu ou pas de proximité et un sentiment d’impuissance qui ressort de son discours : «  ce n’est pas moi c’est l’autre ». La propreté, ce n’est pas moi, la voirie, ce n’est pas moi, les espaces verts, ce n’est pas moi….donc à se demander à quoi sert un maire, en dehors du rôle d’animatrice qu’elle revendique.

Un maire de proximité est en contact permanent avec ses habitants. Un maire patron est en lien direct avec ses fonctionnaires municipaux. Un maire bâtisseur connait les besoins de son arrondissement, des crèches, 250 familles en attente de berceaux, une piscine, des logements sociaux intermédiaires, 1000 familles en attente, une résidence pour les personnes âgées, un gymnase, des parkings publics souterrains… C’est aussi pour cela que plusieurs élus de sa liste m’ont rejoint, ainsi que Véronique Delvolvé, tête de liste Modem en 2008.

Pour être maire, il faut aimer les gens, connaitre ses dossiers et se battre pour les faire aboutir, pas être en représentation, mais être présent. Je n’ai pas l’ambition d’être député, sénateur ou député européen, je veux me consacrer uniquement à mon quartier, voilà la grande différence. Etre maire ce n’est pas un titre mais une responsabilité et il faut l’assumer.

Vous êtes de droite, et vous l’affirmez clairement. Ne pensez-vous pas que votre candidature dissidente renforce le sentiment de division qui s'installe dans votre famille politique depuis octobre 2012 ?

Si j’avais été dans un autre arrondissement jamais je n’aurai pris le risque de faire perdre mon camp, mais dans le 7e la situation est différente et c’est pour cela que je veux donner la possibilité aux habitants de choisir leurs élus. Je n’ai autour de moi que des hommes et des femmes qui vivent dans le 7e et qui le connaissent. La victoire à Paris ne se joue pas dans le 7e. La situation de mon parti m’attriste depuis 2012, mais localement ce n’est pas une question d’idéologie qui nous sépare c’est une question de méthode pour la gestion quotidienne des affaires municipales.

Quelles réactions votre candidature suscite-t-elle auprès de l’électorat de votre circonscription ?

J’ai la chance de recevoir un  accueil chaleureux des habitants qui me connaissent depuis des années et sont en attente de réponses à leurs préoccupations. J’ai fait plus de 70 réunions d’appartements qui ont été organisées spontanément car mes propositions et ma volonté de me battre pour l’arrondissement intéressent. Jamais je n’aurai imaginé en faire autant, donc il y a une dynamique qui est en marche.

Vous insistez sur le caractère local de cette élection, mais ces élections municipales ne revêtent-elles pas une forte dimension nationale, comme l’affirme régulièrement Jean-François Copé ?

Les élections municipales sont un enjeu surtout local. Il est vrai que Paris a toujours été un cas à part, c’est la capitale de la France et Paris représente un enjeu national. En 2001, la droite avait gagné beaucoup de villes, c’était une vague bleue, mais la perte de Paris l’a occultée.

La relation directe et le besoin de proximité sont les enjeux des élections municipales, on vote pour des projets locaux et on évalue les candidats sur leurs capacités à les mener à bien.

Cette année, la défiance des français envers le gouvernement est grande, mais est ce que les français se retrouvent dans un projet de droite, c’est une question. Il faut donc que l’offre politique de l’UMP corresponde plus aux attentes de nos concitoyens, c’est en tout cas ce que j’appelle de mes vœux.

Merci à Christian Le Roux et à son équipe de nous avoir accordé cette interview. Propos recueillis par François d'Estais (@fdestais)

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